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Fidelity Funds – France Fund

Funds Magazine - Février 2018 - Pierre Gelis

Fidelity Funds – France Fund

Eligible au PEA, FF-France Fund est géré depuis le 1er septembre dernier par Bertrand Puiffe, qui met en œuvre une philosophie de gestion identique à celle du FF-Nordic Fund dont il a la charge depuis 2011.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Tout d’abord, le portefeuille reflète les meilleures convictions, le nombre de lignes pouvant varier en moyenne entre 35 et 45 valeurs. Ensuite, le gérant privilégie une approche contrariante en sélectionnant parmi les sociétés délaissées par les investisseurs pour des raisons diverses et celles dont il anticipe une meilleure reconnaissance à moyen terme par le marché sur la base de critères qualitatifs et quantitatifs. Cette sélection se positionne sur trois types de valeurs : celles de croissance sous-évaluées, les entreprises en situation de retournement et les situations spéciales. Si ce style requiert une bonne dose de pragmatisme pour s’affranchir de la facilité à suivre une tendance, il nécessite en parallèle une grande rigueur tant au niveau de l’analyse que dans la construction du portefeuille. Dans une gestion non contrainte, la construction du portefeuille joue un rôle fondamental afin de maîtriser le risque du fonds à un niveau proche de celui de l’indice de référence. Ainsi, le portefeuille peut se tenir en dehors d’un secteur si les valeurs qui le composent extériorisent des potentiels d’appréciation insuffisants. Et lorsqu’une valeur est sélectionnée, son poids dans le portefeuille n’est pas lié à celui qu’il occupe dans l’indice. Toutefois, Bertrand Puiffe limite à 5 % l’exposition maximale à une valeur.

 

Le processus de gestion

La construction du portefeuille de FF-France Fund découle d’une pure approche de sélection de titres au sein d’un univers d’investissement de 350 entreprises françaises cotées, dont la capitalisation boursière dépasse 100 millions d’euros. Le choix des titres résulte des fondamentaux des entreprises et non de la pondération dans l’indice CAC All Tradable. Le processus d’investissement se déroule en trois étapes. Premièrement, le gérant s’attache à la génération d’idées en s’appuyant principalement sur les capacités d’analyse propriétaire produite par l’équipe d’analystes de Fidelity à Londres, complétée par divers courtiers externes. Ensuite, Bertrand Puiffe dispose d’un modèle de scoring développé en interne qui, sur la base de critères quantitatifs et qualitatifs, permet de noter les entreprises et ainsi de dresser une liste de valeurs attractives et de valeurs surévaluées au regard de leurs opportunités d’investissement et des risques sous-jacents. Les critères portent notamment sur la croissance des revenus, la position concurrentielle de l’entreprise et surtout une croissance des résultats supérieure aux prévisions du consensus.

Le portefeuille étant réparti entre 35 et 45 valeurs, sa construction vise à en optimiser le profil risque/rendement en allouant le capital aux plus fortes convictions tout en équilibrant la volatilité de l’ensemble à un niveau proche de celle de l’indice de référence. La taille des investissements, comprise entre 1 % et 5 % de l’encours du portefeuille, est également ajustée à la liquidité des titres.

 

La société de gestion

Fidelity International est l’un des principaux fournisseurs de stratégies d’investissement et de solutions de retraite au niveau mondial. En tant qu’entreprise indépendante, Fidelity vise à offrir à ses clients une expertise de gestion des plus pointues associée à des moyens technologiques et des services de premier plan. Créée en 1969, la société gère 303 milliards de dollars et possède l’un des plus importants réseaux mondiaux de recherche avec plus de 400 professionnels de l’investissement situés dans les principaux centres financiers à travers le monde. Présent en France depuis 1994, Fidelity dispose d’une société de gestion locale en charge de fonds ou mandats d’allocation d’actifs, d’actions françaises et européennes ainsi que d’investissements immobiliers.

 

Les convictions du gérant, Bertrand Puiffe

Bertrand Puiffe

Le gérant
Bertrand Puiffe a repris la gestion de FF-Nordic Fund en août 2011 et du FF-France Fund le 1er septembre 2017 et dispose de dix-huit années d’expérience dans la gestion d’actifs. Il est spécialisé dans les actions françaises, ibériques et sur un plan sectoriel sur les TMT (technologies, médias et télécoms) européennes. Bertrand a été identifié comme l’un des meilleurs analystes au sein de Fidelity et se voit promu gérant de portefeuille début 2011. Il s’appuie sur une équipe de 73 analystes actions regroupés à Londres et est basé à Paris.

Dans quelle mesure la hausse des taux d’intérêt et de l’inflation impacte-t-elle votre regard sur les valeurs ?
Dans cet environnement de hausse des taux d’intérêt, je ne suis quasiment plus investi dans les valeurs de croissance, parce qu’elles ont beaucoup bénéficié de la baisse du loyer de l’argent depuis dix ans. A l’inverse, la hausse des taux d’intérêt qui se profile va les pénaliser, d’autant plus qu’une partie de leur valorisation est liée aux cash-flows futurs. Aujourd’hui, je suis donc très fortement positionné sur les valeurs value et cycliques et je me tiens à l’écart des valeurs de croissance. En outre, l’anticipation d’un retour de l’inflation vient surtout de la hausse du prix de matières premières comme le pétrole, le nickel et le cuivre. Les prix augmentent en raison de la conjonction des sous-investissements des producteurs depuis cinq ans et d’une augmentation de la demande. Le déséquilibre va durer de dix-huit mois à deux ans avant de se résorber. Pour tirer parti de cette période favorable aux matières premières, j’investis dans des sociétés comme Vallourec et Technip pour le pétrole, et Eramet pour le nickel.

La forte présence d’entreprises en situation spéciale et en retournement n’augmente-t-elle pas le risque du fonds ?
Notre processus de construction du portefeuille évite toute augmentation non souhaitée de la volatilité du fonds. Aujourd’hui, la volatilité de FF-France Fund s’élève à 13,6 %, soit 1 % au-dessus de celle de l’indice CAC All Tradable. Le profil de risque du fonds ne devrait pas augmenter car, pour équilibrer la volatilité induite par les dix premières positions du fonds qui sont des sociétés assez volatiles, le reste du portefeuille est investi dans des valeurs à faible bêta comme Laurent Perrier et Société des Bains de Mer. Ce mixte s’avère équilibré.

Quelles modifications apportez-vous à votre portefeuille en ce début d’année ?
Gemalto a fait l’objet d’une OPA lancée par Atos à 47 euros en décembre dernier, suivie d’une contre-OPA initiée par Thales à 51 euros. Comme Gemalto représentait 4,5 % du fonds et que cette offre extériorisait une prime de 70 % par rapport au mois précédent, j’ai sorti cette position qui était l’une des plus importantes du fonds. En ce début d’année, j’ai réalloué le produit de la cession sur des petites valeurs déjà présentes en portefeuille comme Altice, Technicolor et Solocal, dont les cours me semblent en retard. Altice est devenue aujourd’hui la première position du fonds. Je n’ai donc pas ajouté de nouvelles valeurs au portefeuille, dont le nombre de lignes se situe dans la fourchette basse de notre objectif.

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