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Événement

Les rencontres climat et finance durable

Option Finance - 17 mars 2021 - Dossier réalisé par Anne del Pozo

Finance verte, Transition, Energie

Trois tables rondes et une conférence de clôture à la Banque de France au format 100 % digital se sont tenues du 8 au 11 février dernier. Cet événement de place a rassemblé plus de 700 inscrits autour des investisseurs institutionnels, des grands émetteurs, des gestionnaires d’actifs et tous les acteurs de l’asset management.

Introduction présentée par :

« La finance sera verte ou ne sera pas » 

«Depuis les accords de Paris en 2015 sur le sujet, la France est moteur sur les questions climatiques. De toutes les places financières mondiales, Paris est celle qui fait le plus pour la finance verte. Nos banques ont émis environ un cinquième des obligations vertes mondiales en 2018 et sont déterminées à faire encore mieux. La place de Paris est également la première à avoir pris l’engagement de développer la sortie du charbon et entend faire de même pour l’énergie fossile non conventionnelle. Elle doit agir pour mettre en œuvre plus de transparence et de cohérence dans les directions à suivre. Nous y contribuerons grâce à la loi Energie Climat, au travail de l’Observatoire de la finance durable, la taxonomie qui va devenir le langage commun de la transition écologique. Le climat a besoin de la finance mais la finance a aussi besoin de trouver du sens et de devenir verte. »

Barbara Pompili, ministre de la Transition Ecologique

« La finance verte doit changer d’échelle » 

«Alors que l’Etat engage un plan de relance massif pour transformer l’ADN de notre économie, pour rendre le pays plus durable et atteindre la neutralité carbone, les investissements privés doivent prendre la même trajectoire. La finance verte doit changer d’échelle et se mettre au niveau de ces défis colossaux. Ce gouvernement est engagé pour qu’émerge un autre modèle de finance, dans lequel les entreprises dressent en toute transparence les bilans de leurs émissions à effet de serre et leur engagement pour les réduire, où l’engagement actionnarial prend tout son sens, où l’épargne des Français est mobilisée vers les investissements verts, où l’investissement de l’Etat vient accompagner le financement des solutions d’avenir. Ce modèle porte un nom : la finance verte. »

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

Le rôle des banques centrales dans le verdissement de l’économie

«La politique monétaire actuelle de l’eurosystème favorise déjà le financement de la transition écologique grâce à des taux d’intérêt très bas et des liquidités abondantes. Le verdissement de l’action de la banque centrale est une question de recalibrage de ses outils. Notre ambition s’articulera autour d’un triptyque simple : prévoir en poussant plus loin notre compréhension des effets du changement climatique, sur les prix et sur la croissance ; publier en imposant nos standards et la transparence à toutes nos contreparties financières et entreprises ; incorporer le risque climatique pour le réduire dans nos opérations et dans notre économie. »

Morgan Després, secrétaire du NGFS et directeur adjoint de la stabilité financière de la Banque de France

Tous les instruments de la transition énergétique sont là, il reste à les mettre en musique

«Le risque climatique est très particulier et appelle des mesures du risque innovantes. Par ailleurs, nous observons un basculement de la sphère RSE à la sphère risque. Il reste cependant beaucoup de travail à faire sur les données, la taxonomie, les analyses permettant d’avoir une vision globale et macro sur les secteurs impactés par le changement climatique…

En termes d’opportunités, si la transition énergétique nécessite des besoins importants de financements, les fonds, l’épargne et les produits existent. Il faut aujourd’hui sensibiliser les épargnants, clarifier les labels, éviter le greenwashing… Tous les ingrédients sont là, il reste à les mettre en musique et ce, rapidement… »

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