Allocation

Fonds de référence

La sélection 2020 de Funds Magazine

Funds Magazine - 24 novembre 2020 - Carole Leclercq & Catherine Rekik

Fonds actions, Fonds d'obligations

«2020, une année spéciale et peu lisible pour faire des choix de gestion.» C’est ainsi que Fréderic Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, qualifie l’année écoulée. Spéciale en effet, parce que personne n’aurait jamais imaginé qu’un virus parti de Chine mettrait l’économie mondiale à l’arrêt et provoquerait une récession inédite, que les marchés financiers chuteraient de façon aussi vertigineuse en quelques jours avant de rebondir pour certains très fortement, ou que les banques centrales ouvriraient aussi largement les vannes. Peu lisible aussi pour les allocataires d’actifs même si, rapidement, certaines thématiques sont apparues comme les grandes gagnantes de l’année.

Dans cet environnement, les élections américaines ont été particulièrement scrutées, mais la victoire de Joe Biden, bien que saluée par les marchés boursiers, n’aura pas suscité le même enthousiasme que la perspective d’un vaccin pour le premier trimestre 2021. Un espoir, un «game changer» pour les marchés, mais il reste encore bien des incertitudes sur le monde d’après avec lesquelles il faut composer pour construire une allocation d’actifs. Prudence, donc. La reprise sera lente et disparate selon les régions, la Chine faisant, pour l’heure, figure de grande gagnante. Dans ce contexte où les rendements obligataires vont rester durablement bas et les marchés actions connaître plusieurs épisodes de volatilité, la sélectivité s’impose. La rédaction de Funds a privilégié cette année des fonds permettant d’être exposé aux grands thèmes de croissance, qu’ils soient sectoriels ou géographiques, des fonds d’obligations convertibles ainsi que certaines stratégies alternatives. Et, bien sûr, face à la demande croissante des investisseurs, une sélection de fonds ISR dans chaque grande classe d’actifs.

Actions

Pourquoi investir dans les actions?

Les Etats-Unis ont un nouveau président en la personne de Joe Biden, et les républicains restent majoritaires au Sénat. Une configuration qui a la faveur des investisseurs. Au lendemain de la proclamation des résultats, les Bourses asiatiques ont fortement rebondi, suivies, à l’ouverture le 9 novembre, par les Bourses européennes. Les investisseurs mondiaux ont salué la perspective de nouvelles mesures en faveur de l’économie américaine, et la marge de manœuvre limitée du nouveau président en matière de mesures fiscales, mais c’est surtout l’annonce de Pfizer sur les résultats des tests de son vaccin qui a fait flamber les Bourses. Par ailleurs, l’économie chinoise se porte plutôt bien, et toute l’Asie émergente en profite. Seule l’Europe voit ses perspectives à court terme s’assombrir, les nouvelles mesures de confinement pesant sur l’activité du dernier trimestre. «Les perspectives nous semblent toujours favorables grâce au redressement de l’économie mondiale qui découlera des progrès médicaux qui seront réalisés. Les soutiens monétaires persistants maintiendront les taux longs à un bas niveau, ce qui renforcera l’attractivité des actions. Le potentiel de hausse de celles-ci est important malgré des valorisations parfois enlevées sans que l’on puisse parler de bulle spéculative manifeste», estime Vincent Guenzi, stratège de Cholet Dupont. 

Quelles stratégies privilégier ?

Si les perspectives sont moins attractives en zone euro, il est difficile de faire l’impasse dessus dans une allocation actions. Les fonds investis dans les actions européennes, notamment orientées croissance, et les fonds actions françaises qui pourraient bénéficier du label Relance sont à privilégier. L’attrait pour les fonds investis dans les actions internationales permettant de profiter de la dynamique de croissance de certaines zones ou de certaines thématiques devrait perdurer. 

