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L’investissement responsable réfléchit à son avenir depuis Paris

13 septembre 2019 - optionfinance.fr

L’investissement responsable était à l’honneur à Paris la semaine dernière : plus de 1 700 personnes ont assisté à l’événement annuel des PRI (Principes pour l’investissement responsable), une organisation créée en 2006 sous l’égide des Nations unies et qui regroupe plus de 2 300 investisseurs représentant près de 90 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion (lire Option Finance n° 1524 du 9 septembre 2019). Un succès qui témoigne d’une bascule du marché de la gestion d’actifs vers les démarches d’investissement responsable ces derniers mois, selon les observateurs. On ne compte ainsi plus le nombre d’investisseurs annonçant vouloir transformer leurs process pour intégrer les critères ESG dans toutes leurs décisions de gestion. Et ces acteurs de signer, dans la foulée, les PRI : sur un an, le nombre de signataires a ainsi progressé de 22 %.

Face à cet engouement, l’enjeu est de s’assurer que les paroles sont bien suivies d’actes. Les PRI, qui interrogent chaque année ses membres sur leurs pratiques, ont choisi de mettre pour la première fois à l’honneur certains d’entre eux, à savoir une cinquantaine d’investisseurs institutionnels qui peuvent ainsi montrer l’exemple. Sept sont français : AXA, la Caisse des dépôts, l’Erafp, le FRR, l’Ircantec, la Macif et la Maif. Passer de la parole aux actes implique en outre que les acteurs soient plus transparents sur ces sujets. La France est ainsi en train de renforcer les obligations de reporting des investisseurs déjà établies par l’article 173 de la loi de transition énergétique de 2015 : la loi énergie-climat, qui vient d’être adoptée par le Parlement, prévoit des mesures dans ce sens.

Cet effort de transparence, jugé indispensable par les acteurs de l’industrie financière eux-mêmes, ne doit toutefois pas occulter l’objectif final. Jean Raby, directeur général de Natixis IM, a ainsi lancé plusieurs mises en garde lors de son allocution d’ouverture de la conférence des PRI. Il s’en est tout d’abord pris aux obligations de publications trimestrielles des entreprises cotées : «Est-ce un calendrier cohérent avec les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance actuels ?» a-t-il soulevé. Plus généralement, c’est aussi la manière dont les asset managers utilisent l’ESG qui est en question : «Actuellement, l’accent est mis sur la mesure de nombreuses statistiques, telles que le pourcentage d’actifs sous gestion prenant en compte les critères extrafinanciers. Attention à ce que l’ESG, au lieu d’être un moyen pour servir une fin, ne devienne une fin en soi», a conclu Jean Raby.