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CPR Euro High Dividend

Funds - Avril 2015 - Pierre Gelis

La baisse des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas pénalise les investisseurs à la recherche de rendement.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Une part des emprunts d’Etat de la zone euro sert maintenant des rémunérations négatives et un grand groupe européen, Nestlé, a même pu émettre une obligation à rendement négatif en janvier dernier. Dans un environnement de taux bas et alors que la Banque centrale européenne déclare vouloir mener une politique monétaire très accommodante pendant longtemps, les actions à haut dividende constituent une alternative particulièrement attrayante. Ainsi, à fin janvier, le portefeuille de CPR Euro High Dividend extériorise un rendement de 4,7 %, supérieur à celui de son indice de référence, le MSCI EMU, à 3,1 % et bien au-dessus du 0,60 % de l’OAT à 10 ans. En outre, sur le long terme, les dividendes représentent de 35 à 40 % de la performance des indices actions. Par ailleurs, même en période trouble, les entreprises distribuent des dividendes pour entretenir la fidélité des actionnaires, ce qui confère un critère de stabilité à cette source de revenu.

Si la classe actions sera toujours plus volatile que sa concurrente obligataire, il n’en reste pas moins que les entreprises qui versent des dividendes élevés appartiennent généralement à des secteurs à forte intensité capitalistique (énergie, télécommunications ou services publics). En revanche, elles offrent aussi une meilleure visibilité que les valeurs de croissance. Les valeurs qui entrent dans l’univers de placement du fonds s’avèrent donc moins volatiles que l’indice de référence. Enfin, si les taux d’intérêt à long terme viennent à monter de 100 ou 200 points de base, le cours des obligations s’effondrera alors que les actions à haut dividende disposeront d’une excellente capacité de résistance pour absorber le changement de régime. A noter, que grâce à son positionnement sur les actions de la zone euro, ce fonds est éligible au PEA.

Le processus d’investissement

Le processus d’investissement se déroule en trois étapes car il s’agit non pas d’investir dans des secteurs réputés pour le versement de dividendes importants, comme les services publics, mais de sélectionner des valeurs en fonction de leurs qualités intrinsèques. L’équipe de gestion procède dans une première étape à un filtrage de l’univers des titres en retenant les meilleurs rendements des entreprises de la zone euro dont la capitalisation est supérieure à 600 millions d’euros et dont les transactions journalières dépassent 600 000 euros. Passent ce filtre de rendement les entreprises reconnues comme telles par le consensus de marché et par les analyses financières internes à CPR AM. Un deuxième filtre vise à s’assurer de la solidité de l’entreprise et de la pérennité des dividendes. Il ne s’agit pas d’une boîte noire mais d’une méthode mise au point par Piotroski, professeur de l’université de Stanford, qui a défini neuf critères d’évaluation de la qualité des comptes d’une entreprise. Pour chaque critère passé, l’entreprise marque un point et doit passer sept critères pour entrer dans la liste des valeurs éligibles au portefeuille. Ce score est calculé trimestriellement et permet de valider les aspects profitabilité, dette et efficacité du modèle de développement.
Etablir une liste de valeurs de qualité est une chose, composer un portefeuille pouvant répondre au double défi de distribuer un rendement supérieur à l’indice MSCI EMU et d’obtenir une performance supérieure à celui-ci, exige une méthode solide. En équipondérant chaque ligne, les tests ont montré qu’il était possible d’obtenir un excellent rendement. En revanche, l’indice de référence étant pondéré par les capitalisations, le risque relatif s’avérait excessif. Cependant, en faisant la moyenne des deux portefeuilles théoriques (équipondéré et pondéré par les capitalisations), l’équipe de gestion obtient un ensemble à mi-distance, à la fois plus rémunérateur sous l’angle du rendement et plus performant que l’indice de référence.

La société de gestion

CPR AM est une société spécialisée en gestion, filiale autonome à 100 % d’Amundi Group. La société se consacre exclusivement au métier de la gestion pour compte de tiers (institutionnels, entreprises, assurances, banques privées, gérants de fonds et professionnels du patrimoine) et couvre les principales classes d’actifs (actions, convertibles, diversifiés, taux et crédit). Elle gérait à fin décembre 2014, plus de 28 milliards d’euros.