Actions françaises

Un nouveau label, Relance, a vu le jour afin de réorienter l’épargne des Français vers le financement des petites entreprises autour de trois thèmes : la transition écologique, la compétitivité des entreprises et la cohésion sociale et territoriale. Le cahier des charges inclut aussi l’intégration des critères ESG dans les processus de gestion des fonds concernés.

La sélection de Funds

 Dans ce cadre, Financière Arbevel propose le fonds Pluvalca Initiatives PME, investi dans des petites et microcapitalisations. Le gérant sélectionne des PME françaises innovantes, souvent leaders sur leur marché et positionnées sur des niches en forte croissance. Il est géré avec une approche de type private equity.

 Labellisé relance, BFT France Futur identifie au sein du tissu économique et industriel français les leaders sur des expertises de niches, qui bénéficient d’un avantage concurrentiel fort en vue d’investir dans la durée. Le fonds développe une gestion active combinée à une approche thématique carbone. 

Une attention particulière est également portée à l’emploi. 50 % minimum des entreprises dans lesquelles est investi le fonds Tocqueville Entreprises ISR sont françaises. Ce fonds de stock-picking parvient à battre régulièrement son indice de référence.

 Enfin, CM-CIC Entrepreneurs investit dans des entreprises dont la structure actionnariale assure un alignement d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants.

Actions européennes

La sélection de Funds

Le fonds Groupama Avenir Euro est exposé à des dynamiques de marchés porteuses, à travers un portefeuille concentré de valeurs. La sélection s’appuie sur les rencontres avec les managements des sociétés ciblées dans l’univers des petites et moyennes entreprises de la zone euro, l’analyse de leurs modèles économiques et leur valorisation. 

Centré sur les actions de la zone euro, Mandarine Active propose une approche de gestion originale sélectionnant les entreprises «actives» qui offrent une dynamique de croissance et de création de valeur sur le long terme, par une démarche d’intégration active des enjeux sociétaux dans leur stratégie de développement. Le portefeuille se concentre sur 50 à 70 valeurs de toutes tailles de capitalisation.

Concentré sur une trentaine de lignes, Comgest Growth Europe Opportunities affiche une performance régulière grâce à une sélection de sociétés qui allient une croissance des bénéfices de qualité et supérieure à la moyenne et une valorisation attractive.

Actions internationales et thématiques

Les actions internationales prennent de plus en plus d’importance dans les portefeuilles, soit en ciblant certaines régions soit en privilégiant des thématiques, notamment celles construites autour des objectifs de développement durable (ODD).

La sélection de Funds

 DNB Fund Nordic Equities offre une diversification sur les marchés actions du nord de l’Europe (Norvège, Suède, Finlande, Danemark et Islande) en investissant dans des entreprises très bien notées sur les critères ESG. Parmi les principales positions du fonds, on trouve des entreprises du secteur de la santé.

Pour profiter des secteurs en croissance en Chine et dans les pays émergents, nous privilégions GemEquity. Les secteurs de la technologie et de la consommation durable sont prépondérants dans le fonds. 

Parmi les thématiques ayant bien résisté pendant la crise et offrant de belles perspectives de croissance, on trouve en plus de la santé celle de la révolution numérique et de la digitalisation de l’économie qu’incarnent les fonds CPR Invest Global Disruptive Opportunities et Pictet Digital.

Le fonds Echiquier Intelligence Artificielle propose quant à lui d’investir dans les grandes valeurs internationales qui bénéficient de l’intelligence artificielle ou la développent. Le gérant cible quatre profils d’entreprises : celles qui adoptent les technologies, celles qui la développent et la commercialisent, les fournisseurs d’infrastructures physiques ou digitales et celles qui fournissent les cerveaux de l’IA.

Dans le thème du vieillissement de la population, R-co Thematic Silver est investi principalement dans le secteur de la santé, mais dispose également d’une exposition aux entreprises profitant de l’allongement de l’espérance de vie (loisirs, tourisme, amélioration de la qualité de vie). De son côté, le fonds Silver Autonomie cible les entreprises qui ont un impact sur la santé des personnes âgées et sur l’aménagement de leur environnement quotidien afin qu’elles restent autonomes le plus longtemps possible. 

