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Edmond de Rothschild Fund Bond Global Convertibles

Funds Magazine - Octobre 2020 - Marianne di Meo

Forte de son expertise sur les obligations convertibles développée depuis vingt-sept ans, la société de gestion Edmond de Rothschild Asset Management propose pour investir dans cette classe d’actifs une gamme de trois produits totalisant 600 millions d’euros d’encours : un fonds historique sur l’Europe, un fonds global et, depuis l’an passé, un fonds global labellisé ISR.

Pourquoi investir dans ce fond ?

Le fonds Edmond de Rothschild Fund Global Convertibles a pour objectif de proposer un portefeuille équilibré, convexe (le prix de l’obligation convertible est censé progresser davantage, lorsque le prix de l’action monte, qu’il ne décroît lorsque le prix de l’action baisse) et relativement flexible. Flexibilité en matière de gestion de la sensibilité actions, tout d’abord. Cette dernière est pilotée de manière active et peut évoluer dans une fourchette comprise entre 20 et 80 %. Pour cela, le portefeuille privilégie les obligations convertibles mixtes, mais il peut aussi compter jusqu’à 10 % d’obligations à haut delta1. Flexibilité en matière de gestion du crédit, ensuite, dans la mesure où le fonds peut être exposé à la fois aux segments investment grade et high yield. Cette stratégie globale permet de s’exposer à un univers d’investissement plus large, et donc plus riche, sachant que les Etats-Unis représentent environ 70 % du marché mondial des obligations convertibles. Cela avec deux garde-fous majeurs : l’exposition aux marchés émergents est limitée à 40 % et le risque de change est entièrement couvert.


Le processus de gestion

Le fonds répond à une gestion de conviction, opérée de manière collégiale par l’équipe obligations convertibles. Logée au sein du pôle fixed income, elle est composée de trois gérants analystes seniors : Cristina Jarrin, Thibaut Bailly et Mikael Dauvert, qui cumulent à eux trois cinquante années d’expérience, avec des profils complémentaires.

Le processus de gestion suit principalement une approche bottom-up, privilégiant les obligations convertibles mixtes. La sélection des obligations convertibles repose sur quatre piliers : l’analyse des caractéristiques techniques de la convertible (volatilité implicite, delta, prix de conversion, sensibilité au crédit et aux taux, etc.), de la qualité de crédit de l’émetteur (structure de la dette, analyse des cash-flows) et de l’action sous-jacente (catalyseurs permettant d’espérer une hausse du cours de Bourse, stratégie, positionnement concurrentiel, multiples de valorisation), et, enfin, la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). L’interaction entre les différentes équipes de gestion (convertibles, obligataire, actions et ISR) est donc très forte.

En complément, l’approche top-down – qui prend en compte la vision de la société de gestion en ce qui concerne l’environnement macroéconomique, l’évolution des marchés d’actions et des taux d’intérêt, etc. – permet d’ajuster le positionnement du portefeuille, en termes d’équilibre entre les différents secteurs et de sensibilité actions et crédit.

Le portefeuille comprend actuellement environ 100 lignes. En plus des obligations convertibles, le fonds peut utiliser des instruments dérivés. «Cela peut par exemple nous permettre de recréer une obligation convertible si nous avons une forte conviction sur un émetteur mais que son obligation convertible n’a pas des caractéristiques techniques attrayantes, précise Cristina Jarrin, responsable de l’équipe obligations convertibles et co-gérante du fonds. A l’heure actuelle, la valorisation des obligations convertibles étant bon marché, nous utilisons peu ce mécanisme. Le recours aux dérivés peut également nous servir à ajuster la sensibilité actions du portefeuille, via des dérivés sur indices.»


La société de gestion

Edmond de Rothschild Asset Management se positionne comme un acteur multi-spécialiste. Il s’appuie sur des segments d’expertise reconnus, comme la gestion actions, la dette d’entreprises, l’allocation d’actifs, l’overlay ou les actifs réels. Edmond de Rothschild Asset Management totalise 70,5 milliards d’euros d’encours sous gestion au 31 décembre 2019 et plus de 700 collaborateurs, dont 350 professionnels de l’investissement. 

Les convictions de l’équipe de gestion

La gérante

Le fonds est co-géré par Cristina Jarrin, responsable obligations convertibles chez Edmond de Rothschild Asset Management depuis 2018. Diplômée de l’université de San Francisco et de HEC Paris, elle a commencé sa carrière comme analyste financière chez Citigroup, avant de rejoindre Fortis Investments en tant que spécialiste produits convertibles puis gérante de portefeuille. Elle a ensuite intégré BNP Paribas Investment Partners au poste de gérante global senior, avant de rejoindre Edmond de Rothschild en qualité de gérante obligations convertibles. Elle occupait depuis 2016 le poste de responsable adjointe obligations convertibles chez UBP.


L’intérêt majeur des obligations convertibles réside dans leur convexité. Ont-elles bien joué leur rôle depuis le début de l’année ?

Les résultats enregistrés par la classe d’actifs ont été très probants. Entre le 31 décembre 2019 et le 23 mars dernier, qui a marqué le point bas du marché, les convertibles ont amorti jusqu’à 70 % de la baisse des marchés d’actions. Puis, du 23 mars à fin août, elles ont capté environ 60 % du rebond. Elles ont donc bien joué leur rôle et ont surperformé à la fois les actions et les obligations sur la période.

Et en ce qui concerne la performance du fonds Edmond de Rothschild Fund Global Convertibles ?

Elle atteint près de 11 % depuis le début de l’année (part A euro), ce qui traduit une surperformance de 0,8 % par rapport à l’indice de référence, le Refinitiv Global Focus Hedged (EUR) CB2. Plusieurs explications à cela. Notre gestion a été disciplinée, dans le sens où nous avons été prudents sur la composante crédit des obligations en portefeuille ; nous avons privilégié les sociétés dont les bilans étaient solides, afin d’avoir un plancher obligataire solide. Notre gestion a également été active, ce qui nous a permis de profiter du rebond grâce à des obligations au profil mixte. Enfin, nous avons tiré parti de nos convictions sur des tendances de long terme et sur des secteurs de croissance, comme les medtech, la fintech ou le e-commerce, qui ont été très résilients pendant la crise.

Etes-vous confiants dans les perspectives de la classe d’actifs ?

Nous observons un appétit croissant des investisseurs pour les obligations convertibles. Cela s’explique par leur convexité qui, comme nous venons de le souligner, a cette année bien permis d’amortir la chute des marchés d’actions puis de capter une bonne partie de leur rebond. Cela est également justifié par les niveaux de valorisation qui, malgré le rattrapage observé depuis le mois de mars, restent historiquement bas. Nous considérons donc que cela constitue un bon point d’entrée sur la classe d’actifs. Signalons par ailleurs que le marché primaire reste très actif, ce qui permet de soutenir les valorisations. En termes d’émissions, le premier semestre a été l’un des plus dynamiques jamais enregistrés. Et, phénomène nouveau, les premières émissions d’obligations convertibles vertes ont eu lieu cette année, des deux côtés de l’Atlantique.

Enfin, les obligations convertibles représentent pour les entreprises une solution de financement moins coûteuse et plus flexible que des obligations classiques ; elles sont donc très utilisées par les sociétés en croissance, ce qui permet de s’exposer à ce profil d’entreprises.

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