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Comment mieux mobiliser l’épargne des Français pour financer la transition écologique ?

Option Finance - 17 mars 2021 - Anne del Pozo

La transition énergétique n’est pas qu’une question de finance, mais aussi de régulation, d’industrie et de citoyens consommateurs électeurs, également épargnants.

L’épargne des Français n’est pas neutre pour financer l’investissement durable. Les épargnants ont un vrai pouvoir. « Tout l’enjeu aujourd’hui consiste à atteindre cet épargnant et lui expliquer de quoi il s’agit, et le label est, en la matière, une première piste, explique Julie Ansidei, head of strategy and sustainable finance unit, secretary to the executive committee de l’AMF. L’épargnant doit aussi être en mesure de comprendre la promesse qui est faite. C’est la raison pour laquelle nous avons défini une doctrine et des critères minimums pour les produits qui mettent l’ISR et l’ESG au cœur de leur discours commercial. »

Renforcer la transparence

« La France a été la première, pour les fonds ISR et ESG, à imposer un code de transparence, à avoir un label d’Etat reconnu en Europe et dans le monde, à mettre en place une doctrine, donc des règles sur ce que peut dire ou non un fonds dans sa communication commerciale, précise Laure Delahousse, directrice générale adjointe de l’Association française de la gestion financière (AFG). Aujourd’hui, il convient de mettre en musique ces différentes règles et les rendre cohérentes entre elles. Il faut également pouvoir expliquer aux clients quelles sont les différentes catégories de fonds qui leur sont proposées. » 

« D’autant plus que nous constatons un fort décalage entre la notoriété de l’investissement responsable, qui est très faible (7 à 9 %), et l’appétence des Français pour ces sujets-là qui est très forte (deux tiers des Français), ajoute pour sa part Grégoire Cousté, délégué général et secrétaire général du Forum pour l’investissement responsable (FIR). Face à ce paradoxe, il y a un important travail de pédagogie à faire sur cette forme d’épargne. A cet effet, il convient de former tous ceux qui dialoguent avec les épargnants, qui comprennent bien les enjeux. Les gérants d’actifs et les distributeurs doivent également être capables de proposer des produits lisibles et compréhensifs par les épargnants. »

L’ensemble des réseaux de distribution, les grandes institutions financières, les conseillers en investissements financiers doivent être accompagnés dans ce sens. « Notre rôle au sein de Tikehau Capital, fonds de transition énergétique, consiste notamment à flécher de l’épargne dans des produits financiers que nous décidons de développer, explique ainsi Pierre Abadie, co-head energy transition practice - private equity - executive director chez Tikehau Capital. Au-delà du label, nous veillons à l’alignement d’intérêt. C’est la raison pour laquelle nous sommes toujours le plus gros investisseur de nos fonds et nous allouons notre bilan dans des produits que nous développons. Notre objectif consiste à viser les entreprises qui sont critiques pour accompagner la transition. Nous faisons également de l’investissement en fonds propres. »

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