L’éducation, un des enjeux clé du développement durable, a inspiré le fonds CPR Invest-Education. Trois piliers ont été identifiés : l’école et la formation, les services liés à l’éducation (immobilier, restauration, etc.) et les contenus et outils pédagogiques. L’univers d’investissement regroupe ainsi sept secteurs. Sur ce thème, on trouve également le Credit Suisse (lux) Edutainment Equity Fund, qui investit dans la transformation numérique de l’enseignement, plus précisément dans le secteur ludo-éducatif. L’idée est que les innovations dans ce domaine rendent l’enseignement plus accessible et plus abordable. 


Obligations convertibles

L’année 2020 a permis un retour en grâce de la classe d’actifs, qui signe une de ses meilleures performances annuelles en faisant mieux que les actions et le crédit. En mars, les convertibles ont corrigé comme les autres classes d’actifs, mais elles ont rempli leur mandat : une grande résistance à la baisse et une bonne participation à la hausse des marchés actions. 

 

Pourquoi investir dans les fonds d’obligations convertibles ?

La convexité de cet instrument et la diversification sectorielle du gisement font des convertibles une classe d’actifs intéressante. Comme le rappelaient les gérants de convertibles réunis en table ronde en octobre (lire Funds 139 pp 27 à 35), plusieurs éléments plaident en faveur de ces fonds : des niveaux de valorisation attractifs, un gisement offrant des convertibles avec une bonne convexité et dans lequel les entreprises de croissance, notamment dans les secteurs de la technologie et la santé, sont bien représentées ainsi qu’un marché primaire dynamique.

Quelles stratégies privilégiées ?

«Plus la volatilité est importante, plus il est nécessaire d’ajuster le profil des obligations convertibles pour s’assurer de la convexité», indique Cristina Jarrin, gérante du fonds EDR Fund Global Convertibles, rappelant ainsi l’importance de privilégier la gestion active pour cette classe d’actifs. «C’est la gestion active qui permet d’ajuster la convexité et donc d’avoir de bonnes performances.» Les investisseurs ont le choix entre une approche européenne, plus défensive, ou une approche globale faisant la part belle aux convertibles américaines. Par ailleurs, la plupart des fonds de convertibles intègrent désormais les critères ESG. «Il y a une convergence entre les critères d’analyse actions, d’analyse crédit et d’analyse ESG sur les critères de gouvernance, par exemple», précise Brice Perin, responsable de la gestion des convertibles de La Banque Postale AM et co-gérant du fonds LBPAM ISR Convertible Europe. 

La sélection de Funds

 La gestion des convertibles est une des expertises historiques de Schelcher Prince Gestion, qui propose notamment le fonds Schelcher Prince Convertibles ESG en cours de labellisation ISR. Après l’exclusion de certains secteurs, l’application d’un filtre extra-financier permet d’éliminer les 20 % d’acteurs les moins bien notées de l’univers. La sélection s’appuie ensuite, après l’analyse crédit et l’analyse financière, sur des thèmes de croissance tels que la transition écologique ou la digitalisation de l’économie. 

 Parmi les mieux notés de la catégorie, on trouve le fonds Ellipsis European Convertible, dont la création de valeur repose sur la sélection de titres après une analyse poussée des critères financiers et extra-financiers. L’équipe de gestion du fonds est collégiale. Ce fonds a été décliné dans une version globale lancée en juillet 2019, Ellipsis Global Convertible Fund

 Proposé par Groupama AM et très bien noté par les différentes agences, G Fund European Convertible Bonds IC EUR surperforme régulièrement son indice de référence.