Les convictions des gérants

Eric Labbé et Caroline Canard
Eric Labbé et Caroline Canard

L’équipe de gestion actions, sous la responsabilité de Cyrille Collet, CFA, SFAF, compte 10 gérants, 2 assistants et 2 chercheurs dédiés qui disposent d’une expérience moyenne de plus de 15 ans. A fin septembre, l’encours des fonds actions de CPR AM représentait plus de 25 % des actifs sous gestion de CPR AM.

Les gérants


Eric Labbé et Caroline Canard sont tous deux gérants actions européennes au sein de CPR AM depuis 2002.

Eric Labbé, a débuté sa carrière au Crédit Lyonnais, en charge du trading taux puis à l’Inspection générale. Il a exercé cette même fonction au sein des Caisse nationales du Crédit Agricole en 1996 avant de rejoindre, en 1997, le Crédit Agricole Asset Management (CAAM) en qualité de gérant de portefeuille produits structurés et allocation d’actif, puis gérant quantitatif.

Caroline Canard a débuté sa carrière au sein de CAAM en 1990, comme assistante de gestion actions, puis structurée et gérante quantitatif actions dès 1998.


Quel sera l’impact d’une hausse des taux directeurs sur le portefeuille de CPR Euro High Dividend ?

La seule hausse des taux directeurs que l’on peut envisager aujourd’hui est celle de la Fed. Compte tenu de la faiblesse de la croissance économique et de l’inflation dans la zone euro, en aucun cas une hausse des taux directeurs de la BCE est envisageable à court ou moyen terme. Les investisseurs à la recherche de rendement ne vont pas être négativement impactés par la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis. En revanche, lorsque la Fed relèvera ses taux d’intérêt, nous pourrons avoir une nouvelle hausse du dollar contre euro, ce qui favorisera les transferts des Etats-Unis vers la zone euro. Et l’on commence à voir des managements d’entreprises américaines se plaindre de la hausse du dollar car elle complique leur développement. Par symétrie, les entreprises de la zone euro sont favorisées par la baisse de l’euro.

Les entreprises qui versent un haut dividende ne cherchent-elles pas à compenser une faible profitabilité ?

Si vous sélectionnez les actions qui distribuent les plus hauts dividendes, à quelques exceptions près, vous ferez une contre-performance. Quand tout va bien, l’entreprise à la capacité à servir un gros dividende, mais lors d’exercices adverses, il lui faut entretenir la fidélité de l’actionnaire en lui versant le même niveau de dividende. Mais pour payer ce dividende inchangé alors que les bénéfices ont baissé, l’entreprise puise dans ses réserves. Dans ce cas, elle distribue un dividende élevé uniquement pour compenser sa faible rentabilité, ce qui détruit de la valeur à long terme. L’objectif de CPR Euro High Dividend consiste au contraire à identifier les entreprises à haut rendement et ensuite à nous assurer par des filtres de qualité qu’elles sont saines, qu’elles vont payer des dividendes élevés et pérennes. Elles ne sont donc pas forcément en croissance forte mais le portefeuille ne comporte pas non plus d’entreprises à la dérive qui paient des dividendes, car elles ne sont plus capables de faire autre chose. Ainsi, le ratio cours sur bénéfice du fonds s’inscrit à 12,8 à fin janvier 2015, contre 14,9 pour l’indice MSCI EMU, ce qui est proche et prouve que nous sélectionnons des entreprises qui ont certes des dividendes élevés mais qui sont solides.

Comment évolue votre portefeuille en ce début d’année marqué par un violent rebond des cours ?

Le nombre de lignes a été fortement réduit. De 90 titres en portefeuille en janvier 2014, nous sommes passés à 52 en janvier 2015. En outre, le taux de distribution, c’est-à-dire la part du résultat net de l’entreprise versé en dividende, a augmenté. Il approche maintenant les 72 %, alors que nous étions à 67 % l’année dernière. Nous ne sommes plus surpondérés sur le secteur des télécoms car les cours ont beaucoup monté alors que les dividendes n’ont pas suivi. Nous avons également vendu les pétrolières bien qu’elles vont continuer à distribuer des dividendes élevés, mais la chute du prix du pétrole aura un impact négatif sur leurs bénéfices. Par ailleurs, nous restons à l’écart des banques. En revanche, nous avons beaucoup investi dans les secteurs de l’assurance et de la réassurance. Leurs dividendes sont importants actuellement, les bilans très solides car leurs réserves augmentent grâce à la baisse des taux d’intérêt. Nous avons également privilégié le secteur de l’immobilier. Nous avons investi aussi dans les services publics en Italie car nous y trouvons des pépites qui bénéficient des réformes mises en place par le gouvernement.

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