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Edmond de Rothschild Fund China

Option Finance - 19 mars 2021

Edmond de Rothschild Asset Management fait partie des pionniers sur le marché des actions chinoises, puisque la société de gestion a lancé le fonds Edmond de Rothschild Fund China dès avril 1998. Elle a donc développé une véritable expertise sur la classe d’actifs et affiche un historique de performances long (+ 8,5 % en annualisé depuis la création du fonds).

La sélectivité s’impose pour investir sur ce marché très profond, qui compte plus de 7 000 titres en agrégeant le marché A (entreprises chinoises cotées à Shanghai et à Shenzhen dans la devise chinoise, le renminbi), le marché H (entreprises cotées à Hong Kong) et les ADR1. Pour réaliser son stock-picking, l’équipe de gestion​ cherche donc à identifier des thèmes de croissance structurelle. « Nous nous appuyons notamment sur les grandes directions du plan quinquennal, précise Xiadong Bao, le gérant principal du fonds. ​Ainsi, nous investissons sur les thématiques de l’innovation, de l’économie verte – le pays ayant un objectif de neutralité carbone en 2060 – et de l’inclusion sociale. Nous cherchons également à tirer parti de la montée en puissance de la classe moyenne. On recense aujourd’hui 400 millions de Chinois dont le revenu annuel disponible dépasse 6 000 dollars US, ce qui est déjà supérieur à la population américaine dans son ensemble ! Ceci assure une demande intérieure robuste. »

L’équipe de gestion, qui cible les entreprises de qualité en croissance, opère sa sélection de valeurs sur la base de critères financiers mais aussi extra-financiers. « Les entreprises chinoises, désireuses d’attirer les investisseurs étrangers, font preuve de plus en plus de transparence sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », se réjouit Xiadong Bao. Signalons sur ce point que le fonds, qui intègre déjà les critères ESG dans sa gestion, est en cours de labellisation ISR.

Le portefeuille est actuellement concentré sur une soixantaine de valeurs, dont le poids individuel ne peut excéder 10 %. Construit avec une vision « buy and hold » de moyen/long terme, ce dernier affiche un faible taux de rotation, de l’ordre de 20 %.

1. American depository receipt : permet à une société étrangère d’être cotée aux Etats-Unis.

Questions à Xiadong Bao, gérant principal du fonds

Pourquoi est-il opportun d’investir sur les actions chinoises ?

Tout d’abord, la Chine est la seule économie majeure ressortie plus forte de la crise sanitaire, le scénario d’un rétablissement en V se confirmant. Et les perspectives de croissance demeurent très attrayantes sur le long terme compte tenu du niveau élevé d’innovation dans des domaines aussi variés que la robotique, la biotech, les véhicules électriques, etc. Rappelons à cet égard que le nombre de brevets déposé chaque année est plus élevé en Chine qu’aux Etats-Unis.

Autres éléments positifs : il y a une réelle volonté politique d’ouvrir progressivement le marché A des actions aux investisseurs étrangers et le poids de ce marché dans l’indice MSCI Emerging Markets, ainsi que dans les indices globaux, est appelé à nettement progresser dans les prochaines années. Par ailleurs, le marché immobilier étant étroitement encadré par le gouvernement chinois qui souhaite éviter tout mouvement spéculatif, il faut s’attendre à une réallocation d’actifs vers les actions de la part des investisseurs domestiques, aussi bien institutionnels que particuliers.

Quelle est la physionomie générale du fonds ?

Il a un biais « croissance » assumé puisqu’il s’agit là d’une caractéristique intrinsèque du marché chinois. Néanmoins, son profil reste équilibré. Tout d’abord, nous limitons le poids de l’hyper-croissance, et donc des entreprises qui ne sont pas encore rentables. Par ailleurs, nous avons adapté la composition du portefeuille pour tenir compte de la rotation des marchés des valeurs de croissance vers les titres décotés. Nous conservons bien entendu nos pondérations structurelles de long terme, par exemple sur la thématique de la consommation domestique ou sur la montée en puissance des véhicules électriques, mais nous avons en parallèle renforcé le poids de certains secteurs dont l’activité devrait repartir au fur et à mesure de l’avancée des campagnes de vaccination, comme les casinos et les agences de voyages en ligne.

A quels sujets va-t-il falloir être attentif dans les prochains mois ?

Avec la crise sanitaire et la mise en place de l’administration Biden, la confrontation géopolitique avec les Etats-Unis a été reléguée au second plan, mais elle va sans doute revenir sur le devant de la scène au second semestre. Nous pensons toutefois que le nouveau président américain va adopter une approche plus protocolaire, notamment en recherchant le soutien de l’Europe et des pays alliés de la zone Pacifique comme le Japon et la Corée du Sud.

Il va également falloir surveiller la remontée des taux longs américains. Nous estimons que cette remontée, liée au retour de l’inflation, est plutôt saine, car cela témoigne d’une reprise généralisée de l’activité. Avec, à la clé, une demande accrue pour la Chine.

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