 Dans le cadre d’une approche plus globale, le fonds UBAM-Global Convertible Bond bénéficie de l’expertise de cinq gérants analystes, dont trois répartis par zones géographiques. Ce qui permet d’avoir une bonne connaissance des spécificités locales. La construction du portefeuille repose sur une approche bottom-up, dont la première étape consiste à éliminer de l’univers les instruments ayant la composante obligataire la plus fragile.


Gestion diversifiée et flexible

Dislocation des marchés, augmentation de la volatilité, rebond trop rapide des marchés actions, etc., ont mis à rude épreuve ces catégories de fonds.

Pourquoi investir dans des fonds diversifiés et/ou flexibles ?

La crise du Covid-19 a encore plus fragilisé l’économie mondiale, qui montrait des signes de faiblesse depuis plusieurs mois que ne reflétaient pas la bonne performance des marchés financiers en 2019. L’année 2020 a ainsi débuté sur des niveaux de valorisation élevés pour la plupart des classes d’actifs compliquant sérieusement l’allocation d’actifs. Avant la crise, de nombreux gérants diversifiés avaient ainsi augmenté la part de cash dans les portefeuilles, attendant une correction pour se positionner sur les actions. L’ampleur de la correction les a pris de court, mais le cash a permis à certains de protéger les portefeuilles et de prendre rapidement des positions tactiques. La gestion diversifiée et les approches flexibles semblent plutôt adaptées à l’environnement actuel.

Quelles stratégies privilégier ?

Les performances des fonds diversifiés et des fonds flexibles actions ou multi-assets sont assez disparates. Peu de fonds sont capables d’afficher une performance régulière dans la durée. Zone euro ou approche mondiale, le choix du fonds dépend avant tout de l’appétence du client pour le risque. Une fois le couple risque/rendement défini, il faut s’intéresser à la façon dont le gérant utilise ses marges de manœuvre, ainsi qu’au contrôle de risque. Le gérant doit avoir également démontré sa capacité à prendre des décisions tactiques. En ce sens, la crise de mars offre de bons enseignements. 

La sélection de Funds

 Varenne Global offre une exposition aux marchés actions via quatre moteurs de performance : le long actions, le short actions, les situations spéciales et les couvertures global macro. Le fonds peut profiter des opportunités jugées les meilleures au sein de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Asie hors Japon. Les secteurs et les entreprises les plus risqués de la cote sont exclus de l’univers d’investissement actions. Ce fonds offre une bonne décorrélation et résistance dans les phases baissières de marché. Les actifs peuvent être investis dans les actions et autres titres donnant accès au capital, aussi bien que dans les obligations et tout autre titre de créance négociable, incluant les titres d’Etat, ainsi que les contrats financiers.

 Cogefi Flex Dynamic est un fonds de convictions mixte international dynamique, dont les actions constituent le moteur de performance mais qui peut investir, en fonction des anticipations de marché, en actifs monétaires ou obligataires, à hauteur de 50 %. Ces derniers ont un rôle défensif. La répartition entre classes d’actifs est soumise à une surveillance attentive des données macro et microéconomiques, des différents marchés de taux, des primes de risque et des analyses. La stratégie d’investissement met l’accent sur la minimisation de deux facteurs : le risque de perte durable du capital investi et le délai de recouvrement. Afin de minimiser le risque de perte durable et d’augmenter les chances d’une performance absolue satisfaisante, la stratégie de sélection de valeurs est purement «bottom-up» et privilégie le «stock-picking». Les gérants s’intéressent à de nombreuses entreprises mais évitent les secteurs soumis à trop de facteurs exogènes, comme la politique monétaire (financières) ou les commandes publiques (défense). La sélection s’effectue principalement au sein des valeurs dites «de croissance» et «de qualité», ce qui explique la bonne performance du fonds en 2019 et depuis le début de l’année.

