Sélection de fonds

Actions

CPR Invest Climate Action

Funds Magazine - Février 2019

En 2016, la température de la planète était déjà supérieure de 1,1 °C à celle de l’ère préindustrielle. Plus que jamais, la lutte contre le changement climatique s’impose. Une réduction de l’ordre de 40 à 70 % des émissions carbone par rapport aux niveaux de 2010 est ainsi nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 °C d’ici à 2100.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Pourtant, cette priorité est encore mal intégrée par les marchés financiers. Le fonds CPR Invest Climate Action, lancé en décembre dernier, a donc pour but d’investir dans les marchés d’actions internationaux en intégrant la performance climatique des entreprises, c’est-à-dire leurs initiatives et agissements pour favoriser la transition vers une économie sobre en carbone. Les sociétés en portefeuille sont les plus vertueuses de leur secteur.
Ce fonds, qui représente une solution d’investissement en actions globale (il couvre l’ensemble des zones géographiques et des secteurs), s’adresse à une large palette d’investisseurs. Il n’a pas seulement vocation à diversifier les portefeuilles, mais aussi à s’intégrer aux poches d’investissement cœur. «Ce fonds s’apparente à un fonds actions globales sans exclusion sectorielle a priori, mais avec un filtre carbone, résument Alexandre Blein et Arnaud du Plessis, les deux gérants. Il permet donc aux investisseurs institutionnels de conserver leur exposition aux marchés d’actions globaux, tout en améliorant leur notation carbone.»

Le processus de gestion

L’univers de départ est constitué par l’indice MSCI World All Countries, ce qui représente environ 2 800 valeurs. Cet univers fait l’objet d’une première sélection selon une approche durable, qui combine trois filtres. Les entreprises sont tout d’abord triées en fonction de leurs notes CDP, selon une approche «best in class» qui retient les mieux classées. Sont également distinguées celles dont les objectifs de réduction des gaz à effet de serre sont cohérents avec le scénario 2 °C (initiative Science Based Targets). Le deuxième filtre est celui de la notation sur la base des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Pour éliminer de l’univers d’investissement les sociétés les moins vertueuses en la matière, l’équipe de gestion s’appuie sur les données d’analyse ESG d’Amundi et sur sa propre approche d’exclusion ESG, dont le niveau de granularité est très fin. Enfin, le dernier filtre concerne la gestion des controverses ESG. Sur ce point, l’équipe de gestion s’appuie sur les évaluations faites par un partenaire externe – RepRisk –, afin d’exclure les entreprises les plus exposées à la controverse. «Ces différents critères de sélection se combinent entre eux et sont très complémentaires, insiste Tegwen Le Berthe, le responsable développement ESG de CPR AM. Les notations CDP et ESG correspondent à une analyse de long terme des enjeux climatiques et à une vision stratégique du sujet, tandis que la notation des controverses est très dynamique et répond à une approche plus tactique du sujet.»
Les valeurs ainsi retenues (environ 700) font ensuite l’objet d’un double screening quantitatif : une première évaluation en matière de création de valeur économique (sur la base du niveau de cash-flows que les investissements réalisés permettent de dégager), croisée avec des facteurs de marché comme la révision des prévisions de bénéfices, la valorisation boursière, etc. Cette seconde étape permet de dresser une liste d’environ 150 titres, pour lesquels une analyse financière approfondie est conduite. L’équipe de gestion opère ensuite son stock picking en intégrant les impératifs de gestion du risque. Le portefeuille comprend entre 70 et 90 lignes en rythme de croisière (67 à l’heure actuelle). «Chaque valeur sélectionnée répond à un double objectif : générer une performance financière et une performance climatique», résument Alexandre Blein et Arnaud du Plessis.

