Allocation

Parole d'expert

«Un contexte globalement positif pour le crédit euro»

Option Finance - 16 novembre 2015 - Communiqué

Insight Investment, filiale de gestion de BNY Mellon IM, est spécialisée dans la gestion de portefeuilles de crédit. Lucy Speake, Responsable de la gestion obligataire européenne chez Insight, souligne les opportunités et risques qu’elle identifie sur ce marché en croissance.

Lucy Speake, Responsable de la gestion obligataire européenne, Insight
Insight

Reste-t-il de la valeur dans les nouvelles émissions, la Fed s’apprêtant à relever ses taux directeurs ?

Le marché du crédit euro s’est fortement développé et l’impact qu’il subira lorsque la Fed relèvera ses taux sera bien plus faible qu’il y a quelques années lorsque l’univers était plus restreint. En effet, si les volumes d’émission sont restés globalement les mêmes car les groupes industriels ont compensé un secteur bancaire moins présent, on constate une augmentation de la diversité des émetteurs en Europe. En outre, des entreprises des pays émergents émettent sur le marché euro, de même qu’un nombre plus important d’entreprises américaines, ce qui donne de la profondeur au marché et offre des opportunités de rendement supérieur. La BCE a annoncé qu’elle pourrait renforcer sa politique monétaire en étendant le champ de son programme de rachat d’actifs et en augmentant son volume ainsi qu’en maintenant les taux à un niveau très bas. Dans ces conditions, l’environnement pour les actifs risqués s’avère meilleur actuellement dans la zone euro que sur les six derniers mois.

Le retour à l’effet de levier ne fragilise t-il pas les bilans des entreprises ?

Cela dépend des régions et des secteurs. Il est vrai que dans certains secteurs, tels que les TMT aux Etats-Unis, le niveau d’endettement a augmenté, affectant négativement les notations et les spreads. Il y a également eu de très grosses émissions liées à des opérations de fusions acquisitions. Globalement les entreprises européennes se sont moins endettées et ont été moins concernées par les fusions acquisitions. Le marché est certainement un peu plus risqué qu’il y a un an, et c’est pour cela qu’il est essentiel d’avoir une gestion active dans ce domaine.

Quels secteurs vous semblent les plus porteurs dans un contexte de croissance molle en zone euro ?

Nous aimons toujours les banques car elles améliorent leurs fondamentaux du fait de la pression réglementaire. Nous avons cependant réduit notre exposition à ce secteur cet été lorsque les valorisations sont devenues trop tendues. Les ventes paniques qui ont suivi nous ont ensuite permis de reprendre des positions meilleur marché. Ce secteur est notre principale surpondération, auparavant au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, et plus récemment en Espagne, avec des groupes tels que Bankia et Bankinter dont les fondamentaux s’améliorent et qui offrent une valorisation intéressante. Le secteur bancaire est d’ailleurs un des principaux contributeurs à la performance du fonds.

Quel est votre regard sur les compagnies d’assurance ?

Nous avons également été assez actifs sur ce secteur. En début d’année, nous étions inquiets de voir la faiblesse des rendements obligataires faire pression sur la solvabilité de certaines compagnies. Et c’est toujours le cas, mais principalement sur les plus petits assureurs. Les compagnies plus importantes qui émettent des obligations sont beaucoup plus robustes. Ce secteur a également connu des ventes paniques, mais nous en avons profité pour reprendre des positions car nous voyons de la valeur dans le secteur. A titre d’exemple, nous avons souscrit il y a quelques semaines à l’émission Generali qui nous apparaissait très bon marché.

Quelles sont vos préférences en termes de duration ?

Nous gérons la duration activement, avec une vision stratégique de long terme et un suivi des facteurs techniques du marché. Nous avions une importante sous-pondération en début d’année mais maintenant, nous sommes revenus à une position plus neutre par rapport au benchmark car nous sommes pris entre deux tendances. Les Etats-Unis s’apprêtent à relever leurs taux d’intérêt ce qui va tendre les rendements à long terme. De son côté, l’Europe reste dans un programme d’assouplissement et nous attendons une stabilisation avec un Bund à 10 ans restant autour de 60pbs. Nous étions très sous-pondérés sur la partie courte de la courbe, mais nous ne pouvons exclure totalement une nouvelle baisse de taux en Europe. Nous revenons donc à une position plus neutre et nous cherchons à être totalement investis.

Sauf indication contraire, les opinions et vues exprimées dans le présent document sont celles du gestionnaire.