Sélection de fonds

Gestion diversifiée

CPR Croissance Réactive

Funds Magazine - 03 Juin 2020 - Marianne Di Meo

CPR AM

Si les performances passées ne présagent pas de l’avenir, l’historique de performances constitue cependant un point de départ positif pour tout investisseur à la recherche d’un fonds patrimonial.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

La gamme CPR Croissance, qui existe depuis plus de vingt ans, compte trois fonds diversifiés gérés selon la même approche, flexible et réactive, aux profils de risques complémentaires : CPR Croissance Dynamique, éligible au PEA et exposé aux actions à hauteur de 60 % minimum ; CPR Croissance Défensive, dont l’exposition à cette classe d’actifs est comprise entre 0 et 30 % ; et CPR Croissance Réactive. Concernant ce dernier fonds, les actions peuvent représenter entre 20 et 80 % de l’actif. «Depuis la création du fonds en 1997, l’équipe de gestion n’a pas hésité à se positionner sur la borne haute comme sur la borne basse lorsqu’elle avait des convictions fortes et à exploiter cette large marge de manœuvre pour abaisser le risque global du portefeuille lorsque les marchés étaient chahutés ou pour reprendre davantage d’exposition lorsqu’ils étaient bien orientés», observe Cyrille Geneslay, le co-gérant du fonds.

La méthode de gestion consiste à identifier, en fonction des anticipations des équipes de gestion, les classes d’actifs les plus attrayantes, et à définir l’exposition à chacune d’entre elles, avec un objectif double : participer à la hausse des marchés et limiter les pertes en cas de baisse.

Le spectre d’investissement de CPR Croissance Réactive est très large, puisqu’il couvre plus de quarante classes d’actifs à l’échelle internationale (actions, quelle que soit leur capitalisation boursière ; obligations convertibles ; dette privée et souveraine ; haut rendement ; pays émergents ; matières premières non agricoles ; etc.), dans lesquelles il investit principalement via des ETF.

Le processus de gestion

Partant du constat que la création de valeur dans le cadre d’une gestion diversifiée flexible repose principalement sur l’allocation d’actifs, celle-ci occupe une place centrale dans le processus de gestion. Gérée de manière dynamique, elle est basée sur une approche multi-scénarios. Tous les mois, les stratégistes et analystes de CPR Asset Management, ainsi que les équipes de gestion actions, thématiques, crédit et diversifiée (soit une trentaine de personnes) se réunissent afin de déterminer deux à quatre scénarios de marchés disjoints à un horizon de trois mois et d’élaborer, pour chacun d’entre eux, des prévisions pour les différentes classes d’actifs. La matrice, qui suit le modèle d’allocation d’actifs de Marcowitz, tourne ensuite pour déterminer les curseurs d’allocation pour les principales classes d’actifs (actions/obligations, grandes zones géographiques). Néanmoins, ces curseurs, qui sont redéfinis chaque mois, peuvent à tout moment être abaissés ou relevés si les conditions de marché l’exigent. Les principales convictions, partagées par l’ensemble de l’équipe de gestion diversifiée, s’appliquent aux trois fonds de la gamme CPR Croissance.

CPR Croissance Réactive est principalement investi dans des ETF, car ceux-ci assurent une totale flexibilité et garantissent la possibilité d’investir à tout moment. La sélection des supports d’investissement repose sur deux critères : la liquidité et la «tracking difference» de l’ETF par rapport à son indice de référence, la surperformance devant être régulière dans le temps. Lorsque deux produits sont aussi bien positionnés l’un que l’autre, l’équipe de gestion tend à privilégier les produits maison du groupe Amundi et ne va chercher des ETF de fournisseurs extérieurs que s’ils apportent une véritable valeur ajoutée.

