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Parole d’expert

Invesco : «L’intégration de critères ESG peut améliorer le couple rendement/risque d’un portefeuille obligataire»

Option Finance - 1er octobre 2018 - Communiqué

Invesco AM, ESG

Signataire des Principles for responsible investment depuis 2013 et noté A+ en 2018 dans la catégorie stratégie et gouvernance, pour la 2e année consécutive, Invesco gère aujourd’hui plus de 65 milliards de dollars1 d’encours intégrant des critères ESG2, dont 6 milliards3 sur des actifs obligataires. Plus généralement, le gestionnaire ambitionne d’intégrer les critères ESG à l’ensemble de ses processus d’investissement. Avec cette expertise reconnue et éprouvée, qui en fait un des leaders en gestion ESG dans le monde4, Invesco répond aux attentes croissantes des investisseurs institutionnels pour une prise en compte de ces critères dans leurs portefeuilles obligataires, selon leurs besoins spécifiques.

David Todd, responsable monde de la recherche crédit investment grade et marchés émergents Invesco et Arnaud Lebreton, responsable commercial clientèle institutionnelle Invesco
Invesco


Comment le comportement des investisseurs européens évolue-t-il en matière d’intégration de l’ESG dans leurs portefeuilles obligataires ?

David Todd :
Les investisseurs européens sont sensibles aux approches ESG depuis plusieurs années et sont en avance sur les investisseurs américains et asiatiques. Selon la dernière étude «Invesco global fixed income» réalisée en 2017 auprès de 79 investisseurs institutionnels dans le monde, 67 % des grands investisseurs institutionnels européens5 prennent en compte les facteurs ESG dans leurs portefeuilles obligataires, contre 44 % en Amérique du Nord et 25 % en Asie Pacifique. C’est par ailleurs sur le segment du crédit investment grade que l’intérêt est le plus important. Même s’ils sont toujours demandeurs de mandats portant la mention ESG, ils s’intéressent de plus en plus à la façon dont les critères ESG sont intégrés dans les solutions d’investissement déjà existantes et veulent comprendre comment nous intégrons les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Arnaud Lebreton : En France, l’article 173 de la loi sur la transition écologique et énergétique a accéléré cette tendance. Mais la dynamique était effectivement déjà en place, comme le démontrent depuis plusieurs années les appels d’offres des grands investisseurs institutionnels avec une demande croissante pour une approche ESG. Pour les compagnies d’assurances, c’est d’une importance capitale, bien sûr au niveau de leurs actifs financiers, mais aussi au niveau de leurs passifs puisqu’elles sont en première ligne dans la gestion des dommages (catastrophes naturelles, santé, etc.). La sensibilisation des investisseurs institutionnels s’inscrit également dans une tendance de fond plus large avec la volonté, émanant de plus en plus de citoyens, d’adopter une démarche responsable pour les générations futures.

Pourquoi est-il souhaitable d’intégrer des critères ESG dans les portefeuilles obligataires ?

David Todd : Nous avons la conviction chez Invesco qu’une bonne compréhension des facteurs ESG se traduira par de meilleurs potentiels rendements corrigés du risque au fil du temps, quelle que soit la classe d’actifs. Les questions ESG sont donc considérées comme faisant partie d’un processus de recherche fondamentale et sont intégrées dans tous nos processus d’investissement au même titre que les critères financiers et de valorisation. C’est donc notre philosophie en matière de gestion obligataire. La prise en compte de ces critères peut, par exemple, modifier le risque crédit d’un émetteur et/ou ses perspectives. Nos équipes d’investissement conservent toutefois toujours le pouvoir discrétionnaire ultime d’examiner et de mettre en œuvre les critères ESG dans leurs portefeuilles respectifs, sans jamais perdre de vue l’intérêt de nos clients. Notre approche est donc flexible pour être en adéquation avec la perception que chaque client a des facteurs ESG et avec les valeurs que chacun souhaite promouvoir.

Arnaud Lebreton : Sur le marché français, où les encours sous gestion proviennent largement des compagnies d’assurances, il est primordial de pouvoir proposer une approche ESG dans les solutions d’investissement obligataires puisque c’est la classe d’actifs sur laquelle elles investissent très majoritairement.

