Sélection de fonds

Fonds diversifié

Convictions Multifactoriels

Funds Magazine - 3 juillet 2017 - Olivier Videau

Fonds diversifiés

C’est sur la base d’un modèle de gestion éprouvé pendant neuf ans, entre 2007 et 2016, que le fonds Convictions MultiFactoriels a été lancé en mai 2016. Le 17 juin 2017, ce fonds présentait une performance de + 9,14 %, surperformant ses pairs de plus de trois points.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Convictions MultiFactoriels doit ce succès à sa physionomie particulière, qui le distingue des autres véhicules d’investissement multifactoriel. «En général, les fonds multifactoriels sont associés aux seules actions et sont investis à 100 % dans cette classe d’actifs. Ce n’est pas le cas chez nous», résume Pierre Hervé, directeur de la gestion de Convictions AM et créateur du modèle de gestion.
En effet, Convictions MultiFactoriels est un fonds diversifié sur toutes les classes d’actifs et toutes les zones géographiques. Il investit principalement dans des futures, ETF et fonds indiciels. Seules trois classes d’actifs peuvent représenter 100 % de l’exposition du fonds : les actions et les obligations d’Etat des pays développés,  le gérant a la possibilité d’investir l’intégralité du fonds en cash en cas de nécessité. Cette originalité de Convictions MultiFactoriels s’explique par l’attention toute particulière que son gérant porte à la gestion du risque. Cette dernière est pleinement intégrée dans le cahier des charges du Modèle, qui est paramétré pour chercher à limiter la baisse à 5 % sur un an glissant et à ce que le retour à la valeur initiale ne mette pas plus d’un an à se matérialiser. Il ne s’agit pas d’une garantie, ni d’un objectif du fonds, la valeur liquidative pouvant excéder ces indicateurs compte tenu des risques pris en termes d’allocation. 

Le processus d’investissement du fonds

«La gestion du risque est réellement au centre du processus de gestion. Nous analysons l’ensemble des actifs éligibles au portefeuille et identifions ceux qui présentent selon nous des signes de “stress”», explique Pierre Hervé. Une fois par semaine, l’équipe de gestion fait donc tourner son modèle et repère des signes avant-coureurs. Les classes d’actifs qui semblent présenter un risque de contre-performance sont alors retirées du portefeuille. La pondération des valeurs restantes est rééquilibrée ou bien le gérant accroît la partie cash du fonds. «Nous investissons uniquement en devises locales, précise Pierre Hervé. Sur une longue période, nous avons constaté que cela crée de la performance.»

Fondamentalement, le modèle du fonds Convictions MultiFactoriels est basé sur l’évolution des prix des actifs. «Nous ne cherchons pas à expliquer les causes de la variation des indices qui sont souvent liées à des facteurs exogènes (value, momentum…). Nous privilégions une approche plus statistique qui n’est basée ni sur des éléments macroéconomiques, ni sur des déclarations de banquiers centraux», explique Pierre Hervé.

Son autre credo est de ne pas faire reposer sa gestion sur des corrélations entre actifs. Pour rester à l’écart de ces influences, les gérants ont introduit des «capteurs» dans toutes les classes d’actifs et en reçoivent des «signaux». Par exemple, l’évolution plus ou moins régulière du cours d’un actif pourra alerter les gérants et justifier une décision d’investissement lors de leur réunion hebdomadaire. L’équipe évalue aussi la capacité de retournement d’un indice ou encore sa tendance.

Fondé sur la conviction que «toute l’information est dans le prix», la gestion du fonds MultiFactoriels peut s’appliquer dans toutes les configurations de marché. «La seule fois où le modèle a nécessité de tourner plus d’une fois dans la semaine au cours des dix dernières années est lors du tsunami au Japon. Par définition, nos capteurs n’ont pu enregistrer aucun signal annonçant un tel événement», se souvient Pierre Hervé.

