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Parole d'expert

L’investissement bas carbone : un virage majeur pour les institutionnels

Option Finance - 6 juin 2016 - Communiqué

Investissement

La migration vers une économie moins dépendante du carbone est un sujet de préoccupation croissant pour les investisseurs institutionnels. Frédéric Samama, Directeur adjoint de la clientèle institutionnels et entités souveraines chez Amundi, nous explique pourquoi et quelles réponses un gestionnaire d’actifs peut apporter à ce nouveau besoin.

Frédéric Samama, Directeur adjoint de la clientèle institutionnels et entités souveraines, Amundi
Amundi

L’intérêt des assureurs et caisses de retraite pour la problématique du changement climatique est-il lié à la pression ambiante sur ce sujet ?
Frédéric Samama, Directeur adjoint de la clientèle institutionnels et entités souveraines, Amundi : Si, depuis dix-huit mois, ce sujet est devenu important pour eux, c’est en grande partie lié au fait que de nouvelles voix se sont fait entendre sur le sujet, à commencer par des autorités morales, comme le pape. La pression sur les institutionnels est aussi venue de leurs pairs, notamment grâce à l’initiative Portfolio Decarbonization Coalition des Nations unies, dont Amundi fut un membre fondateur en septembre 2014. Il s’agissait alors de réunir des investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs, etc.) capables de s’engager sur la «décarbonisation» avec un objectif affiché de 100 milliards de dollars d’actifs : un an plus tard, les engagements portaient sur 600 milliards* ! Les pouvoirs publics veulent à présent accélérer la mobilisation sur ce sujet. La France est un bon exemple, avec le désormais fameux article 173 de la loi de transition énergétique qui contraint les détenteurs d’actifs financiers à calculer et communiquer leur exposition aux risques climatiques.

Peut-on parler de prise de conscience de la part des investisseurs ?

Frédéric Samama : Oui, et pas seulement sur le plan moral. Car des voix du secteur financier ont aussi alerté les investisseurs sur les risques qu’ils encouraient à passer outre cette problématique de l’impact carbone de leurs portefeuilles : l’éditorialiste économique du Financial Times, Martin Wolf, dès juin 2014, puis le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. A un horizon de court terme, souvent celui des marchés financiers, le risque que les sociétés fortement émettrices de carbone soient taxées pour cela est si faible qu’il est impossible de l’évaluer. Mais à cinq ou dix ans, il n’est pas négligeable. Cela amène à penser que, si les investisseurs ne font rien pour accompagner la transition énergétique et restent dans une position attentiste, ce sont finalement eux qui en payeront la facture. Les détenteurs d’actifs financiers sont sensibles à cette approche par les risques et, surtout, l’innovation financière leur apporte maintenant des solutions faciles à mettre en œuvre pour commencer à diminuer leur empreinte carbone.

Justement, quelles sont les solutions choisies par les investisseurs pour «décarboner» leurs portefeuilles ?

Frédéric Samama : Il y a en réalité de nombreuses manières de procéder, en fonction des sensibilités, contraintes et objectifs propres à chaque investisseur. On peut citer les «green bonds», qui flèchent des investissements vers des projets en lien avec la transition énergétique, ou les stratégies de «désinvestissement», qui consistent à éliminer les secteurs les plus émetteurs de carbone, ce qui envoie un message très fort, mais avec l’inconvénient de générer de grands écarts sectoriels avec les indices traditionnels. Pour des investisseurs dont la gestion reste benchmarkée, la solution de l’indice «low carbon», qui éliminera les plus mauvais élèves sans générer de biais sectoriels, est un bon moyen de commencer. Sa faible tracking error en fait une sorte d’option gratuite : on évite un risque potentiel sans y substituer un autre. Mieux, la stratégie indicielle «low carbon» que nous avons mise en place en novembre 2014 avec un investissement de départ d’un milliard d’euros de la part d’un fonds de pension français affiche à fin avril 2016 une surperformance de 168 points de base par rapport à l’indice de référence*.


*Sources UNEP-FI, IPE, 2015

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600 mds $

C’est le montant des actifs financiers que les 25 investisseurs signataires de l’initiative Portfolio Decarbonization Coalition se sont engagés à décarboner*.