L’équipe de gestion actions thématiques

Depuis 2015, CPR AM est le centre d’expertise en gestion actions thématiques pour le groupe Amundi au niveau mondial. Forte de son équipe de 12 professionnels de l’investissement, elle figure parmi les acteurs les plus importants dans ce domaine en Europe. L’approche thématique de CPR AM trouve son origine dans l’identification des mégatendances sociétales, démographiques, économiques, environnementales et technologiques qui caractérisent notre présent et façonnent notre futur. Avec plus de 8 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin décembre 2018 et une gamme riche de fonds ouverts et dédiés, déployée à travers le monde, CPR AM a su être pionnière et est reconnue sur des thématiques phares telles que le vieillissement de la population et les entreprises disruptives. Depuis 2017, la société développe une gamme thématique à dimension ESG et à impact sur des stratégies variées comme la chaîne de valeur alimentaire, l’éducation ou encore le changement climatique.

Les convictions de l’équipe de gestion

L’équipe de gestion
Alexandre Blein (à gauche) a rejoint l’équipe de gestion actions thématiques de CPR AM en septembre 2018. Il cogère la thématique Mégatendances et participe au suivi des projets sur l’alignement 2 °C. Il a commencé sa carrière en 1998 en tant qu’analyste financier, avant de devenir gérant actions chez CPR AM, puis chez CAAM et enfin au sein d’Amundi London Branch. Alexandre Blein est diplômé d’une maîtrise de banque et finance de l’université de Lyon II et d’un mastère en ingénierie financière de l’Ecole supérieure de commerce ESCEM. Il est membre diplômé de la SFAF.
Arnaud du Plessis  (à droite) a rejoint CPR AM en 2015 lors de la création de l’équipe actions thématiques. Il assurait auparavant la gestion de la thématique mines d’or et la co-gestion de la thématique ressources naturelles au sein d’Amundi. Il a passé les premières années de sa carrière dans le domaine des produits dérivés avant de devenir gérant actions, au Crédit Lyonnais Asset Management puis au sein de Natixis Asset Management. Arnaud du Plessis est diplômé de l’Institut supérieur de gestion et de la SFAF.


Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous appuyer sur le CDP pour filtrer votre univers d’investissement ?
Pour investir de manière pertinente et sélectionner les meilleurs élèves en matière de transition énergétique et écologique, il ne suffit pas de déterminer le pourcentage du chiffre d’affaires d’une entreprise réalisé dans des activités vertes. Il faut les bons éléments d’appréciation pour identifier les entreprises les plus vertueuses. Nous avons donc choisi de nous appuyer sur l’expertise du CDP en la matière. Cette organisation internationale à but non lucratif, basée à Londres, envoie un questionnaire très détaillé aux sociétés afin de connaître leurs engagements en matière environnementale, ce qui lui permet ensuite de leur attribuer une note allant de A (pour les entreprises les plus vertueuses) à F (pour celles refusant de se soumettre au questionnaire).

Votre fonds n’exclut aucun secteur d’activité a priori, ce qui peut paraître surprenant compte tenu de sa thématique d’investissement…
Il ne s’agit pas d’un fonds militant vert, auquel certains pans d’activités seulement seraient éligibles (comme l’énergie solaire ou éolienne). Notre objectif est d’offrir aux investisseurs un outil financier pragmatique pour gérer la transition énergétique entre aujourd’hui et demain. Or, on continuera à recourir aux énergies fossiles dans le futur, même si c’est dans une moindre mesure. Par ailleurs, il ne faut pas exclure d’emblée les secteurs les plus pollueurs mais plutôt les inciter à améliorer leurs pratiques. Il faut rechercher, dans l’ensemble des activités, les entreprises qui gèrent le mieux la transition énergétique et écologique, voire qui en tirent parti.

Quels types d’entreprises avez-vous en portefeuille ?
Le portefeuille est assez concentré, puisqu’il comprend 67 valeurs. Il s’agit par exemple de sociétés de services publics qui font évoluer leur activité vers les énergies renouvelables, à l’instar d’Orsted au Danemark dans le domaine de l’éolien. Nous nous intéressons également aux entreprises qui repensent leurs processus de production pour dégager des économies de coûts et être plus performantes dans le cadre de la transition énergétique et écologique (par exemple Danone), ainsi qu’aux sociétés qui s’inscrivent dans une démarche d’innovation pour que leurs produits et services consomment moins d’énergies ou émettent moins de carbone (Sony). Au final, la part verte du portefeuille représente 8,9 %, contre 6,2 % pour le MSCI World ACWI.

Rechercher un autre fonds