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IVO Fixed Income

Funds Magazine - Mise à jour janvier 2021 - Marianne Di Meo

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Lancé en avril 2015, le fonds IVO Fixed Income investit principalement dans des obligations d’entreprises internationales à haut rendement, au travers d’une stratégie géographiquement flexible. L’équipe de gestion recherche des émetteurs de qualité qui doivent payer une prime de rendement du fait de l’environnement dans lequel ils évoluent. La stratégie du fonds consiste donc à retenir les obligations dont le niveau élevé de rendement ne s’explique pas par des facteurs internes à l’émetteur – puisqu’il s’agit de sociétés de qualité –, mais externes – leur pays de domiciliation ou leur secteur d’activité est sous pression. «L’objectif du fonds est d’apporter aux gérants de portefeuilles de la diversification géographique et sectorielle pour leur allocation high yield, tout en améliorant la qualité de crédit, la duration et le rendement», résume Sidney Oury, co-fondateur et associé d’IVO Capital Partners. 

Cette stratégie, qui permet à IVO Fixed Income de se démarquer d’une gestion high yield traditionnelle, a fait ses preuves dans la durée. Sur cinq ans, le fonds se classe dans le top 10 de la catégorie Morningstar «obligations marchés émergents emprunts privés dominante euro».

Le processus de gestion

Le fonds suit une approche globale et peut donc être investi dans toutes les zones géographiques, mais uniquement sur les obligations libellées en devises dures, euro et dollar principalement, l’exposition à la devise américaine étant couverte en euros. Le fonds, dont la composition s’affranchit de tout benchmark, a un biais marqué sur les pays émergents, et plus particulièrement sur l’Amérique latine, terrain de jeu privilégié d’IVO Capital Partners – la société de gestion possède un bureau à Mexico et un autre à São Paulo. Le cœur du portefeuille est composé d’obligations d’entreprises. Les gérants se réservent toutefois la possibilité d’investir, à la marge, dans des obligations souveraines. 

Le choix des émetteurs est précédé par un travail d’identification des zones de rendement, qu’il s’agisse de pays ou de secteurs dont la perception est pénalisée en raison de l’existence de tensions structurelles ou conjoncturelles. Ce qui engendre par effet de cascade des décotes sur les obligations des entreprises de ces pays ou de ces secteurs.

Au printemps dernier, la société de gestion a renforcé la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans son processus de gestion. Certains pays, certains secteurs ainsi que certains émetteurs sont automatiquement exclus de l’univers investissable. Ensuite, l’analyse financière classique des émetteurs se double d’une analyse extra-financière, avec deux notations parallèles : d’un côté, celle attribuée par Sustainalytics – retranscrite sur une échelle de A à D – et, de l’autre, celle donnée en interne avec quatre niveaux de recommandations – green, orange, red ou black flag. Selon le mix de notation obtenu par un émetteur, les gérants n’investiront pas – black flag – ou bien ils investiront à condition que le risque ESG encouru ait une compensation financière, c’est-à-dire s’il se traduit par des niveaux de rendement supérieurs. 

Le fonds est bien diversifié, puisqu’il regroupe une centaine d’émetteurs, aucune position n’étant supérieure à 5 % de l’actif.
Le niveau de cash se situe dans une fourchette de 5 à 10 % – 5 % actuellement –, afin que la gestion reste flexible et puisse saisir les opportunités qui se présentent lorsqu’un pays ou un secteur est chahuté. 

Le fonds présente un risque de taux limité avec une faible duration. Depuis le lancement du fonds, il y a cinq ans, celle-ci est restée dans une fourchette relativement basse – comprise entre 1,9 et 4 – et elle s’établit actuellement à quatre ans. Lorsque les conditions de marché sont moins favorables et que les spreads sont plus resserrés, le fonds peut avoir une approche défensive de portage, avec une duration plus courte.