 La gestion du fonds Invest Latitude Equilibre suit une approche 100 % top-down qui repose entièrement sur l’allocation d’actifs. L’équipe de gestion s’écarte volontairement du consensus afin d’apporter de la décorrélation et du rendement au portefeuille. Elle sélectionne les meilleurs supports d’investissement pour mettre en œuvre ses convictions (fonds spécialisés, d’ETF ou encore de futures pour qui apportent flexibilité et réactivité dans une optique de gestion du risque). Le processus d’allocation se base sur trois éléments : les valorisations, la finance comportementale et la psychologie de marché, et enfin le momentum. Avec une exposition cible aux actions de 60 %, Invest Latitude Monde a un profil équilibré, le fonds Invest Latitude Patrimoine offrant quant à lui un profil modéré (exposition cible aux actions de 30 %).

 Carmignac Emerging Patrimoine, labellisé ISR, permet une approche plus spécifique des marchés émergents. Il combine trois moteurs de performance : les actions, les obligations et les devises émergentes. En gérant activement son exposition aux actions entre 0 % et 50 %, le fonds cherche à tirer profit des hausses de marché tout en limitant l’impact des marchés baissiers. A fin septembre, le taux d’exposition aux actions était relativement élevé. Le fonds fait la part belle aux actions asiatiques, notamment chinoises.


Gestion à performance absolue

Il est de plus en plus difficile de s’affranchir de la directionnalité des marchés, mais certains fonds à performance absolue parviennent à atténuer la volatilité et apportent de la décorrélation.

Quels sont les risques ? 

Les opportunités sont de plus en rares sur les différents marchés, et peu de classes d’actifs offrent encore des rendements intéressants. Dans cet environnement, les fonds à performance absolue pourraient avoir du sens, mais ils ont globalement déçu ces dernières années. La décorrélation constitue le principal intérêt d’avoir ces stratégies en portefeuille. Or, après une nouvelle phase de correction importante en 2020, on a observé une corrélation importante entre les différentes classes d’actifs, y compris les stratégies alternatives qui doivent en principe s’affranchir de la directionnalité des marchés. Selon le Lyxor Cross Asset Research, «les hedge funds ont lentement rebondi au troisième trimestre, prolongeant la reprise du trimestre précédent, toutes les stratégies étant en territoire positif, à l’exception des CTA (- 1,6 %). A court terme, selon Lyxor, «la détérioration du flux de nouvelles, des valorisations riches et une intensification des risques politiques au quatrième trimestre devraient maintenir les marchés sur une position prudente».

Quelles stratégies privilégier ?

Certaines stratégies fonctionnent bien certaines années et d’autres pas, ce qui explique en partie la déception des investisseurs. Comment faire son choix parmi des fonds long/short actions et crédit, event driven, risk arbitrage ou encore CTA ? Les stratégies global macro, qui n’ont pas bien fonctionné ces derniers mois, pourraient s’avérer de nouveau intéressantes, contrairement aux CTA. Les stratégies long/short actions ou crédit ont leur place en portefeuille ainsi que la stratégie merger arbitrage qui, comme le souligne Lyxor, devrait bénéficier de la poursuite de la consolidation dans des secteurs tels que la technologie, la finance et l’industrie. 

La sélection de Funds

 Nous maintenons dans notre sélection le fonds Eleva Absolute Return, qui affiche, sur trois ans, une performance annuelle sur la part «clean share» de 6,69 % (à mi-octobre) et une volatilité inférieure à 5 %. Le fonds met en œuvre une stratégie flexible qui lui permet de s’adapter aux différentes phases de marché et à divers styles (growth ou value). L’exposition nette aux actions évolue dans une fourchette comprise entre - 10 % et 50 %. La poche «long» comprend des sociétés familiales, des business models innovants dans des secteurs d’activité matures, ou des sociétés qui font l’objet de changements de management ou d’actionnariat. La poche «short» cible des industries menacées de longue date et des sociétés populaires, mais qui se trouvent à un point d’inflexion ou pour lesquelles les attentes sont surélevées. Le fonds est bien diversifié : autour de 60 positions long et 60 positions short.

