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Marie-Sophie Pastant, responsable de la gestion indicielle et ETF, BNP Paribas AM

«Un investissement dans l’économie bas carbone en ligne avec les objectifs des accords de Paris»

Option Finance - 30 novembre 2018 - Communiqué

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BNP Paribas Asset Management vient de fêter les dix ans de son ETF bas carbone, le premier du genre lancé sur le marché. Pour Marie-Sophie Pastant, responsable de la gestion indicielle et ETF de la société de gestion, l’atout majeur de ce produit réside dans la méthodologie de son indice de référence, qui s’adapte aux évolutions techniques et réglementaires. Ce tracker permet ainsi d’investir dans l’économie bas carbone tout en s’alignant avec les objectifs fixés lors de la dernière COP 21.

La transition énergétique et écologique fait peser de nombreuses contraintes sur les entreprises et peut même engendrer des risques pour certaines d’entre elles…

Les entreprises ont toujours été obligées d’évoluer et de s’adapter pour pérenniser leurs activités. Aujourd’hui, face au grand défi environnemental du XXIe siècle, les sociétés dont l’activité est directement liée aux énergies fossiles sont en première ligne et doivent agir en conséquence sous peine de disparaître dans quelques années.

Pour les sociétés qui détiennent des réserves d’énergies fossiles (pétrole, gaz ou charbon), le risque d’une dépréciation de leurs actifs est majeur. Suite aux volontés politiques de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), les réserves fossiles ne seront pas entièrement exploitées, il conviendrait donc d’intégrer cette réalité dans la valeur de ces entreprises. L’ère est au développement des énergies propres. Les objectifs de la Commission européenne sont très clairs : réduire les émissions de GES de 80 % d’ici à 2050 (1) tout en augmentant considérablement la part des énergies renouvelables.

Mais ces sociétés ne sont pas les seules concernées : celles qui ne sont pas suffisamment vertueuses en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont aussi du souci à se faire. Tous les secteurs sont touchés, que ce soit le transport, l’automobile ou encore la construction. L’effort devient commun sur l’ensemble des secteurs.

On comprend bien les risques liés à la transition énergétique et écologique pour les sociétés... Quelle approche l’indice de référence de votre ETF a-t-il mis en place pour éviter d’investir dans celles qui sont les plus exposées à ces risques ?

L’approche de l’indice part d’une réflexion de bon sens : les risques qui pèsent sur les sociétés touchées de plein fouet par la transition énergétique représentent aussi un risque pour leurs actionnaires.

Pour pallier ce risque, la construction de l’indice de référence de notre ETF (2) est simple : il consiste à réduire le poids des entreprises les plus émettrices de GES et à favoriser celles qui contribuent le plus à la lutte contre le réchauffement climatique. Pour ces dernières, 50 % a minima de leur activité doit provenir de technologies «bas carbone» comme les énergies renouvelables par exemple.

L’objectif de l’indice est de ne retenir que les sociétés les moins émettrices de GES et présentant les meilleures performances dans le domaine de la transition énergétique, et ce dans chaque secteur d’activité. Cette approche «best in class» permet d’être en adéquation avec la Commission européenne qui précise que tous les secteurs d’activité doivent participer à la lutte contre le changement climatique.

A partir de fin décembre, la composition de l’indice suivra des règles encore plus exigeantes, puisque toutes les entreprises dont l’activité est directement liée aux énergies fossiles seront exclues. Ceci recouvre à la fois la recherche, la collecte, le raffinage, le transport et le stockage d’énergies fossiles, ainsi que la production d’électricité à partir de ces énergies.

Pouvez-vous nous préciser comment sont identifiées les entreprises les plus vertueuses de leur secteur ?

Carbone 4 et CDP (3), les deux fournisseurs de données carbone (émissions de carbone), évaluent les émissions des entreprises mais également la contribution des entreprises à la transition énergétique. Ces organismes observent notamment de très près leur effort en matière de recherche et développement, ce qui permet d’évaluer la vision de long terme de leurs stratégies en la matière.

La notation Carbone 4 est utilisée pour toutes les entreprises dites «à fort enjeu climatique». Cela concerne le secteur de l’énergie, les fournisseurs de solutions énergétiques ou encore les activités «carbo-intensives» comme l’industrie lourde. Elle prend en compte les émissions directes et indirectes mais aussi les émissions évitées (ce qui est notamment pertinent pour les matériaux d’isolation).

Les autres entreprises, à «faible enjeu énergétique» comme le secteur de la santé ou de la technologie, sont retenues sur leur notation CDP.

Les critères de sélection retenus sont-ils seulement environnementaux ?

L’univers de référence de l’indice, auquel les sociétés retenues appartiennent, exclut d’office les secteurs controversés comme ceux de l’armement (4), de la défense et du tabac, ainsi que les entreprises qui ne respectent pas les principes du Pacte mondial des Nations unies. Idem pour celles qui sont exposées à de sévères controverses ESG (environnementales, sociales et de gouvernance).

Autre point à souligner : les sociétés qui refusent de répondre au questionnaire soumis par CDP sont systématiquement exclues. En effet, les entreprises qui composent l’indice doivent faire preuve de leur ouverture au dialogue et montrer une transparence totale.

La méthodologie utilisée est-elle encore susceptible d’évoluer ?

La méthodologie de sélection des entreprises qui composent l’indice a déjà été modifiée au fil du temps pour tenir compte de l’évolution des techniques de notation, de plus en plus fines, et elle va continuer à évoluer.

C’est d’ailleurs toute la force de l’indice répliqué par notre ETF !

La robustesse de la méthodologie nous permet de proposer un tracker capable de s’adapter aux évolutions techniques et réglementaires dans le temps. Dans cette optique, le comité d’experts indépendants de l’indice détient un rôle fondamental. Il a un rôle de veille et fait évoluer graduellement les règles applicables pour la composition de l’indice en fonction de l’actualité carbone.

Cette souplesse et cette adaptabilité rassurent les investisseurs sur le long terme, qui ont ainsi la certitude de projeter résolument leurs placements dans un monde post-carbone. Ceci explique sans doute le succès du fonds BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe® Ucits ETF, dont les encours dépassent désormais les 400 millions d’euros (5). 

1.
Par rapport aux niveaux de 1990.

2.
Exchange Traded Fund : fonds indiciel coté.

3.
Anciennement Carbon Disclosure Project.

4.
Les armes controversées.

5.
Source BNP Paribas Asset Management, 22/11/2018.

BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe Ucits ETF est un compartiment de BNP Paribas Easy, Sicav de droit luxembourgeois conforme à la directive 2009/65/CE.

Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.

Les investissements réalisés dans les fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Les fonds décrits présentent un risque de perte en capital.

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