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Catherine Crozat, Alexandre Blein, CPR AM

«Régulateurs, entreprises, investisseurs… le développement des données environnementales nécessite l’engagement de tous»

Option Finance - 31 janvier 2020 - Contenu proposé par CPR AM

CPR AM

La gestion du risque climatique implique que les entreprises fassent preuve de toujours plus de transparence sur leurs performances environnementales. Comment y parvenir ? Catherine Crozat, responsable des projets ESG chez CPR Asset Management, et Alexandre Blein, gérant actions thématiques, livrent leurs recommandations.

Catherine Crozat, responsable des projets ESG chez CPR Asset Management, et Alexandre Blein, gérant actions thématiques

Votre stratégie thématique sur la gestion du risque climatique a fêté son premier anniversaire en décembre. Quel est le retour d’expérience ?

Le lancement du fonds CPR Invest – Climate Action est un grand succès, à la fois en termes financiers et durables. Ses indicateurs environnementaux sont bien meilleurs que ceux de son indice de référence. A titre d’exemple, le niveau d’émissions de carbone par million d’euros investi ressort à 107,3 tonnes1, inférieur de 21 % à celui du MSCI World All Countries. En ce qui concerne le niveau d’émissions de carbone par million d’euros de chiffre d’affaires réalisé, il s’établit à 202,7 tonnes1, soit 33 % de moins que l’indice.

Ceci valide donc notre approche de sélection des entreprises, fondée sur la double expertise du CDP2, d’une part, et des équipes d’Amundi dédiées à l’analyse ESG, d’autre part.

Quel regard portez-vous sur les différentes initiatives visant à une plus grande transparence en matière de données environnementales ?

Nous nous réjouissons de ces avancées, qui vont toutes dans le bon sens.

C’est bien sûr le cas, en France, avec l’article 173 de la loi TEE, et plus récemment avec la taxonomie européenne qui définit les activités économiques durables. De même, la «raison d’être» instaurée par la loi Pacte peut également être un bon outil. Cette définition large de leur vision stratégique, que les entreprises peuvent intégrer dans leurs statuts, prend en effet en considération les enjeux sociétaux et environnementaux.

Toutes ces réglementations poussent à un cercle vertueux en matière de publication des performances climatiques par les entreprises, que ce soit en répondant au questionnaire du CDP ou par le biais de rapports de développement durable. Cela est bien entendu favorable pour le respect des Accords de Paris. Ça l’est également pour les investisseurs, car cela leur permet de mieux connaître les risques de leurs portefeuilles et de flécher leurs financements vers les entreprises les plus engagées. Enfin, cela est bénéfique pour les entreprises elles-mêmes. Le fait d’intégrer le risque climatique et la transition énergétique dans leur développement peut en effet leur ouvrir de nouvelles opportunités, par exemple en termes d’innovation, et a un impact positif sur leur rentabilité. Au final, elles attirent vers elles davantage de flux financiers.

Quels sont les points qui restent à améliorer ?

La disponibilité et la consolidation des données environnementales constituent des enjeux majeurs. On voit bien leur importance dans le secteur des assurances notamment, où elles permettent d’anticiper les risques de transition et de calculer au mieux les primes.

Il serait souhaitable, pour aider les entreprises dans cette démarche et leur faciliter la tâche, de fixer un cadre unique, dans lequel les données environnementales à fournir seraient uniformes. Ceci aurait également pour mérite de pointer les domaines dans lesquels elles doivent prioritairement déployer leurs efforts.

Se pose également la question de l’exploitation de ces données environnementales par les investisseurs. De notre point de vue, l’intégration ESG passe également par la formation de l’ensemble des équipes. Ces enjeux ne concernent pas uniquement les gérants de fonds thématiques. La prise de conscience doit intervenir de la part des équipes de gestion dans leur ensemble ainsi qu’au niveau des services marketing et commerciaux. CPR Asset Management vient d’ailleurs de sensibiliser tous ses collaborateurs au sujet des risques climatiques dans les portefeuilles.

De manière générale, le développement et la mise à disposition des données environnementales nécessitent l’engagement de tous. Au-delà des régulateurs, les gestionnaires d’actifs et les investisseurs ont eux aussi un rôle majeur à jouer. Sur ce point, signalons que CPR Asset Management et le groupe Amundi ont une politique d’engagement très active. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est un point très important du dialogue que nous menons avec les entreprises dans lesquelles nous investissons. Les consommateurs peuvent également peser dans la balance.

1. Données au 31 décembre 2019.
2. Le CDP est une ONG internationale à but non lucratif, référence et pionnière dans la publication des données carbone des entreprises.