Allocation

Parole d’expert

«Notre modélisation du PIB aide à anticiper les notations souveraines»

Option Finance - 30 mai 2016 - Communiqué

PIB, Notation

Valéry Lucas-Leclin, président fondateur de Grizzly Responsible Investment, analyste ISR
Grizzly Responsible Investment

Quelle est la spécialité de Grizzly Responsible Investment ?

Valéry Lucas-Leclin, président fondateur de Grizzly Responsible Investment, analyste ISR : Grizzly RI est une société de recherche quantitative dans le domaine de l’ISR. Le terme quantitatif a son importance car il présente un double avantage conséquent : il permet de traiter tout un univers de données plus vaste et rend les analyses plus objectives. C’est un point important si on veut essayer de limiter les éventuels biais liés à l’affect dans les analyses, sur le plan social ou le plan environnemental. De manière plus générale, c’est aussi une approche qui permet de prendre en compte de manière plus objective des facteurs de risque maintenant au premier plan, tels que ceux liés aux changements climatiques et à la transition énergétique. L’ISR doit sans cesse se renouveler.

Pourquoi vous attaquez-vous au calcul du produit intérieur brut ?

Valéry Lucas-Leclin : Cela fait des années que le PIB est discuté comme indicateur de mesure de la richesse. D’ailleurs, en 1990, les Nations unies ont créé l’indicateur de développement humain afin de le compléter. Avec notre partenaire Beyond Ratings, nous pensons qu’il y a un optimum à trouver entre la richesse générée telle qu’on la connaît actuellement et l’état social et environnemental des pays. La création de richesse dans un environnement de plus en plus dégradé est-elle durable ? Est-ce encore de la vraie création de richesse ? Dans cette perspective, et grâce aux techniques de régression, nous modélisons un PIB ajusté pour chaque pays et une note ajustée pour chacun d’entre eux, sur la base de 300 variables ESG de la Banque mondiale. Avec ce PIB ajusté qui nous paraît plus «durable», nous restons volontairement dans une démarche économique, «mainstream». Reste alors à comparer cette donnée avec le PIB réel pour déterminer la pérennité de cette richesse produite.

Quelle valeur ajoutée apporte cette modélisation ?

Valéry Lucas-Leclin : Avec Beyond Ratings, nous pensons que notre modèle prend mieux en compte l’évolution du contexte social, environnemental et de gouvernance, permettant d’anticiper les modifications structurelles probablement plus vite que les agences de notation. Nous mettons donc à disposition nos données de rating ajusté aux gestionnaires d’actifs et nous leur proposons de les utiliser dans leur propre méthodologie de travail. Surtout, ce modèle est réactif, il est appelé à évoluer dans le temps avec de nouveaux indicateurs ESG ou des pondérations modifiées, comme on le constate déjà sur l’impact carbone, afin qu’il demeure dans une logique d’anticipation.