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Parole d’Expert – Schelcher Prince Gestion

«Une approche indépendante et originale de debt picker au service du financement de l’économie»

Option Finance - 29 septembre 2014 - Communiqué

Schelcher Prince Gestion (SPG) s’apprête à lancer un fonds de prêt à l’économie (FPE) pour répondre aux besoins de rendement et de diversification des institutionnels. Baptisé «SP EuroCréances 2014», ce nouveau fonds propose un rendement attractif et une approche innovante du risque de crédit pour sélectionner les opportunités d’investissement et construire un portefeuille.

Sébastien Barbe, directeur général de Schelcher Prince Gestion
Sébastien Barbe


Comment les FPE peuvent-ils répondre aux besoins des institutionnels ?


Sébastien Barbe, directeur général de Schelcher Prince Gestion : Dans le contexte actuel de taux bas, durablement peut-être, et après la belle performance des différents segments de la dette d’entreprise, nos clients recherchent des relais de rendement avec un risque modéré et une diversification acceptable. Parallèlement, les banques, contraintes par de nouvelles règles, poussent leur clientèle entreprise à se financer en direct. Les FPE sont une exception française, ils s’inscrivent dans un cadre juridique taillé sur mesure pour permettre aux institutionnels français d’investir dans de la dette aux entreprises sous différentes formes, obligataire ou prêt. C’est donc une nouvelle étape de la désintermédiation.

Quelle est la proposition de Schelcher Prince Gestion ?


Sébastien Barbe : Le FPE «SP EuroCréances 2014» prendra la forme d’un fonds commun de titrisation (FCT) avec une structure calquée sur le format de place du fonds Novo. Ce sera un fonds fermé, donc sans contrainte de liquidité, avec une taille cible de 150 à 200 millions d’euros. Il sera à terme composé de 30 à 40 investissements à 5-7 ans, diversifiés mais majoritairement portés sur des entreprises françaises. Le rendement cible est celui de l’OAT + 3 %.

Quelle approche déployez-vous ?


Sébastien Barbe : Pour trouver les meilleures opportunités d’investissement pour nos clients, nous avons volontairement peu limité les contraintes sur le choix des émetteurs. Nous avons la possibilité de choisir le format (prêt, Euro-PP, obligation, etc.), de choisir qui origine (banque ou courtier), le secteur, la région, la taille de l’entreprise, etc. En revanche, avec un gros travail sur la partie juridique et sur les garanties de chaque dossier étudié, nous calibrons le fonds en termes d’«expected loss» ou «perte attendue», afin d’obtenir un risque tout à fait acceptable pour nos clients institutionnels.

C’est-à-dire ?

Sébastien Barbe : Nous raisonnons en «expected loss» et pas uniquement en termes de rating. Cette notion, qui vient du monde bancaire et de Bâle 2, combine la probabilité de défaut, notion classique, et la perte au moment du défaut. Cela donne beaucoup de poids à l’analyse, financière et juridique, des covenants et des garanties. Cette approche permet de confronter les points de vue et la valeur relative des dettes qui nous sont proposées. Grâce à cette méthode d’appréciation du risque de crédit sur un dossier, nous pouvons répondre au besoin de rendement de nos clients avec un risque encadré, similaire à celui d’un portefeuille d’obligations classiques de qualité «low investment grade».

Est-ce compatible avec la réglementation Solvabilité 2 ?


Sébastien Barbe : Cette approche répond tout à fait à la logique de calcul du risque de Solvabilité 2. Toutefois, cette réglementation, basée uniquement sur le rating (donc la probabilité de défaut) ne reconnaît pas la notion de garanties. Souscrire à SP EuroCréances 2014 sera donc surtout, pour un institutionnel soumis à Solvabilité 2, un choix d’investisseur, de calibrage du couple rendement réel/risque réel, plutôt qu’une optimisation réglementaire.

Quelle est l’expertise SP Gestion ?

Sébastien Barbe : Notre société a une expertise historique reconnue sur la dette d’entreprise, en particulier d’entreprise de taille réduite. Avec ce projet et le renforcement des équipes, se rejoignent l’ADN de notre culture historique «buy-side» de sélectionneur de titres, d’une gestion de conviction, et la culture «sell-side» et juridique de professionnels issus du monde bancaire. C’est s’appuyer sur notre savoir-faire de la gestion de mandats pour institutionnels pour gérer, sous un format fonds cette fois (mais avec la même logique), le financement des entreprises de taille petite et moyenne.