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IVO Fixed Income Short Duration Ucits

Funds Magazine - 03 Juillet 2020 - Marianne Di Meo

IVO Short Duration est un fonds pur sur les pays émergents, qui investit uniquement dans la dette corporate – principalement à haut rendement – libellée en devises dures (euro et dollar, l’exposition à la devise américaine étant systématiquement couverte).

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Compte tenu du succès rencontré par son fonds emblématique IVO Fixed Income, tant en matière de performances (+ 26,72 % à fin décembre 2019 depuis son lancement en avril 2015) que de croissance des encours (qui dépassent 400 millions d’euros), la société de gestion IVO Capital Partners a décidé d’enrichir son offre. Deux nouveaux produits sont donc disponibles depuis la fin d’année dernière : IVO Global Opportunities, un fonds mixte au profil plus agressif qu’IVO Fixed Income (l’exposition aux marchés d’actions peut monter jusqu’à 30 %) et IVO Short Duration. Concernant ce dernier, il s’agit d’un fonds pur sur les pays émergents, qui investit uniquement dans la dette corporate – principalement à haut rendement – libellée en devises dures (euro et dollar, l’exposition à la devise américaine étant systématiquement couverte). Il cible des émetteurs de qualité qui doivent payer une prime de rendement du fait de l’environnement stressé dans lequel ils évoluent. «IVO Short Duration s’adresse aux investisseurs qui pourraient éprouver une certaine réticence à investir dans la dette émergente en raison du caractère “exotique” de la classe d’actifs, résume Romain Lacoste, co-gérant du fonds. Ce fonds est en effet plus conservateur que les deux autres produits de la gamme, à la fois en termes de qualité de crédit (l’objectif de rating moyen se situant à BB-) et en termes de duration, inférieure à trois ans en moyenne sur l’ensemble du portefeuille. Ce positionnement permet de limiter la volatilité et le risque de taux.»

A noter : la société de gestion a pour objectif d’obtenir le label ISR pour ce fonds.

Le processus de gestion

La philosophie d’investissement du fonds est identique à celle du fonds phare de la maison, IVO Fixed Income, et consiste à se positionner sur les bonnes sociétés dans les mauvais pays, ce qui permet de réaliser des investissements de qualité avec une décote. Certains émetteurs émergents sont en effet pénalisés par le principe du plafond souverain appliqué par les agences de notation, en vertu duquel ils ne peuvent être mieux notés que leur pays d’appartenance, alors même qu’ils mériteraient une meilleure notation sur la base de leurs fondamentaux. Cette méthodologie de notation entretient l’amalgame entre dette souveraine et dette d’entreprise. Par ailleurs, lorsqu’un pays est en crise, on observe dans un premier temps un fort écartement sur les spreads de la dette souveraine, qui se répercute par la suite sur les obligations des entreprises du pays. Ces dernières présentent alors des niveaux de rendements élevés, qui ne s’expliquent pas par des facteurs propres aux émetteurs (puisqu’il s’agit de sociétés de qualité), mais par des éléments externes (leur pays de domiciliation est sous pression).

Le processus de gestion est basé sur la surveillance des niveaux de spreads de l’ensemble des pays émergents. «Au-delà des pays qui connaissent une crise passagère, comme cela a pu être le cas pour l’Argentine ou la Turquie, nous nous intéressons également à ceux qui présentent structurellement des spreads élevés, précise Romain Lacoste. C’est par exemple le cas de marchés frontières, dont l’univers corporate est relativement restreint mais où les entreprises qui émettent sur les marchés internationaux sont solides. Nous ciblons également certaines filiales de grands groupes français, comme Aéroports de Paris ou Vinci, qui émettent des obligations en devises dures avec des niveaux de rendement élevés du fait de leur localisation géographique dans les pays émergents.»

L’équipe de gestion opère ensuite un travail d’analyse fondamentale classique des émetteurs (niveaux d’endettement, estimations des cash-flows futurs, exposition aux devises, etc.), afin de sélectionner les entreprises en mesure de résister à la crise que traverse leur pays d’appartenance. Le portefeuille, dont la composition s’affranchit de tout benchmark, est bien diversifié, puisqu’il compte entre 60 et 70 lignes.