 Parmi les stratégies alternatives multi-classes d’actifs, on trouve le fonds Candriam Diversified Futures, géré avec une stratégie prudente du fond de portefeuille via des obligations et instruments du marché monétaire, et une stratégie dynamique. La partie dynamique s’articule autour de trois stratégies peu corrélées : la stratégie principale dite de suivi de tendance, qui repose sur des analyses statistiques et techniques dont le but est de déterminer les meilleures tendances de marché, et ce indépendamment des anticipations sur ces dits marchés ; une stratégie contrariante qui intervient contre les principales tendances en profitant des excès tant à la hausse qu’à la baisse des marchés et, pour finir, un modèle de reconnaissance de forme qui repose sur une analyse statistique à court terme dont l’objectif est de déterminer si les mouvements récents des marchés se sont déjà produits antérieurement. La gestion prend position si par le passé ce comportement a été profitable.

 Enfin, dans le thème des fusions-acquisitions, le fonds Helium Selection, proposé par Syquant Capital, surperforme sa catégorie depuis le début de l’année. Noté 5 étoiles Quantalys, il est une déclinaison des fonds existants avec un profil plus dynamique. Les stratégies mises en place dans le fonds sont principalement axées sur les arbitrages sur fusions et acquisitions, les opérations sur titres, les arbitrages sur produits dérivés et les arbitrages long/short sur actions reposant sur des indicateurs techniques. L’allocation du portefeuille entre les différentes stratégies dépend notamment des conditions de marché, et de leurs perspectives selon l’appréciation de l’équipe de gestion. 


Gestion ISR

Les investisseurs ont aujourd’hui l’embarras du choix pour sélectionner un fonds labellisé ISR qui leur permettra de financer les entreprises qui contribuent au développement durable. Mais l’offre se concentre encore sur les actions, et l’intérêt des investisseurs sur l’approche thématique.

Pourquoi investir dans les fonds ISR ?

Avec plus de 500 fonds aujourd’hui disponibles, contre moins de 150 fin 2018, l’offre de fonds labellisés ISR ne cesse de s’enrichir. Proposés par 81 sociétés de gestion, ces fonds représentent un encours total de plus de 200 milliards d’euros, dont 30 % gérés par des sociétés étrangères. «Même s’il est perfectible, le label ISR d’Etat permet d’identifier facilement les fonds pratiquant l’investissement responsable. C’est devenu un prérequis pour être sélectionné comme fonds ISR dans une allocation d’actifs», souligne Pascale Baussant, dirigeante fondatrice de Baussant Conseil.

Dans le sillage des recommandations de l’AMF et de la loi Pacte qui oblige, depuis le 1er janvier 2020, les assureurs à proposer une unité de compte labellisée ISR dans l’assurance-vie, les demandes de labellisation s’accélèrent. Les fonds labellisés ISR représentent désormais plus de 50 % des encours des fonds durables analysés par Novethic, soit près de 170 milliards d’euros1. Le label ISR va encore prendre de l’ampleur puisque, depuis ce 23 octobre, les fonds immobiliers (SCPI et OPCI) et les fonds d’investissement alternatifs sont éligibles.

Quels sont les risques ?

La majorité des fonds labellisés ISR suit, pour l’analyse extra-financière, l’approche «best-in-class», qui consiste à sélectionner les entreprises les mieux notées dans leur secteur d’activité. Mais l’offre se diversifie avec de plus en plus de fonds thématiques basés sur des mégatendances durables. «Les fonds thématiques, dont l’offre est aujourd’hui riche et avec un historique de performances probant, sont une solution simple et lisible pour commencer à mettre de l’ISR dans son allocation d’actifs, explique Pascale Baussant. En revanche, beaucoup de pédagogie est encore nécessaire pour faire comprendre que l’approche “best-in-class” permet d’inciter, notamment via l’engagement, les entreprises à adopter des comportements plus responsables, et ce dans tous les secteurs d’activité.» L’offre se décline également sur le «best-in-universe», le «best-in-progress» – approche encourageant l’amélioration dans le temps qui sera celle adoptée par les fonds immobiliers ISR –, les exclusions normatives et désormais l’«impact investing».

