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Fonds diversifié

Cube Infrastructure Fund III

Option Finance - 25 juin 2021 - Ingrid Labuzan

Spécialisés dans les infrastructures « brownfield » régulées en Europe ciblant principalement trois marchés stratégiques : les infrastructures de communication, la transition énergétique et les transports publics avec une stratégie « buy & grow ».

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Cube III est le dernier né des fonds Cube proposés aux investisseurs institutionnels par Cube Infrastructures Managers. Leur positionnement : investir dans les infrastructures, avec pour objectif d’apporter de la diversification au sein de l’univers alternatif. Cube se différencie en effet des fonds infrastructures traditionnels tant par son univers d’investissement que par sa stratégie.

Il se concentre sur les infrastructures de services aux collectivités locales, notamment dans la communication, avec la fibre optique ; les transports, avec les bus écologiques ; et l’accompagnement dans la transition énergétique, plus particulièrement autour de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Contrairement à la plupart des fonds d’infrastructures, l’objectif n’est pas de poursuivre une stratégie de buy-out (rachat), mais de buy-and-grow (acquisition et croissance). La création de valeur se fait ainsi en accompagnant la croissance de l’activité. Cela se traduit par l’achat d’actifs de petite et moyenne taille, positionnés sur des secteurs en très forte croissance.

Au terme de la période d’investissement, comprise entre 6 et 8 ans, ces actifs sont cédés, le plus souvent à des fonds d’infrastructures eux-mêmes positionnés sur des stratégies de buy-out.

Le fonds Cube I, qui a contribué à faire de Covage un géant du secteur de la fibre optique, est ainsi aujourd’hui complètement désinvesti, à l’exception d’un actif espagnol d’énergie renouvelable. Le fonds Cube II est investi et engagé à hauteur de 90 %, tandis que le fonds Cube III est actuellement en phase de collecte. Une collecte limitée à 1,5 milliard d’euros, même si la demande devrait être supérieure, afin d’être en ligne avec la philosophie et la stratégie d’investissement.

Le processus de gestion

Cube III suivra le même modèle de gestion que Cube I et II, qui consiste à investir, avec un faible endettement, (en moyenne deux fois inférieur à celui employé par les autres gestionnaires de fonds d’infrastructures), dans les infrastructures de service aux collectivités en Europe. L’équipe privilégie les actifs de petite taille, peu connus, achetés à des multiples très bas, puis les accompagne dans leur croissance. « L’objectif n’est pas d’être en concurrence frontale avec les géants du secteur, mais plutôt de s’inscrire dans des partenariats dynamiques », précise Renaud de Matharel, fondateur de Cube IM. Ce qui n’empêche pas Cube IM de conquérir des positions de leader. Il est ainsi le premier exploitant de bus électriques au Danemark. Il a accompagné la croissance d’Heliot Europe, opérateur de réseaux « zéro g » présent en Allemagne, Autriche et Suisse. Cube IM a aussi contribué à la constitution du groupe Idex, 3e acteur français sur le segment de la performance énergétique, avec des services énergétiques et d’exploitation des réseaux de chauffage urbain, actif qu’il a ensuite cédé à Antin Infrastructure Partners.

Une grande autonomie est laissée aux exploitants dans la gestion des contrats et s’accompagne « d’une politique de rémunération incitative », explique Renaud de Matharel. L’accent est également mis sur les services rendus à la collectivité, sur la valeur ajoutée que l’exploitant peut apporter, plus que sur la valeur intrinsèque de l’infrastructure. « Un moyen de se démarquer dans les appels d’offres et de créer une fidélisation forte de la part des collectivités locales, puis petit à petit d’élargir les périmètres de nos contrats et activités avec elles. »

La fidélisation se joue aussi du côté des investisseurs, qui sont appelés à se prononcer sur la valeur des actifs détenus par Cube IM. Une stratégie qui leur permet de s’impliquer et de bien comprendre dans quoi le fonds est investi.

Le risque de Cube s’apparente à celui d’un exploitant, mais le positionnement auprès des collectivités publiques permet aux actifs du fonds d’être classés « core ». Le TRI attendu est de 12 % à 15 %.