La société de gestion

Filiale autonome à 100 % d’Amundi, CPR AM se consacre à la gestion pour compte de tiers (institutionnels, entreprises, professionnels du patrimoine) et couvre les principales classes d’actifs (actions, diversifiés, obligations convertibles, taux et crédit) avec un engagement fort dans la recherche et la gestion des risques. Forte de son savoir-faire sur l’ensemble de ces disciplines et grâce à l’esprit d’innovation et l’engagement de ses 110 collaborateurs (dont plus d’un tiers dédié à la gestion), cette boutique se distingue par une philosophie de gestion unique. Elle fonde sa stratégie sur deux piliers fondamentaux : l’innovation au service de la performance et le soin apporté à l’accompagnement de ses clients. A fin décembre 2019, les encours de la société de gestion sont portés à plus de 53 milliards d’euros. 

Les convictions de l’équipe de gestion

Malik Haddouk (à gauche) et Cyrille Geneslay (à droite)

La crise sanitaire et ses implications sur les marchés financiers vous ont-elles pris de court ?

Nous avons anticipé une baisse des marchés très en amont, l’an dernier, en raison du ralentissement généralisé de l’économie et des problèmes géopolitiques (guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, d’une part ; Brexit, de l’autre). Compte tenu de notre scepticisme sur l’évolution des marchés, nous avons ramené le curseur de l’exposition aux actions autour de 50 % dès le début d’année, et nous avons alors profité de la faible volatilité pour mettre en place des protections optionnelles à bas coût. Ces dernières ont joué leur rôle d’amortisseur lorsque les marchés se sont retournés. Au moment où la situation s’est dégradée, au mois de mars, nous avons nettement réduit notre exposition aux actions, pour la ramener de 50 à 30 %.

Sur quels scénarios se base votre allocation d’actifs ?

Aujourd’hui, notre scénario central – dont la probabilité de réalisation se situe à 65 % – est celui où la situation «s’arrange» : le déconfinement se déroule bien, il n’y a pas de deuxième vague de contamination, et l’économie entre en récession et non en dépression, les mesures prises par les gouvernements et les banques centrales permettant de contenir le choc extrême. Dans ce scénario de retour progressif à la normale, les marchés d’actions poursuivent leur remontée, mais l’ampleur du rebond reste plus limitée, de l’ordre de 5 à 10 % à un horizon de trois mois selon les marchés. Le scénario alternatif – déconfinement raté et aggravation de la crise sanitaire, choc sur l’économie plus important que prévu, etc. – est quant à lui très négatif pour toutes les classes d’actifs, avec un retour à des performances négatives du même ordre que celles enregistrées en mars.

Comment le portefeuille est-il construit à l’heure actuelle ?

Compte tenu des risques omniprésents, nous restons prudents. Notre exposition aux actions est de ce fait bloquée autour de 30 à 40 %. Elle s’établit actuellement à 33 % : près de 27 % sur les Etats-Unis (dont 9 % pour le seul Nasdaq), respectivement 2,5 % sur le Japon et sur l’Europe, et 1 % sur le Royaume-Uni.En ce qui concerne le crédit et les taux, nous avons réintroduit des obligations à haut rendement en portefeuille, motivés par les importants niveaux d’écartement des spreads et par le soutien annoncé des banques centrales. Nous sommes notamment en train de rentrer dans le portefeuille un ETF investi dans les «fallen angels», la Fed ayant précisé qu’elle envisageait d’acheter les obligations de ce type d’émetteurs. Par ailleurs, nous nous sommes positionnés sur la dette italienne. LA BCE a en effet indiqué qu’elle suivait avec attention l’évolution des spreads entre l’Italie et l’Allemagne et qu’elle se tenait prête à intervenir massivement en cas de besoin. Si nous conservons une exposition significative à la dette d’Etat américaine, en raison de son caractère défensif, nous avons néanmoins réduit la voilure sur le dix ans pour nous repositionner sur la dette à deux ans et à cinq ans. La sensibilité du portefeuille tourne autour de 3.Par ailleurs, dans la mesure où nous n’excluons pas un choc soudain, nous conservons nos positions optionnelles qui auraient un effet mécanique de protection du portefeuille si ce choc devait survenir.

Rechercher un autre fonds