Investisseurs institutionnels

Sophie Elkrief, directrice des investissements et des placements de la Maif

«Il est difficile d’être serein dans un tel contexte»

Option Finance - 28 août 2020 - Séverine Leboucher

Investissement, Investisseurs institutionnels

Sur les 20 milliards d’euros d’encours de la Maif, la direction des investissements en gère 13 milliards en direct et pilote l’allocation de l’ensemble. Un exercice de plus en plus difficile dans un contexte de taux bas, de forte volatilité des actifs risqués et de tensions sur les ratios de solvabilité. L’une des priorités de la mutuelle est également de participer au financement de la relance, en cohérence avec ses valeurs, réaffirmées dans son statut d’entreprise à mission.

La Maif vient de devenir une «entreprise à mission», un nouveau statut créé par la loi Pacte. En quoi cela concerne-t-il le métier de la gestion d’actifs ?

La transformation de la Maif en entreprise à mission va nous permettre de mieux promouvoir certaines valeurs sociales, sociétales et environnementales de la mutuelle. Or les investissements sont un outil puissant pour cette promotion. Nous pouvons donner une impulsion sur certains types d’investissement, non seulement par le montant des capitaux que nous y allouons – ces derniers ne sont pas illimités – mais aussi par l’effet d’entraînement que suscite notre marque. L’objectif est que nos investissements parviennent à dégager une valeur supplémentaire d’ordre sociétal au-delà du seul rendement financier. C’est déjà dans cet esprit que nous avions lancé en 2019 le fonds Maif Transition, qui vise à promouvoir simultanément la transition énergétique et la transition agricole en investissant dans des projets dits d’«agrinergie» dans chaque département français. Ces derniers consistent à installer des centrales solaires sur des terres agricoles en cours de conversion à la production biologique. Maif a conçu ce fonds, dont la gestion financière est opérée par Swen Capital et le développement des projets par Akuo Energy, et y a engagé à ce jour 50 millions d’euros. Les premiers projets sortiront avant la fin de l’année. Dès lors, nous pourrons accélérer et si c’est pertinent, ouvrir le véhicule à d’autres investisseurs institutionnels qui seraient intéressés. 

Quel montant d’actifs votre activité d’assurance vous amène-t-elle à gérer au total ?

Nous gérons environ 20 milliards d’euros. Environ 8 milliards d’euros proviennent de nos fonds propres et des provisions...

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