Actualités

Étude

PwC anticipe une accélération de la baisse des frais de gestion d’ici 2025

09 novembre 2018 - optionfinance.fr

Le modèle économique des sociétés de gestion continue d’être sous pression. C’est ce qui ressort d’une étude mondiale publiée par PwC. Les encours sous gestion ont certes progressé de 53,7 % depuis 2012, pour atteindre 98 100 milliards de dollars en 2017. Mais les revenus, eux, n’ont augmenté que de 38,5 % sur la même période. Une tendance qui ne devrait pas s’inverser dans les années à venir puisque PwC anticipe que le ratio des revenus rapportés aux encours sous gestion passe de 0,4 % en 2017 à 0,31 % en 2025. «Ce découplage de la croissance des encours et de celle des revenus soulève des enjeux de profitabilité pour les asset managers, que ce soit pour la gestion active ou pour la gestion passive», souligne Sarah Kressmann-Floquet, associée Asset Management chez PwC France. La croissance des revenus est avant tout freinée par la chute inexorable des frais de gestion des fonds : leur baisse a atteint 8,6 % pour la gestion active et 25,7 % pour la gestion passive sur la période 2012-2017 pour l’ensemble des géographies et des classes d’actifs. Une chute qui devrait s’accélérer dans les années à venir pour la gestion active. «Nous attendons une réduction des frais en Europe dans la gestion active de 26 % d’ici 2025, et en particulier d’ici 2021, du fait de la croissance des produits à plus faible prix, mais aussi des évolutions réglementaires avec MIF 2, note Sarah Kressmann-Floquet. Au Royaume-Uni, où une réglementation similaire (Retail Distribution Review, ou RDR) a été mise en œuvre plus tôt que MIF 2, la baisse des frais de gestion a atteint 25 % entre 2012 et 2017.»

Pour préserver leur profitabilité, les sociétés de gestion ont entamé des plans de réduction de coûts conduisant, à l’échelle mondiale, à une baisse du ratio coûts rapportés aux encours sous gestion de 14,2 % sur les cinq dernières années. «En Europe, ces économies ont été en particulier réalisées via une optimisation des frais de structure et une rationalisation des systèmes d’information, observe la consultante. Jusqu’à aujourd’hui, elles ont touché principalement les back et les middle offices, mais on voit de plus en plus de projets IT d’intégration sur les front offices, en particulier chez les acteurs de grande taille.» Une situation qui devrait profiter aux sociétés de gestion capables d’atteindre une taille critique… ou à celles qui parviennent à maintenir leur positionnement de niche et des performances financières très compétitives.