La société de gestion

IVO Capital Partners est une société de gestion française indépendante spécialiste de la dette d’entreprise. Créée en 2012, la société investit dans le crédit coté et non coté avec une prédilection pour les situations spéciales offrant des primes de rendement sur les marchés internationaux, notamment émergents. Fin 2019, elle gérait plus de 800 millions d’euros d’encours au travers de mandats de gestion, de fonds obligataires Ucits et de véhicules IVO dédiés à des opérations de dette privée, et comptait une vingtaine de collaborateurs au sein de ses bureaux de Paris, Mexico et São Paulo.

* Le fonds IVO Fixed Income Short Duration Ucits ayant moins d’une année de track record, il n’est réglementairement pas autorisé à communiquer sur ses performances.

Les convictions du gérant, Romain Lacoste

Romain Lacoste est co-gérant du fonds IVO Short Duration et membre du comité d’investissement.
Il a rejoint IVO Capital Partners en septembre 2014 en tant qu’analyste financier, basé à Mexico, où il travaillait exclusivement sur le fonds IVO Fixed Income. De retour à Paris depuis fin 2019, il co-gère désormais le fonds IVO Short Duration. Avant de rejoindre IVO Capital Partners, il a réalisé différents stages en banque d’investissement, notamment à la Société Générale CIB en trade finance, où il a participé à la mise en place de conventions d’escomptes pour plus de 200 millions de dollars.
Romain Lacoste est titulaire d’un MSC en management, filière finance de l’ESSEC, et est titulaire du CFA.

Trois mois seulement après son lancement, votre fonds a été confronté à une crise sans précédent. Comment l’avez-vous gérée ?

Le marché de la dette émergente a effectivement dû faire face à un mouvement de «flight to quality». Il a subi d’importantes sorties de capitaux, complètement déconnectées de la qualité des fondamentaux des entreprises, et les liquidités se sont asséchées.

Malgré ce contexte difficile pour la classe d’actifs crédit émergent, le fonds IVO Short Duration a plutôt bien résisté (sa performance, arrêtée au 5 juin 2020, est positive depuis le début de l’année*) grâce à la combinaison de trois éléments : sa faible duration, comme son nom l’indique ; son exposition d’environ 10 % à des émetteurs de qualité investment grade, qui ont mieux résisté ; et une position de cash relativement importante, qui a représenté jusqu’à 20 % de l’actif.

Avez-vous repris de l’exposition depuis lors ?

Les spreads se situent actuellement à des niveaux historiquement hauts. Ils sont supérieurs à 800 points de base pour la dette high yield émergente dans son ensemble, alors que leur niveau normal est plutôt de l’ordre de 500 points de base. Dans le même temps, les niveaux d’endettement des entreprises des pays émergents – sur la base du ratio rapportant la dette nette à l’Ebitda – sont dans la moyenne basse sur cinq ans. Malgré le mouvement de ralentissement économique mondial, le risque de défaut nous semble donc limité.

Nous nous sentons à l’aise dans cet environnement. Nous avons mis à profit les gros décrochages observés en mars pour nous positionner sur des obligations au profil rendement/risque attrayant, dont les niveaux de prix constituaient de bons points d’entrée. Nous avons ainsi beaucoup fait tourner le portefeuille, ce qui nous a permis de profiter du rebond, et nous sommes actuellement quasiment investis à 100 %.

Où identifiez-vous des opportunités d’investissement ?

De manière globale, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Europe de l’Est offrent des niveaux de spreads plus intéressants que l’Asie.

Nos plus grosses expositions sont sur le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud et l’Inde. Et, à très court terme, nous jouons une appréciation de l’univers corporate en Argentine (8 % de notre exposition), où la renégociation de la dette souveraine est en cours et devrait bientôt aboutir.

Un mot sur votre politique de couverture sur le dollar ?

Notre métier ne consiste pas à avoir des vues sur l’évolution des devises, mais à faire de l’analyse fondamentale. Nous couvrons donc systématiquement notre exposition au dollar. Compte tenu de la baisse des taux américains, le coût de cette couverture a significativement diminué et est désormais inférieur à 1 %, alors qu’il était supérieur à 2 % avant la crise.

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