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Carmignac Portfolio Global Bond

Funds Magazine - Mai 2017 - Johan Deschamps

Pour les investisseurs à la recherche de vecteurs de performance sur les marchés obligataires dans un environnement de taux extrêmement bas, Carmignac Portfolio Global Bond apparaît comme un placement approprié. Ce fonds obligataire de capitalisation opère sur un univers d’investissement international, investissant à la fois sur les devises, les dettes privées et surtout souveraines d’émetteurs de pays développés mais aussi émergents.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Depuis sept ans que Charles Zerah pilote le fonds, ces trois vecteurs d’investissement ont généré une performance nette annualisée proche de 7 %. Une rentabilité qui trouve son origine dans la flexibilité absolue du fonds. Le gérant n’hésite pas à s’écarter totalement de son indice de référence JP Morgan GBI Global, et dispose d’une grande liberté pour piloter la sensibilité de son fonds, celle-ci pouvant être négative, permettant ainsi d’être protégé d’une remontée des taux. Ainsi, quelles que soient les configurations de marché, le fonds est non seulement capable de préserver le capital, mais aussi de s’apprécier. Enfin, le gérant reste attentif à la gestion du risque et se montre actif sur les marchés dérivés des classes d’actifs sur lesquelles il investit. Cela lui permet d’afficher actuellement une volatilité inférieure à 5 %, contre 6 % à 8 % en temps normal. Doté d’un encours supérieur à 900 millions d’euros, Carmignac Portfolio Global Bond s’adresse à une clientèle européenne privée mais aussi aux investisseurs institutionnels en quête d’une diversification obligataire.

Le processus de gestion

Avant de déployer ses stratégies de taux, de crédits et de devises à travers le monde, le gérant de Carmignac Portfolio Global Bond s’appuie sur le scénario macroéconomique de la société de gestion. Ce dernier est élaboré chaque trimestre par le président Edouard Carmignac et le responsable de l’équipe Cross Asset Frédéric Leroux sur la base des données que remontent les 35 gérants et analystes de la société de gestion en fonction des classes d’actifs qu’ils suivent. Ce scénario économique sert ainsi de feuille de route au gérant qui se forge ses propres convictions et affine ensuite quotidiennement ses stratégies dans ses trois vecteurs d’investissements.

En ce moment, la reflation et la resynchronisation de la croissance mondiale qui se dessinent depuis un an amènent le gérant à avoir une exposition prudente sur les marchés de taux, en raison de risques de tensions et de risques politiques européens. Pour se positionner sur la reflation sur des dettes privées, il privilégie les émetteurs liés aux matières premières, à l’énergie, sans oublier le secteur bancaire via des dettes subordonnées.

Enfin, il décline aussi ce processus macroéconomique sur les devises en privilégiant les différences de politique monétaire. Sa liberté d’action lui permet aussi d’éviter tous les biais et de sortir totalement d’une classe d’actifs s’il le faut. Ainsi de mars 2010 à septembre 2012, le fonds n’avait aucune dette souveraine européenne en dehors de l’Allemagne et, de mi-2013 à février 2016, il faisait l’impasse sur les dettes émergentes. Mais la principale particularité du fonds est sa flexibilité car il peut adapter sa sensibilité (de - 4 à + 10) pour ne pas être pénalisé par une remontée des taux.

Ainsi, au dernier trimestre 2016, le gérant avait positionné son fonds dans l’anticipation de tensions obligataires qui se sont amplifiées après l’élection américaine du fait de la politique fiscale envisagée et de la reflation potentielle aux Etats-Unis. Résultat, le fonds a performé de plus de 1 % quand son indice de référence perdait plus de 2 points.

Enfin, avant tout investissement, le gérant évalue le couple rendement-risque et s’assure que le rendement offert est adéquat à la volatilité attendue. Et pour se prémunir du risque, il peut prendre des options, des ventes à terme de futures sur des obligations d’Etat. Il peut s’intéresser aussi aux devises considérées comme des valeurs refuges, à l’instar du franc suisse, du yen japonais et, parfois, du dollar américain.