L’ESG est donc de la responsabilité de tous chez Invesco ?

David Todd : Effectivement, nous avons fait le choix d’une approche globale sans équipe de gestion dédiée. Nous estimons que les personnes les mieux placées pour évaluer les critères ESG auprès des sociétés sont les analystes qui les suivent, tout comme les gérants sont les mieux placés pour évaluer la pertinence de ces facteurs dans la construction de leur portefeuille et leur décision d’investissement. Nous avons néanmoins au sein d’Invesco une équipe de spécialistes «investissement responsable» pour épauler les analystes et les gérants, avec une collaboration de tous les instants. Notre équipe d’analystes crédit est par ailleurs constituée de pôles sectoriels, au sein desquels des analystes spécialisés identifient les facteurs ESG spécifiques à retenir au sein de chaque secteur. Cela permet aux analystes et gérants de créer leur propre grille d’analyse ESG en totale adéquation avec les entreprises qu’ils suivent ou dans lesquelles ils investissent.

Est-il facile d’évaluer des émetteurs obligataires sur la base de critères ESG ?

David Todd : Il incombe à tous les investisseurs de s’engager auprès des entreprises dans lesquelles ils investissent. Historiquement, cela a été plus facile pour les grands investisseurs en actions puisque les sociétés cotées en bourse sont plus habituées à être interviewées et à communiquer sur les sujets ESG. Nous avons une politique d’engagement auprès des émetteurs obligataires, tout comme nous le faisons auprès des sociétés cotées en bourse. L’identification des indicateurs ESG qui nécessite une amélioration de la part des entreprises leur permet de développer des pratiques plus responsables, diminuant les risques environnementaux, éthiques et améliorant leur performance. Nos analystes crédit définissent par ailleurs une note ESG interne pour chaque émetteur, ainsi qu’une note sur la tendance à l’évolution de leur démarche ESG.

Comment communiquez-vous sur l’intégration de l’ESG dans vos reportings ?

David Todd : La transparence et la pédagogie sont cruciales pour amener toujours plus d’investisseurs à intégrer les critères ESG dans leurs portefeuilles et allocations d’actifs. Notre approche sectorielle est clé pour apporter des éléments d’analyse concrets, en adéquation avec le profil des émetteurs. Nous intégrons dans nos commentaires une analyse ESG détaillant chacun des trois critères environnement, sociaux et de gouvernance. Nous y intégrons une notation ESG interne que nous communiquons à nos investisseurs.

Les investisseurs institutionnels français ont-ils besoin d’être accompagnés pour mieux communiquer sur l’intégration de ces critères dans leur gestion de leurs actifs, en adéquation avec les recommandations de l’article 173 ?

Arnaud Lebreton : La plupart des grands investisseurs institutionnels français ont élaboré un ensemble de lignes directrices en matière d’ESG voire même érigé une charte interne, ce que les gestionnaires en charge de leurs actifs se doivent de respecter. Il est vrai que les investisseurs n’adoptent pas tous la même approche. L’approche d’exclusion de certains secteurs ou sociétés est généralement toujours requise. Certains vont jusqu’à adopter une approche «best in class». Le contenu de l’article 173 étant très vague sur les méthodologies à adopter pour communiquer en la matière, les investisseurs institutionnels se sont logiquement basés sur leurs principes et pratiques internes. Cela a donné lieu à beaucoup de débats sur l’hétérogénéité des méthodologies utilisées et sur ce que serait la meilleure approche pour arriver à une communication plus homogène et donc plus transparente. Nous estimons néanmoins chez Invesco que les gestionnaires d’actifs doivent faire preuve de flexibilité pour pouvoir offrir des solutions personnalisées. Les besoins, contraintes et valeurs promues sont souvent spécifiques à chaque client.

1. Au 31 décembre 2017.
2. Environnement, social et gouvernance.
3. Au 31 décembre 2017.
4. Morgan Stanley uncovering long-term value with ESG septembre 2017.
5. Plus de 15 milliards de dollars d’encours sous gestion.

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