Les sociétés de gestion proposant des fonds labellisés ISR sont convaincues que les entreprises durables affichent de meilleurs profils rendement/risque. Mais sélectionner un tel fonds n’est pas une garantie de performance financière. «L’enrichissement de l’offre permet désormais de construire une allocation avec jusqu’à 50 % de fonds labellisés ISR, et ce totalement en architecture ouverte. Mais la sélection n’en est que plus ardue, prévient Pascale Baussant. Tout en s’assurant préalablement de l’engagement de la société de gestion à vouloir faire bouger les lignes en matière de finance responsable, un fonds ISR doit être sélectionné avec les mêmes critères qu’un fonds traditionnel. Un bon fonds ISR est avant tout un bon fonds !» 

1. Au 30 juin 2020.

Fonds actions ISR - La sélection de Funds

Parmi les fonds actions labellisés, l’approche thématique, notamment orientée sur l’environnement et le climat, est plébiscitée.

 Sur la base de la conviction que les sociétés qui luttent contre les problèmes environnementaux connaissent une croissance rapide, Pictet Global Environmental Opportunities investit à l’échelle mondiale dans des entreprises actives dans les énergies propres, l’eau, l’agriculture, la sylviculture et d’autres domaines de la chaîne de valeur environnementale. Selon les calculs de Pictet AM, la stratégie génère un effet sur l’environnement largement plus positif que celui d’un indice d’actions mondiales traditionnel.

 Parmi les pionniers de la gestion thématique, Pictet Water investit dans l’industrie mondiale de l’eau, notamment dans l’approvisionnement en eau, les technologies de l’eau et les services environnementaux. Combinant valeurs défensives et valeurs de croissance, il investit dans le monde entier, y compris dans les marchés émergents, pour assurer une bonne diversification géographique.

 La stratégie du fonds RobecoSAM Smart Energy repose sur la conviction que l’électricité est l’énergie du futur. Le fonds investit, à l’échelle mondiale, dans les fournisseurs, leaders technologiques et/ou très innovants, de solutions décarbonées et compétitives, tant pour la production d’énergies renouvelables que pour améliorer la gestion des réseaux et l’efficacité énergétique, qui permettent de répondre au besoin croissant de sources d’énergie fiables, propres et abordables.

 Echiquier Agenor SRI Mid Cap Europe investit dans des petites et moyennes valeurs européennes de croissance. Ce fonds met l’accent sur la qualité de leur management. Une pondération d’environ 60 % est attribuée à la gouvernance dans la note ESG. Pour l’équipe de gestion, une équipe de direction compétente et des organes de contre-pouvoir bien structurés sont souvent des prérequis à la mise en place de politiques sociales et environnementales de qualité.

Fonds obligataires ISR - La sélection de Funds

Les fonds obligataires représentent 15 % de l’offre labellisée ISR et proposent en très grande majorité un focus sur l’Europe et la zone euro. Les fonds de convertibles sont encore très rares, au nombre de quatre en octobre 2020.

 100 % convertibles, Mirabaud Sustainable Convertibles Global, géré de manière active, vise à offrir en permanence de la convexité. Intégrant les critères ESG dans son processus de gestion depuis cinq ans avec une approche «best-in-universe», le portefeuille est exposé à 60 % minimum à des obligations convertibles mondiales au profil mixte. Sa fourchette de delta est comprise entre 30 et 60 %. 

 Candriam SRI Bond Global High Yield, dont le portefeuille est très diversifié, propose une exposition au marché mondial des obligations de sociétés à haut rendement, principalement notées supérieure à B-/B3. L’analyse ESG repose sur une approche «best-in-class», complétée par une analyse normative et une étude des controverses. Fin septembre, le score global ESG du portefeuille était de 57/100, contre 40 pour l’indice de référence.

