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Fonds de fonds multi-actifs

Essentiel Convictions

Funds Magazine - 31 Janvier 2020 - Marianne Di Meo

Lancé en mars 2018, le fonds Essentiel Convictions de Natixis Investment Managers entend répondre à une double problématique : l’érosion des taux de rendement des fonds en euro et la corrélation de plus en plus marquée entre obligations et actions.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Lancé en mars 2018, le fonds Essentiel Convictions de Natixis Investment Managers entend répondre à une double problématique. D’un côté, l’érosion des taux de rendement des fonds en euro ; de l’autre, la corrélation de plus en plus marquée entre obligations et actions, qui oblige à repenser les stratégies traditionnelles de diversification, jusqu’alors basées sur la dichotomie entre ces deux grandes classes d’actifs. «Nous avons souhaité aller plus loin en matière de diversification, grâce à une exposition combinée à différentes classes d’actifs et zones géographiques, et à différents styles et équipes de gestion, cela afin d’optimiser les performances tout en assurant un niveau de risque maîtrisé», explique Julien Dauchez, responsable consultants au sein de l’équipe Natixis Investment Managers Solutions. Essentiel Convictions se présente donc comme un fonds de fonds multi-actifs regroupant des stratégies d’investissement décorrélées entre elles et complémentaires, qui a pour objectif de surperformer l’Eonia capitalisé de 4 % par an, pour une volatilité cible moyenne comprise entre 4 et 6 % (9 % maximum).

Natixis Investment Managers capitalise ainsi sur les expertises internes propres à chacun de ses multiples affiliés, parmi lesquels H20 AM, Thematics AM, Dorval AM, Ostrum AM, Seeyond ou encore Loomis Sayles.

Le processus de gestion

Le fonds se compose de deux poches. La première poche, dite de conviction, représente environ un tiers du portefeuille et en constitue le principal moteur de performances. «Cette poche, à dominante actions, est composée de fonds très dynamiques dans leur recherche de performances et complémentaires entre eux», précise Julien Dauchez.

Elle se combine avec une poche cœur, également appelée «poche de stabilité», dont le rôle est d’atténuer le niveau de risque global du fonds tout en diversifiant la performance générée par la poche de conviction. Cette seconde poche, plus défensive, compte huit à neuf constituants, principalement des stratégies obligataires avec un risque de crédit et de duration contenu, faiblement corrélées entre elles et complémentaires : crédit corporate, dettes émergentes à court terme, obligations souveraines, etc. S’y ajoutent quelques stratégies dites «alternatives», mais liquides et qui affichent un niveau de risque similaire à celui du segment obligataire. Il s’agit par exemple de fonds d’obligations vertes ou encore de stratégies long/short crédit.

La sélection des constituants est réalisée à partir de l’univers des fonds proposés par les affiliés de Natixis Investment Managers, soit environ 450 stratégies. «En ce qui concerne la poche de conviction, le processus est avant tout qualitatif, précise Julien Dauchez. Il s’agit d’identifier les fonds bénéficiant d’une bonne notoriété auprès de la communauté financière et dont les niveaux de risque, relativement élevés, sont compensés par des performances soutenues.» En ce qui concerne la poche de stabilité, le travail de sélection est plus complexe. En plus des exigences en termes de liquidité, de taille minimale du fonds et de track record (la stratégie devant afficher un historique d’au moins trois ans), la sélection repose sur des filtres techniques très exigeants. La complémentarité entre les différents constituants du fonds étant la pierre angulaire de la stratégie de gestion, il s’agit en premier lieu de déterminer à quels moments les pertes historiques maximales d’un fonds candidat interviennent par rapport aux creux enregistrés par les fonds de la poche de conviction. Un autre filtre est basé sur le risque réalisé, en multipliant le niveau de corrélation du fonds candidat avec la poche de conviction par la volatilité de ce même fonds.

La gestion du fonds est assurée par deux équipes. L’équipe de conseil financier, basée au Royaume-Uni et dirigée par Julien Dauchez, réévalue chaque trimestre l’ensemble des fonds, afin de s’assurer de leur complémentarité et de vérifier leurs niveaux de performance ajustée du risque. Elle soumet ensuite un rapport à l’équipe de gestion, basée à Paris et dirigée par Nuno Teixeira, qui accepte ou non ses propositions et assure la construction stricto sensu du portefeuille.

