Investisseurs institutionnels

Réforme des retraites

Les institutionnels dans le brouillard

Option Finance - 14 février 2020 - Séverine Leboucher

Retraite

La création du système universel de retraite pose la question de la survie de plusieurs acteurs de la gestion institutionnelle, au premier rang desquels les caisses de retraite complémentaire. La question du devenir des quelque 137 milliards d’euros de réserves dont elles disposent est en effet loin d’être tranchée. Le projet de loi est en revanche plus clair sur le sort du Fonds de réserves pour les retraites, transformé en un Fonds universel dès 2022. Mais sans que son financement ne soit non plus acté.

C’est un enjeu à 200 milliards d’euros. L’avenir des réserves financières gérées par les investisseurs institutionnels tels que les caisses de retraite, le Fonds de réserves pour les retraites et les régimes par capitalisation (voir encadré), est un des aspects-clés de la réforme des retraites qui est examinée à partir d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale. «Comme son nom l’indique, le nouveau régime est universel et donc unique : les différents régimes existants ont donc vocation à disparaître tous», assène un spécialiste de la gestion institutionnelle. Un coup dur, perçu comme une injustice par les acteurs qui gèrent ces réserves. 

Ils ont en effet réussi à les accumuler au fil du temps grâce à la bonne gestion de leurs équilibres financiers et grâce aux revenus qu’ils ont tirés de leurs placements sur les marchés. Si une partie de ces réserves sont gérées à très court terme et visent à répondre aux besoins de liquidité des régimes de retraite, elles cherchent aussi, dans une optique de bien plus long terme, à couvrir d’éventuels chocs démographiques ou économiques. Mais derrière cette homogénéité apparente se cachent des disparités qui rendent la réforme du système d’autant plus difficile.

Un enjeu vital pour les caisses de retraite

137 milliards d’euros dépendent ainsi de régimes de retraite par répartition des salariés, d’une part, et des professions indépendantes et libérales, d’autre part. Elles relèvent essentiellement des régimes complémentaires et représentent entre quelques mois et plusieurs années de...

La suite de cet article est réservée aux abonnés

Vous avez déjà un compte

Pour lire la suite de cet article, connectez-vous à votre compte

Mot de passe oublié

En cas de problème avec votre compte abonné, merci de contacter abonnement(at)optionfinance.fr

Pas encore abonné ?

Découvrez toutes nos offres d'abonnement et accédez à nos articles et dossiers en ligne.

S'abonner

À lire aussi

PODCAST > Joël Prohin, directeur du département gestion des placements à la Caisse des Dépôts

« La rémunération variable de nos gérants est conditionnée par leur performance ESG »

Sophie Elkrief, directrice des investissements et des placements de la Maif

«Il est difficile d’être serein dans un tel contexte»

Alain Pestre, directeur financier de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens

«Un investisseur de long terme doit revenir sur les marchés lorsque ceux-ci ont beaucoup baissé»