 Géré par AG2R La Mondiale et positionné sur des émissions souveraines et corporate, ALM Oblig Euro ISR vise une performance nette de frais de gestion supérieure à l’indice Barclays Euro Aggregate par le biais d’investissements en émetteurs «socialement responsables». Son approche ESG est le «best-in-class». A fin juin, le portefeuille enregistre, pour la poche «entreprises», des performances supérieures au benchmark pour les critères ESG, et en ligne pour la poche «Etats» et assimilés.

 Positionné sur des obligations d’entreprises investment grade en euros, Euro Sustainable Credit de Kempen (Lux) sélectionne des émetteurs qui respectent des critères de durabilité stricts. L’approche ESG est basée sur trois piliers : exclusion, intégration et engagement. L’équipe de gestion recherche des entreprises qui, comparées à leurs pairs du secteur, ont une intensité carbone inférieure ou qui peuvent la réduire considérablement.

 LBPAM ISR Obli Entreprises est investi en obligations, libellées en euros, d’entreprises uniquement investment grade et développant les meilleures pratiques ESG. L’analyse de ces pratiques repose sur la méthode «GREaT» de LBPAM, basée sur quatre critères : la gouvernance responsable, la gestion durable des ressources, la transition économique et énergétique et le développement des territoires.

Fonds diversifiés ISR - La sélection de Funds

Les fonds diversifiés ne représentent que 10 % de l’offre labellisée ISR. 82 % des fonds diversifiés ISR surperforment le marché, contre 59 % pour les fonds actions ISR et 52 % pour les fonds obligataires ISR1.

 Fonds au profil équilibré, NN (L) Patrimonial Balanced European Sustainable Fund est une solution «tout en un» qui vise à faire fructifier le patrimoine de manière responsable et sans compromis financier. Sa stratégie repose sur la conviction que l’intégration des critères ESG est une source de rendement supplémentaire. Pour réduire les risques et favoriser un changement positif, le fonds exclut les sociétés les plus controversées et celles intervenant sur les activités bannies par NN IP.

 La stratégie d’Aviva Croissance Durable ISR s’appuie sur une approche thématique de développement durable basée sur trois enjeux principaux : la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation des ressources de la planète et l’amélioration des conditions de vie des individus. Fin juin 2020, l’intensité carbone du fonds était de 94,5 contre 134,7 pour son indice de référence, contre respectivement 102,9 et 138,9 un an plus tôt.

 LBPAM ISR Diversifié est un fonds flexible actions et taux positionné sur des OPCVM et FIA, français ou européens. Son allocation est réalisée sur la base de critères financiers et selon la méthode ISR «GREaT» de LBPAM basée sur quatre critères (la gouvernance responsable, la gestion durable des ressources, la transition économique et énergétique et le développement des territoires), à quoi s’ajoutent des exclusions. La stratégie privilégie des émetteurs apportant des solutions aux «thématiques durables» identifiées par LBPAM.

 Le fonds thématique G Fund Future for Generations de Groupama AM cible des entreprises qui apportent des solutions aux problématiques climatiques, énergétiques, de consommation durable et de santé, soit 9 des 17 ODD, pour répondre à un enjeu fondamental : la transmission aux générations futures. Il est investi dans des titres essentiellement européens avec une allocation cible de 30 % d’actions et de 70 % d’obligations (marge de manœuvre de +/- 20 %).

 Egalement labellisé GreenFin, Ecofi Agir pour le climat a pour objectif de répondre à l’urgence de la transition écologique et énergétique tout en contribuant au financement des acteurs de l’économie solidaire dont l’activité est liée à la protection de l’environnement. C’est un fonds dynamique à dominante actions (60 % minimum). La poche obligations est principalement positionnée sur des obligations vertes.