ISR

Avec Peter van der Werf, Senior Engagement Specialist Robeco

Lutter pour la protection de la biodiversité : un défi majeur au centre de nos actions d’engagement pour 2020

Option Finance - 19 Juin 2020 - Peter van der Werf

Finance verte, ESG

L’engagement et le vote en sont des points clés, car ils permettent d’améliorer les bonnes pratiques et la prise en compte des facteurs ESG dans les entreprises investies, créateurs de valeur à long terme.

Quel rôle joue l’actionnariat actif dans la stratégie durable de Robeco ?

L’actionnariat actif est un élément central de l’approche durable de Robeco et constitue un pilier essentiel dans notre processus intégré d’investissement durable. L’engagement et le vote en sont des points clés, car ils permettent d’améliorer les bonnes pratiques et la prise en compte des facteurs ESG dans les entreprises investies, créateurs de valeur à long terme. Depuis 2005, notre équipe de spécialistes entretient un dialogue actif et permanent avec un très grand nombre d’entreprises avec, à fin 2019, 316 milliards d’euros sous engagement.

Concrètement, comment fonctionne l’engagement ?

Les activités d’engagement sont axées sur un domaine dans lequel l’entreprise peut avoir le plus fort impact. Nous nous concentrons sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) revêtant une matérialité financière, avec des objectifs concrets et mesurables. Nos engagements portent généralement sur une période de trois ans durant laquelle nous suivons les progrès et résultats par rapport aux objectifs fixés. Chaque année, l’équipe sélectionne de nouveaux thèmes de façon méthodique, en collaboration étroite avec les équipes d’investissement de Robeco. En plus du changement climatique qui reste un thème central d’engagement, nous avons défini pour 2020 cinq thèmes spécifiques : la décarbonisation des portefeuilles d’investissement, la gouvernance dans les marchés émergents, la rémunération des dirigeants, la sécurité minière et la protection de la biodiversité.

La biodiversité s’impose donc aujourd’hui comme un axe majeur ?

En effet, la perte de la biodiversité est l’une des principales menaces écologiques mondiales qui affectera la société dans les décennies à venir. Précédemment abordée au travers de nos actions d’engagement sur le climat ou encore sur les défis liés à la déforestation, il était nécessaire de faire de la biodiversité un sujet à part entière. Les investisseurs sont en effet principalement exposés à ce phénomène par le changement de la culture des terres qui résulte de la déforestation, pour permettre le développement de l’agriculture. Nous voulons que les entreprises qui fabriquent des produits alimentaires ou qui produisent du soja, du cacao ou de l’huile de palme réalisent une étude des impacts de leurs opérations et/ou de leurs chaînes d’approvisionnement sur la biodiversité. Nous souhaitons aussi qu’elles élaborent des plans visant à atteindre un taux de déforestation net nul d’ici 2023.

Dispose-t-on de suffisamment de données pour mesurer cela ?

Il est vrai que c’est un sujet complexe à aborder car l’impact de la biodiversité sur une entreprise reste difficile à établir. Il est essentiel de comprendre et d’analyser la manière dont les entreprises mesurent leur empreinte en matière de biodiversité, son évolution au fil des ans et la façon dont leurs activités sont affectées par l’état de la biodiversité. Actuellement, il n’y a pas suffisamment de transparence dans la façon dont les entreprises mesurent leurs performances en matière de biodiversité. A court terme, une firme ne sera pas affectée à son niveau par la disparition des abeilles ou des espèces d’oiseaux. Mais à l’échelle mondiale, si nous sommes confrontés à l’extinction des espèces, alors le monde va devenir très différent. Cela aura des répercussions considérables sur les capacités de production des entreprises agroalimentaires. S’agissant d’un sujet très vaste, en plus de notre recherche durable, nous collaborons avec différents partenaires : universités, ONG et groupes de travail sur la biodiversité, comme celui du «Sustainable Finance Platform» aux Pays-Bas (DNB)1, afin d’aborder au mieux ces thèmes du point de vue de l’investisseur.

Le secteur de la gestion d’actifs est-il prêt à relever le défi ?

Le secteur financier prend de plus en plus conscience de l’urgence de contribuer à la préservation et à la restauration de la biodiversité. Non seulement parce que la perte de biodiversité est un risque matériel pour les institutions financières, mais plus encore parce que nous sommes de plus en plus conscients de notre propre impact sur la biodiversité, tant positif que négatif. Il est vrai que le secteur de la gestion d’actifs, plus avancé sur le climat, en est encore à un stade précoce pour intégrer des indicateurs spécifiques liés à la biodiversité dans ses processus d’investissement et de gestion des risques. De nombreuses initiatives se mettent en place. Cela dit, la qualité des données doit être encore considérablement améliorée afin d’obtenir un aperçu précis des portefeuilles. La quantification des risques et des impacts liés à la biodiversité représente ainsi un défi majeur auquel il va nous falloir collectivement répondre.

1 - Sustainable Finance Platform – Working Group Biodiversity : www.dnb.nl/en/binaries/Biodiversity%20opportunities%20risks%20for%20the%20financial%20sector_tcm47-389029.pdf 

Destiné aux investisseurs professionnels. RIAM BV (n° de registre 24123167) est une société de gestion de droit néerlandais agréée par l’AFM. Robeco France est agréé par l’ACPR (CIB10683) en tant qu’entreprise d’investissement. Tout investissement peut être exposé à un risque de perte en capital. Les DICI et prospectus sont disponibles sur www.robeco.com/fr.