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Parole d’expert - Stefan Isaacs, gérant, M&G

«Nous offrons une couverture naturelle contre la hausse des taux d’intérêt»

funds - novembre 2014 - Communiqué

Stefan Isaacs, spécialiste des obligations à haut rendement et gérant de plusieurs fonds investis dans cette catégorie de titres chez M&G Investments explique les opportunités offertes par le fonds M&G Global Floating Rate High Yield lancé en septembre 2014.

Stefan Isaacs, gérant, M&G
Stefan Isaacs, gérant, M&G

En cas de hausse des taux directeurs, le marché du crédit ne risque-t-il pas de souffrir de ventes «panique» comme en mai et juin 2013 ?

Stefan Isaacs, gérant, M&G : Savoir ce que le marché obligataire valorise dans ses anticipations permet d’envisager sa réaction à ce premier resserrement monétaire. Au cours des quatre dernières semaines, nous avons constaté un réajustement significatif. Ainsi, la rémunération des taux des emprunts notés B est montée à 5 % en Europe, tandis qu’aux Etats-Unis elle a rebondi jusqu’à 6 %, 6,5 %. Cette hausse crée des opportunités d’investissement, surtout sur le segment du haut rendement. En effet, les taux d’intérêt vont monter en raison de l’amélioration de la croissance économique, si bien que les entreprises évoluent dans un environnement plus favorable. 

J’anticipe cependant une hausse de la volatilité à court terme, mais à moyen terme les spreads devraient se resserrer. Plus précisément, on devrait voir s’ouvrir à nouveau une période pendant laquelle les phases risk on et risk off alterneront tant sur le marché du crédit que sur celui des actions. Cela devrait s’approcher de ce que nous avons connu entre 2003 et 2006 lorsque les banques centrales relevaient leurs taux directeurs mais, simultanément, les spreads se resserraient car la croissance économique s’améliorait.

 

Quelles opportunités le fonds M&G Global Floating Rate High Yield offre-t-il ?

Stefan Isaacs : Ce nouveau fonds est très intéressant parce que nous pensons que nous serons capables d’offrir une couverture naturelle contre la hausse des taux d’intérêt et, dans le même temps, un rendement significatif. Ce fonds est investi en titres à taux variable qui rémunèrent actuellement à 4 % en Europe et, lors des révisions trimestrielles, le coupon de la période à venir s’ajuste aux nouvelles conditions de marché, si bien que son prix ne baisse pas lorsque les taux d’intérêt montent. Le portefeuille est positionné principalement sur les emprunts notés BB, donc sur les meilleures notes de la catégorie à haut rendement. Cette orientation est très attrayante dans cette phase du cycle économique et monétaire, d’autant plus que le rendement courant est intéressant dans l’environnement actuel de taux bas. D’ailleurs, nous avons déjà obtenu 150 millions de dollars en souscriptions sur les quatre premières semaines de commercialisation de ce fonds, ce qui montre le grand intérêt des investisseurs pour ce nouveau produit.

 

Comment les marges évoluent-elles par rapport aux emprunts d’Etat ?

Stefan Isaacs : Au cours des dernières années, nous avons assisté à une baisse du rendement des emprunts d’Etat et à un resserrement des spreads des obligations à haut rendement. La hausse des taux d’intérêt pourrait tendre les spreads, comme en 1994 et en 2002, mais à moyen terme ils devraient plutôt nous réserver de bonnes surprises.


La liquidité n’a-t-elle pas tendance à disparaître lors des phases de tension ?

Stefan Isaacs : Si, la liquidité est certainement notre plus grand défi car nous avons vu que les banques ont réduit leur capacité à financer les entreprises qui, de ce fait, recourent davantage aux marchés financiers. En 2006 les entreprises émettrices avaient en moyenne une surface financière beaucoup plus importante qu’actuellement, mais le marché était 20 % plus petit. La taille des émissions a considérablement baissé, si bien que nous devons nous montrer particulièrement prudents sur le critère de liquidité. Pour faire face à ce risque, nous nous assurons en permanence de la capacité du portefeuille à faire face à toute demande de rachat de nos investisseurs. Par exemple, dans ce fonds, mais aussi dans les autres fonds d’obligations à haut rendement que je gère, nous utilisons des produits indiciels car ils sont très liquides. On peut échanger sans difficulté des montants importants avec une fourchette acheteur/vendeur très faible. Nous pouvons aussi investir un peu dans les emprunts d’Etat. Au total, 10 % du portefeuille sont investis dans les supports sans risques comme les bons du Trésor, les emprunts d’Etat et la trésorerie. En plus de l’amélioration de la liquidité, cela contribue à diversifier le portefeuille. Par ailleurs, je me montre très conservateur dans mes choix de titres et dans leur pondération. Le fonds a déjà un grand nombre de positions afin de maintenir la liquidité du portefeuille au meilleur niveau.

Comment gérez-vous le risque de change sur les obligations à haut rendement de marchés émergents ?

Stefan Isaacs : Lorsque nous achetons des obligations à haut rendement de pays émergents, nous choisissons des titres émis en devises fortes, puis nous prenons une couverture dans la devise du fonds. En aucun cas nous ne prenons de risques actifs en devises sur ce fonds.