La société de gestion

Convictions AM est une société de gestion entrepreneuriale indépendante fondée en 2007 qui a connu depuis deux ans une profonde adaptation de ses méthodes et de son approche. Elle présente désormais une offre de gestion unique qui répond aux besoins de ses clients investisseurs institutionnels, personnes morales, plateformes partenaires, conseillers financiers et personnes physiques, soumis à des contraintes prudentielles de plus en plus fortes. Le processus de gestion original et différenciant qu’elle a élaboré repose sur une articulation innovante entre une approche multifactorielle modélisée des actifs financiers, qui peut être appliquée de façon systématique, et une vision complémentaire de l’environnement et du potentiel de valorisation des actifs, permettant ainsi aux gérants d’exprimer sereinement leurs convictions. 

Les convictions du gérant, Pierre Hervé, directeur de la gestion de Convictions AM

Le gérant
Pierre Hervé est directeur de la gestion depuis 2016. Il a rejoint la société en 2015 en tant que responsable process, risk and research. Il a été directeur général d’AXA Multimanager de 1999 à 2003, structure qu’il a lancée. Auparavant, il avait occupé différentes responsabilités au sein d’AXA IM : organisation des comités d’investissement, responsable de la recherche et de l’analyse quantitative, directeur de la gestion des risques, membre du directoire des investissements. Avant de rejoindre AXA, il a participé à la création de Cholet Dupont Gestion en tant que directeur de la gestion de taux et diversifiée. Il a débuté sa carrière à la Caisse des Dépôts et Consignations comme gérant de portefeuilles de taux et d’allocation d’actifs.  Pierre Hervé est par ailleurs Président d’Advanced Fund Analysis, société de consulting indépendante fondée en 2003, dont Convictions AM est actionnaire. Il est titulaire d’un DESS en Economie, option Finance de l’Université Paris XIII.

Quelle analyse faites-vous du marché actuellement ?

Sur le plan macroéconomique, la croissance mondiale accélère et se synchronise partout. Les résultats s’améliorent et les inquiétudes que l’on pouvait avoir concernant certains pays émergents (Chine, Inde…) sont nettement atténuées. Enfin, sur le plan des politiques monétaires, la Fed gère les choses de manière tout à fait prévisible et prend bien le temps de communiquer à l’avance ses intentions. Sur le plan des actifs financiers, je pense que la grande question qui agite les investisseurs est le niveau des valorisations aux Etats-Unis. La réponse à cette interrogation oriente toute gestion d’actifs. Et mon sentiment est qu’il n’est pas certain que le marché américain soit aujourd’hui surévalué.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

D’abord, les cours des actions américaines ont été soutenus par les rachats d’actions massifs réalisés par de nombreuses entreprises ces dernières années, ce qui réduit l’offre. Ensuite, l’environnement est porteur puisque les taux sont bas, voire négatifs. Cela incite les investisseurs à éviter les obligations et à ne pas laisser leur argent dormir sur des comptes rémunérés. Dans ce contexte, les flux se dirigent logiquement vers les actions. Enfin, les Etats-Unis auront toujours une sorte de prime par rapport aux autres marchés. C’est le marché où s’ouvrent de nouveaux débouchés, de nouveaux clients, où se déploie l’innovation. Le jour où les investisseurs se détourneront des Etats-Unis, il faudra se méfier.

Et quelle est votre position concernant la zone euro ?

Je pense que l’on attend beaucoup des marchés européens. En Europe, l’actualité alimente constamment les craintes des investisseurs internationaux et des Européens eux-mêmes : alors que la croissance repart, le Brexit intervient, le risque politique surgit… Il se passe toujours quelque chose qui vient briser les espérances initiales même si, à court et moyen terme, la situation est plutôt favorable aux actifs de la zone euro.

En matière de classes d’actifs précisément, comment cela se matérialise-t-il ?

Nous revenons sur les taux européens alors que nous avions liquidé toutes nos positions à l’exception de quelques investissements sur des obligations d’entreprises et du high yield. Concernant les actions, nous avons beaucoup d’actions européennes et américaines en portefeuille et un peu moins de titres japonais.

Rechercher un autre fonds