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L’investissement responsable face aux défis d’une diffusion grand public

30 août 2019 - optionfinance.fr

Convertir l’épargnant particulier à l’ISR : telle est la priorité de l’industrie de la gestion d’actifs française en cette rentrée. L’université d’été de l’asset management, organisée depuis six ans par Paris-Dauphine fin août, a ainsi consacré sa table ronde au sujet de la bascule du «retail» vers l’ESG. «En matière d’investissement responsable, nous avons changé de paradigme dans l’univers institutionnel, notamment avec les obligations de transparence fixées par l’article 173 de la loi sur la transition énergétique, et nous sommes sur le point de le faire dans la distribution de fonds», a ainsi assuré Philippe Dutertre, directeur au sein de la direction des investissements d’AG2R La Mondiale. Plusieurs évolutions réglementaires devraient pousser l’industrie dans cette direction. La loi Pacte oblige par exemple aux assureurs-vie de proposer au moins une unité de compte labellisée ISR dans leur offre à partir de 2020. L’Europe a, de son côté, lancé une consultation au printemps dernier en vue d’introduire l’obligation, pour les conseillers financiers, d’interroger les épargnants sur leur sensibilité aux critères ESG.

Dans un environnement de marché marqué par une forte incertitude, l’investissement responsable a également des atouts à jouer auprès du grand public. «Les fonds ISR apportent un peu moins de volatilité au portefeuille des clients, ce qui est une bonne chose», a souligné Pascale Baussant, dirigeante du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Baussant Conseil. Plusieurs intervenants ont en outre souligné le rôle joué par les taux bas : dans un monde où les rendements sont au plus bas, les produits d’investissement qui permettront au particulier de donner du sens à son épargne pourraient tirer leur épingle du jeu. A condition que les distributeurs sachent faire le tri dans une offre qui n’a cessé de se développer ces dernières années. L’industrie souligne ainsi unanimement le besoin de formation des conseillers financiers. Mais les institutionnels assureurs-vie, en tant que sélectionneurs des fonds, ont également une responsabilité. «Nous voulons proposer des unités de compte qui apportent du rendement, ce qui est difficile à trouver en dehors de solutions un peu moins liquides, notamment sur l’immobilier, proposées par des sociétés de gestion externes, a expliqué Sophie Elkrief, directrice des investissements de la Maif. Le potentiel de développement est important, mais il soulève des enjeux en matière d’ESG, car ces offres ont encore des progrès à faire en termes de transparence.» Un enjeu auquel ces institutionnels sont d’ores et déjà confrontés au moment d’investir leur actif général.