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SoftBank tire les leçons des déboires de WeWork

03 janvier 2020 - optionfinance.fr

Vision Fund, le fonds le plus important au monde dédié au financement des nouvelles technologies, monté par le conglomérat japonais SoftBank en partenariat avec plusieurs monarchies du Golfe, pourrait amender sa politique d’investissement en mettant davantage l’accent sur la rentabilité de ses cibles d’investissement.

Créé en mai 2017 et doté d’un montant de 100 milliards de dollars, Vision Fund a été investi à une vitesse record. «Depuis sa création, 76 milliards de dollars ont été investis, relate Joachim Renaudin, analyste chez Fabernovel. Il a pris des participations dans Uber, Arm, WeWork, Slack, Didi ou encore Grab. La majorité des investissements ont été réalisés aux Etats-Unis et en Asie avec des deals d’envergure : le ticket minimum est de 100 millions d’euros, et une vingtaine de prises de participation dépassent le milliard d’euros.» L’objectif du fonds est d’accompagner les leaders de demain dans les nouvelles technologies, en particulier dans l’intelligence artificielle, même si, concrètement, peu d’investissements ont été consentis dans ce domaine. Sa stratégie mise sur l’hypercroissance des entreprises qu’il choisit, partant du principe que seul l’acteur qui occupe une position dominante dans un marché peut survivre.

Cette stratégie a toutefois été remise en cause par les déboires récents de WeWork. La firme a en effet manqué son introduction en Bourse : les investisseurs, refroidis par les problèmes de gouvernance du spécialiste du coworking, doutaient en outre de la valorisation proposée pour cette entreprise encore non rentable. «SoftBank a dû apporter de nouveaux financements à WeWork, sur la base d’une valorisation plus faible, et a enregistré une perte sur cet investissement de l’ordre de 5 milliards de dollars, même si celle-ci n’est pour l’instant que potentielle», précise Joachim Renaudin.

Par conséquent, dans la version 2 du Vision Fund qui est en cours de constitution, la stratégie de SoftBank pourrait être différente. «Le conglomérat a annoncé qu’il accorderait une importance accrue à la rentabilité dans ses critères d’investissement et qu’il pourrait réduire le ticket minimum d’investissement pour élargir son champ d’action», indique Joachim Renaudin. Il pourrait notamment se positionner sur des projets à un stade moins avancé de développement.