La société de gestion

Cube Infrastructure Managers est une société de gestion indépendante, basée au Luxembourg et spécialisée dans le secteur des infrastructures en Europe. Elle gère aujourd’hui trois fonds. Cube I et Cube II sont spécialisés dans les infrastructures existantes (brownfield). Le Connecting Europe Broadband Fund est un fonds dédié à l’investissement dans des projets de construction (greenfield) d’infrastructures de fibre optique. Cube IM a déjà levé plus de 2,6 milliards d’euros et s’apprête à réaliser avant cet été un premier closing de Cube III, son 3e fonds brownfield, pour un montant d’environ un milliard d’euros. 

Les convictions du gérant, Renaud de Matharel

Renaud de Matharel est CEO et managing partner de Cube IM. Il a contribué au lancement de Cube en 2007, puis a recruté l’équipe dirigeante. Il participe encore aujourd’hui aux décisions d’investissement. Spécialiste des infrastructures, il dispose d’une expérience de plus de 30 ans dans ce secteur d’activité. Il a ainsi travaillé chez Vinci pendant huit ans, où il s’est, entre autres, occupé de la gestion de Vinci Airport Management et de la réalisation de projets routiers et aéroportuaires. Il a également travaillé chez BNP Paribas. Il est diplômé de l’Edhec et d’un MBA de l’Université de Hartford aux Etats-Unis.

Investissez-vous sur les mêmes segments d’infrastructures de service aux collectivités dans tous vos fonds Cube ?

Nous investissons essentiellement sur trois marchés : les infrastructures de communication, de transport et de transition énergétique, car ce sont des infrastructures essentielles pour une collectivité locale. Néanmoins, nos priorités évoluent en fonction de la technologie et des besoins des acteurs publics. Quand nous avons lancé Cube I, personne ne s’intéressait à la fibre, mais un de nos associés, Henri Piganeau, avait une conviction forte dans son potentiel. Désormais, les communes sont bien équipées et nous nous intéressons à la « zéro g », qui permet de faire fonctionner les objets connectés. Autre secteur qui devrait connaître une croissance forte, les réseaux de chargeurs électriques, auxquels les « smart cities » (villes intelligentes) s’intéressent beaucoup. Nous y sommes présents depuis deux ans et avons un véritable rôle de conseil et une qualité de service à y proposer. Enfin, sur la transition énergétique, nous nous intéressons notamment aux solutions de stockage d’énergie et d’efficacité énergétique des réseaux. Beaucoup de technologies sont en cours de développement, le secteur est très prometteur.

Collectivités locales et sociétés de petite taille : votre univers d’investissement n’a pas été trop affecté par la crise de la Covid ?

Le fait d’être concentré sur des services essentiels avec une exposition marginale à des risques de volume a constitué une bonne protection, les collectivités locales et les gouvernements ayant toujours cherché à préserver leurs partenaires privés exploitants de services publics. Nous n’avons fait face à aucun stress sur la liquidité de nos sociétés en participation.

Nous avons tout de même ressenti les effets de la pandémie. Dans les télécoms, l’installation de la fibre a été freinée pendant les premiers mois car personne n’avait envie de faire entrer des installateurs chez soi. Dans un second temps, la demande pour la fibre a connu un véritable emballement et notre déploiement au Portugal et à Londres dépasse aujourd’hui nos objectifs initiaux. Dans les transports publics, au cours des tout premiers mois de la pandémie, nous avons été contraints de réduire notre activité, même sur certaines lignes régulières en France, ce qui n’a pas été le cas dans les autres pays où nous opérons. Cependant, les dispositions de nos contrats et les mesures de chômage partiel ont permis d’atténuer les effets du ralentissement de l’activité.

Enfin, dans l’énergie, nous avons réussi à globalement préserver nos résultats grâce aux couvertures des prix de vente d’électricité que nous avons souscrites et à une forte production hydroélectrique et éolienne. Après une forte chute en 2020, les prix de l’électricité sont aujourd’hui remontés à des niveaux supérieurs à ceux de 2019, avec la reprise de l’activité économique.

Les activités de transition énergétique sont également favorisées par les objectifs de l’Europe…

Le programme de relance énergétique met l’accent sur les énergies renouvelables et beaucoup d’argent est collecté autour de ces thèmes. Les acteurs se tournent vers des entreprises déjà présentes sur ces activités, vers des spécialistes, ce qui est bénéfique pour nous. Il y a beaucoup d’opportunités à saisir sur ce segment. Mais les Etats-Unis et l’Europe parviendront-ils à déployer suffisamment rapidement les investissements pour atteindre leurs objectifs de réduction carbone, j’en doute un peu.

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