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Candriam Equities L Europe Conviction

Option Finance - 29 février 2016 - Pierre Gélis

Dans cet environnement difficile, le fonds Candriam Equities L Europe Conviction montre une forte résilience bien qu’il soit totalement exposé aux actions européennes, ce qui en fait un produit cœur dans une allocation d’actifs.

Pourquoi investir dans  ce fonds ?

A noter que l’équipe de gestion n’a pas d’a priori en faveur d’une taille de capitalisation ou de style car elle sélectionne les titres uniquement en fonction de leurs fondamentaux. En outre, le portefeuille comporte de trente à quarante lignes, ce qui le rend très lisible mais nécessite en revanche une politique de gestion disciplinée. En effet, concentrer le portefeuille sur une trentaine de valeurs signifie prendre des paris importants par rapport à l’indice MSCI Europe NR, son indicateur de référence. Ce parti pris se justifie pleinement, car habituellement les gérants ont un nombre limité de convictions fortes, si bien qu’une part sensible de leur portefeuille comporte des valeurs qui ne génèrent pas ou génèrent peu d’alpha. En revanche, dans un portefeuille concentré, l’équipe de gestion peut acquérir une connaissance approfondie des valeurs, ce qui est un facteur de réduction de l’aléa, et évite la dilution des plus-values. D’ailleurs, l’historique de performance à moyen et long termes du fonds confirme la pertinence de cette politique de gestion.

Le processus de gestion

La sélection des titres repose sur un processus analytique rigoureux, chaque valeur de l’univers d’investissement étant jugée en fonction de cinq critères fondamentaux pour mettre en évidence les sociétés qui créent durablement de la valeur : qualité du management et gouvernance d’entreprise, rentabilité supérieure au coût du capital, avantage compétitif clair et durable, adéquation du levier financier et marché sous-jacent en expansion. Les facteurs ISR se trouvent pris en compte tout en amont car une bonne gouvernance renforce la confiance des gérants dans le management de l’entreprise. L’équipe de gestion, formée de dix analystes et gérants, donne ainsi un avis sur chaque critère qu’elle exprime sous forme d’un code couleur : vert pour forte conviction positive, orange pour conviction moyenne et rouge pour forte conviction négative. Outre que cette codification formalise très clairement les avis au sein de l’équipe, elle impacte directement le portefeuille car toute valeur comportant au moins un critère rouge se trouve écartée des valeurs investissables. Par ailleurs, les sociétés bénéficiant d’un avis de forte conviction positive peuvent faire l’objet d’une surpondération maximum de 6 % s’il s’agit d’une grande capitalisation et de 4 % dans le cas d’une petite ou moyenne capitalisation. Quant aux sociétés notées orange, leur surpondération maximum peut s’élever à 3 % pour les grandes capitalisations et à 2 % pour les petites et moyennes capitalisations. La valorisation et le suivi du consensus interviennent en aval pour identifier les actions les plus attrayantes et optimiser le meilleur moment pour investir. Le contrôle du portefeuille permet de vérifier ensuite qu’il n’existe pas de biais non désirés, que ce soit au regard du risque actif, des styles, des thèmes et secteurs. En outre, le fonds bénéficie d’une gestion très stricte des stop loss en absolu et en relatif.

La société de gestion

Candriam Investors Group est un gestionnaire d’actifs multi-spécialiste européen, présent sur le marché depuis vingt ans et fort d’une équipe de 500 professionnels expérimentés. Avec environ 90,3 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin septembre 2015, Candriam dispose de centres de gestion à Luxembourg, Bruxelles, Paris et Londres. Candriam Investors Group fait partie du groupe New York Life.

Les convictions de Geoffroy Goenen, gérant du fonds

Geoffroy Goenen, gérant du fonds

Le gérant
Geoffroy Goenen est responsable de la gestion fondamentale Europe chez Candriam depuis 2012. Il a commencé sa carrière en 1997 en tant que stagiaire en analyse financière, produits structurés et trading chez Dexia Banque. Deux ans plus tard, il est devenu gérant de fonds actions Europe chez Candriam et il est devenu responsable du département thématique European equity management en 2011. Geoffroy est diplômé en droit de l’Université catholique de Louvain en Belgique et en droit international de l’Université de Leyde aux Pays-Bas.


Quelle est votre réaction face à la volatilité des marchés ?
Nous avons augmenté le bêta du portefeuille pour le porter à 1,05 car nous sommes très opportunistes et sensibles à la valorisation. En outre, le pessimisme du marché a augmenté le bêta de plusieurs secteurs. Ainsi, nous avons renforcé nos positions sur des banques de très bonne qualité dont certaines bénéficient d’un potentiel de hausse supérieur à 50 %. Nous avons également augmenté l’exposition aux secteurs des mines et de l’énergie dont la valorisation boursière a chuté et qui présentent maintenant un rapport risque/rendement très intéressant. En revanche, nous avons commencé à prendre des profits sur des entreprises devenues moins attractives, comme certaines valeurs de la santé et de la consommation stable, car leur potentiel de valorisation a baissé.

Comment se comporte votre fonds en ce début d’année ?
Notre objectif consiste à surperformer l’indice MSCI Europe NR tant à la hausse qu’à la baisse, quel que soit l’environnement de marché. Nous mettons en œuvre une stratégie de sélection de valeurs qui génère un rendement relatif important, avec un ajustement des risques pris sur les positions, les biais de style et les secteurs. La stratégie n’est donc pas décorrélée de l’univers des actions européennes et en fin d’année 2015 nous avions plutôt tendance à réduire le biais relatif et la tracking error. Sur ce début d’année, le fonds progresse un peu mieux que son indicateur de référence.

Les premières publications de résultat répondent-elles à vos attentes ?
Nous suivons de très près l’évolution du consensus sur les titres en portefeuille et ceux sur lesquels nous pourrions investir. Nous regardons systématiquement, juste avant la période des publications trimestrielles, où se trouve le consensus par rapport à nos estimations. Si nous sommes surpondérés sur une valeur très éloignée du consensus qui serait très optimiste, nous réduisons la position et inversement si le consensus est beaucoup trop bas par rapport à nos critères, nous achetons la valeur avant la publication des résultats. Nous sommes donc proactifs, ce qui nous différencie des gestions qui réagissent après les publications trimestrielles. Pour nous, la saison des résultats est plutôt positive, les annonces correspondant au consensus, voire le dépassant légèrement. Les déceptions proviennent de segments spécifiques. Ainsi, dans le secteur de l’énergie, les grandes pétrolières publient des résultats encore plus bas qu’attendu par le marché. Pour le reste, les publications correspondent plus ou moins aux attentes, ce qui ne justifie absolument pas la baisse du début d’année.

Comment prenez vous en compte le risque de Brexit ?
En 2015 nous avons évité toute surexposition aux entreprises dont l’activité provient majoritairement du Royaume-Uni, car en cas de Brexit, les investisseurs anglo-saxons vont privilégier les entreprises dont les revenus ne sont pas libellés en livre sterling. Ainsi, les banques, les services publics et la distribution domestique perdraient beaucoup en cas de Brexit par rapport à des entreprises comme Reckitt Benkiser dont plus de 90 % du chiffre d’affaires est réalisé sur les marchés internationaux. L’origine des revenus est plus importante que la nationalité. Nous avions également couvert en grande partie le risque de change car nous étions surpondérés sur le Royaume-Uni. Actuellement nous estimons que le risque ajusté au rendement s’est atténué, nous sommes donc revenus à une exposition plus neutre et nous avons réduit la couverture sur la livre.

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