La société de gestion

Natixis Investment Managers accompagne les investisseurs dans la construction de portefeuilles en offrant une gamme de solutions adaptées. Riche des expertises de plus de 20 sociétés de gestion à travers le monde, le groupe propose l’approche Active Thinking pour aider ses clients à atteindre leurs objectifs quelles que soient les conditions de marché. Avec 921,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 septembre 20191, Natixis Investment Managers est classée parmi les plus grandes sociétés de gestion d’actifs dans le monde². 

Les convictions de l’équipe de gestion Julien Dauchez et Nuno Teixeira

Julien Dauchez et Nuno Teixeira

L’équipe : Julien Dauchez (à gauche) est responsable des consultants au sein de l’équipe Natixis Investment Managers Solutions. Il a commencé sa carrière en 1998 chez Lehman Brothers en tant qu’ingénieur financier sur les produits dérivés de taux d’intérêt. En 2005, il a rejoint Barclays Capital, où il a dirigé les activités de structuration sur fonds, avant de rallier l’équipe de gestion de portefeuilles multiclasses d’actifs. Il est titulaire d’un master 2 en informatique et mathématiques appliquées, et est diplômé d’HEC Paris.
Nuno Teixeira est directeur de la gestion «cross asset»au sein de l’équipe Natixis Investment Managers Solutions. Diplômé de l’IEP de Paris et titulaire d’un MBA de l’Insead, il a commencé sa carrière en 1987 au sein de Matif SA. Il a par la suite été responsable des investissements d’Império Assurances, puis responsable de la multigestion d’Invesco. Il a également occupé différents postes au sein du groupe Schroders, dont celui de directeur du développement commercial France, puis de responsable de la succursale parisienne. Il a rejoint Natixis Investment Managers en 2016, où il a en premier lieu occupé le poste de directeur solutions institutionnels et réseaux.

Comment Essentiel Convictions s’est-il comporté en 2019 ?

Le fonds a rempli son contrat, puisqu’il a enregistré une performance de 9,26 % l’an dernier, pour une volatilité de 4,73 %3. Il s’agit là d’un niveau de performance ajustée du risque élevé en absolu, mais également par rapport à l’univers de fonds concurrents, composé des grands fonds patrimoniaux de la Place. La structure du fonds, avec ses deux poches complémentaires, a donc démontré son efficience.

La composition du fonds a-t-elle notablement évolué depuis son lancement ?

Essentiel Convictions, qui exprime les convictions des gérants des différents sous-jacents qui le composent, est un fonds patrimonial avec une véritable vision de long terme. Nous n’avons pas vocation à faire du «market timing» ou de la gestion tactique à court terme. La composition du portefeuille est donc relativement stable, avec seulement quelques ajustements à la marge. Il n’y a ainsi eu que trois changements dans le portefeuille depuis le lancement du fonds, il y a quasiment deux ans.

Quels sous-jacents avez-vous retenus dans le fonds ?

La poche de conviction se compose actuellement de quatre fonds : un fonds d’actions américaines, Loomis Sayles US Growth Equity Fund, centré sur les valeurs de croissance de qualité ; un fonds thématique, Thematics Meta Fund (actions internationales dans les secteurs de l’intelligence artificielle et de la robotique, de la sécurité et de l’eau) ; un fonds d’actions européennes, Dorval Manageurs Europe, qui sélectionne les équipes dirigeantes capables de faire la différence sur la durée ; et, enfin, un fonds obligataire très dynamique, H2O MultiBonds, qui applique une gestion de type performance absolue.

En ce qui concerne la poche cœur, elle est essentiellement orientée vers des gestions de crédit à faible sensibilité aux taux d’intérêt (Loomis Sayles Short Term Emerging Market Bond, Ostrum Euro Short Term Bond, Ostrum Ultra Short Term Bond Plus), mais s’intéresse aussi à des gestions globales peu contraintes mixant dettes souveraines et crédit (DNCA Alpha Bonds, H2O Multi Aggregate), sans oublier les obligations «vertes» (Mirova Global Green Bond). Ce qui est certain, c’est que la performance de 2019 n’a pas été obtenue au prix d’une sensibilité forte aux taux d’intérêt, et nous prévoyons de maintenir cette caractéristique clé.

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