La société de gestion

Fondée en 1989, française et indépendante, Carmignac affiche à ce jour un encours global de 59 milliards d’euros. La société de gestion se distingue par une offre très concentrée répartie entre 26 OPCVM. Après un développement européen, la société de gestion a ouvert un bureau à Miami pour couvrir l’Amérique latine et le marché offshore US, et a enregistré son premier fonds à Taïwan. Un début déjà salué par le prix Diamand décerné par Bloomberg Taïwan dans la catégorie du meilleur fonds d’allocation d’actifs internationaux.

Les convictions du gérant, Charles Zerah

Le gérant
Après un début de carrière chez Axa Investment Managers, Charles Zerah a développé et piloté une gamme d’obligations émergentes pour le Crédit Lyonnais AM avant de devenir en 2004 le responsable de la gestion obligataire émergente du Crédit Agricole AM. Depuis 2010, il est gérant de portefeuilles pour Carmignac. Outre le fonds Carmignac Portfolio Global Bond qu’il dirige, il est cogérant de Carmignac portfolio Emerging Patrimoine en étant en charge de l’allocation dettes et changes.

Sur quelle analyse fondez-vous actuellement vos pistes d’investissement ?

Il y a un retour du cycle économique qui avait un peu disparu du fait de l’assainissement des finances publiques en Europe, de l’assainissement des finances du secteur privé aux Etats-Unis, au Japon et dans les pays émergents. Nous considérons que tout cela est un peu derrière nous et constatons que le cycle économique revient en force. Nous estimons aussi que nous arrivons à la fin des programmes non conventionnels des banques centrales avec le début de tapering en Europe. Maintenant, un cycle n’est jamais en ligne droite. Actuellement, nous constatons un fléchissement justifié par les marchés par le fait que monsieur Trump s’est peut-être beaucoup trop avancé dans ses promesses. Cependant, le cycle est bien parti, comme l’attestent les pays très liés aux activités cycliques comme la Corée ou Taïwan, qui publient des chiffres extrêmement encourageants que nous n’avions pas vus depuis de nombreuses années. Fort de ce constat, nous nous positionnons dans une perspective de probable tension inflationniste et de tensions sur les marchés obligataires, et c’est pour cela que nous restons très prudents dans nos allocations obligataires de dettes souveraines. Dans notre allocation actuelle, nous avons des protections vendeuses sur les Etats-Unis et l’Europe, principalement sur l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Nous avons investi sur les marchés émergents et sur les émetteurs privés qui nous permettent de générer de la performance et nous avons aussi beaucoup de cash que nous investissons sur des maturités courtes du Trésor américain. Cela nous permet d’équilibrer nos stratégies d’investissement et aussi de bénéficier d’une volatilité plus faible.

Dans les premières lignes de votre portefeuille apparaissent des emprunts de pays émergents et même de la dette grecque. Est-ce une conviction forte de votre part ?

Ce sont, avant tout, des opportunités d’investissement, mais il y a toujours un risque. Il faut être conscient aujourd’hui que lorsque l’on est investisseur obligataire, même si on a l’impression d’acheter des actifs dit de valeur refuge, ils ne le sont plus car il n’y a plus aucun coussin de rendement pour se protéger. L’environnement de taux extrêmement bas change les repères et fait évoluer les comportements d’investissement. En ce qui concerne la Grèce, nous notons que le pays suit une feuille de route pour nettoyer ses comptes nationaux et essayer de recréer de la croissance potentielle. Son gouvernement a évolué, montrant sa bonne volonté pour éviter de sortir de la zone euro, et a une approche plus raisonnable même si les tractations sont toujours compliquées pour faire passer des réformes. Aujourd’hui, la dette détenue par les investisseurs privés est très faible, représentant moins de 30 % de la dette globale du pays. Pour notre part, nous sommes positionnés sur de la dette relativement courte, avec des échéances à avril 2019, et les rendements atteignent 8 % à 9 %. Si la situation de la Grèce demeure fragile, nous considérons que le couple rendement-risque est relativement intéressant.

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