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Insight Sustainable Euro Corporate Bond Fund

Option Finance - 16 octobre 2020

Spécialisée dans l’investissement obligataire, Insight, une société d’investissement de BNY Mellon Investment Management, a pris un virage ESG il y a déjà une quinzaine d’années. Aujourd’hui, ses encours en crédit européen s’élèvent à près de 23 milliards d’euros, dont plus de la moitié est gérée avec des paramètres ESG, et cela ne fait que croître. «L’essor de l’investissement durable s’explique par la demande grandissante de nos clients, mais aussi par la meilleure gestion des risques que cela permet. Cette crise a été un vecteur d’accélération», constate Robert Sawbridge, gérant du fonds Insight Sustainable Euro Corporate Bond Fund.

Ce fonds cherche à profiter des opportunités sur le marché de l’obligataire européen, principalement sur le segment de l’investment grade, et suit une approche «best-in-class». «Nos investissements sont fonction d’une allocation de marché, de la duration et du positionnement sur la courbe des taux, d’une stratégie sectorielle puis d’un stock picking (sélection de titres), sans oublier une composante devises. L’objectif : combiner ces cinq facteurs pour multiplier les sources de retour sur investissement», explique Robert Sawbridge, qui s’appuie sur une soixantaine de collaborateurs.

Insight a développé sa propre méthodologie de notation des sociétés, excluant les sociétés les moins bien notées en termes d’ESG et d’intensité carbone (notamment tabac, jeux d’argent, défense, charbon…). Le fonds investit également dans des obligations à impact (vert, social ou en faveur des SDG). «Cela ne fait que renforcer la robustesse du portefeuille», souligne le gérant. Des propos confirmés par la performance. Objectif affiché du fonds Sustainable Euro Corporate Bond Fund : surperformer son indice de référence, le Barclays Euro Aggregate Corporate, de 0,75 % à 1 % sur cinq ans, en performance annualisée. Un objectif tenu, y compris au cœur de cette crise, comme le prouve son historique. 

3 questions à… Robert Sawbridge, gérant du fonds

Reste-t-il du potentiel de valorisation sur le segment de l’investment grade ?

L’investment grade européen a connu une forte baisse en mars dernier, avec un écartement des spreads notable. Cela a créé des opportunités d’investissement, mais cette période de «soldes» semble arriver à son terme. Il reste néanmoins un potentiel d’appréciation des valorisations, notamment par rapport aux actions. Cela tient au contexte. Le support de la BCE reste très fort, avec des taux bas qui devraient perdurer encore un certain temps. Cette classe d’actifs conserve donc tout son sens au sein d’une allocation.

Alors que le risque de défaut augmente avec la crise, quels titres privilégiez-vous ?

Il faut évidemment se montrer très sélectif, le taux de rotation annuel moyen du portefeuille est d’ailleurs de 88 %. L’investissement obligataire doit s’inscrire dans le cadre d’une gestion active, impliquant une réelle sélection des titres plutôt qu’une stratégie indicielle. Déterminer la «fair value», c’est-à-dire la bonne valorisation du spread, est un élément central de notre gestion obligataire. En mars dernier, nous avons repris du risque et surpondéré le secteur bancaire, notamment au travers de la dette senior. Nous privilégions également les valeurs non cycliques, dans la santé ou les télécoms. En revanche, nous sommes sous-pondérés sur les valeurs cycliques, les biens d’équipement et l’énergie, qui risquent d’être pénalisées dans les mois à venir. En matière de duration, nous sommes sous-pondérés par rapport à notre indice de référence.

Comment intégrez-vous des critères ESG dans votre gestion obligataire ?

Notre gestion ESG, qui a reçu le label LuxFLAG, s’applique à trois niveaux. Des critères d’exclusion touchent certains secteurs : environ 15 % de notre indice de référence sont ainsi exclus du fonds. Nous sélectionnons, grâce à notre système de notation propriétaire, les émetteurs les mieux notés en matière d’ESG. Enfin, nous investissons sur des obligations à impact positif : les obligations vertes ou sociales représentent 20 % du portefeuille et renforcent ainsi son orientation durable. Après une accalmie en août, les émissions d’obligations à impact ont fortement repris en septembre et nous avons par exemple souscrit aux émissions d’obligations sociales d’Icade Santé et d’obligations durables d’Adidas.

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