La société de gestion

IVO Capital Partners est une société de gestion française indépendante spécialiste de la dette d’entreprise. Créée en 2012, elle investit dans le crédit coté et non coté avec une prédilection pour les situations offrant des primes de rendement sur les marchés internationaux, notamment émergents. A fin novembre 2020, elle gérait environ 900 millions d’euros d’encours au travers de mandats de gestion, de quatre fonds obligataires Ucits et de véhicules dédiés à des opérations de dette privée, et comptait une vingtaine de collaborateurs au sein de ses bureaux de Paris, Mexico et São Paulo.

Les convictions de l’équipe de gestion

Les gérants
Le fonds est co-géré par Michael Israel (à gauche) et Roland Vigne, qui ont fondé IVO Capital Partners avec Sidney Oury. Auparavant, ils ont travaillé chez Merrill Lynch sur le marché de la dette d’entreprise : Roland Vigne à New York au sein du département investissement pour compte propre, et Michael Israel à Paris au sein de l’équipe de gestion spécialisée dans le crédit corporate avec un focus spécifique sur les crédits structurés, le marché high yield européen et les marchés émergents. Les gérants sont épaulés par Romain Lacoste, CFA, analyste senior, et par Barbara Gibot Leclerc, analyste ESG.

Comment avez-vous traversé cette année très agitée sur les marchés financiers ?

La crise sanitaire, qui a débouché sur une crise économique, a entraîné beaucoup de volatilité sur les marchés sans toutefois provoquer d’incident de crédit majeur. Compte tenu du positionnement du fonds, qui cible principalement des entreprises de qualité mais mal notées du fait d’une mauvaise notation de leur pays, nous avons subi de plein fouet le mouvement de «flight to quality». La dislocation des marchés a créé des opportunités d’achat uniques sur le crédit corporate émergent, avec de fortes décotes sans pour autant qu’il y ait de pic de défauts. Deux de nos fonds affichent des performances spectaculaires depuis le début de l’année : IVO Short Duration est proche des + 9,5 % et IVO Opportunités est à + 17,5 %, et même le fonds IVO Fixed Income, qui a été le plus affecté compte tenu de son profil, est quasiment revenu à l’équilibre - 3,6 %.

Quels sont les éléments de soutien pour le marché du crédit émergent à haut rendement en devises dures, sur lequel le fonds est positionné ?

La classe d’actifs devrait profiter de la conjonction de plusieurs éléments favorables.

D’un point de vue macroéconomique, les pays émergents vont profiter de la faiblesse du dollar et de la forte reprise attendue de leur croissance – + 6 % en 2021 –, portée notamment par le dynamisme de la Chine, qui est leur premier partenaire économique et le premier moteur de leur croissance. Malgré la crise liée au coronavirus, la Chine devrait enregistrer une croissance de plus de 2 % cette année, et c’est elle qui affiche la plus forte croissance attendue en 2021, à plus de 8 %. Le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt dans les pays développés est également un élément très favorable au crédit émergent high yield, car il conduit les investisseurs à rechercher des solutions d’investissement pour améliorer leur rendement et leur risque. La classe d’actifs est d’autant plus attractive que le niveau d’endettement est relativement faible, tout comme le taux de défaut attendu sur le segment en 2021 (2,8 %). Enfin, l’annonce des vaccins a apporté ce qui manquait pour libérer les flux, à savoir le passage d’un marché hésitant risk on/risk off à un mode risk on plus ancré. 

Vous êtes donc confiants dans les perspectives du fonds…

Le redémarrage économique, la reprise de la mobilité internationale et les ratings souverains devraient conduire à des performances solides en 2021. En plus du «carry», le fonds présente encore du potentiel lié à un effet de rattrapage sur les prix et offre des niveaux de rendement proches de 10 %, quand un portefeuille comparable pré-crise était plutôt autour de 6 %. Avec une duration autour de 4, cela donne une idée de la valeur embarquée potentielle en «mark to market». Celle-ci peut se concrétiser rapidement si l’on reste sur la dynamique risk on qui a suivi l’annonce des vaccins – le fonds est déjà à + 9 % depuis fin octobre –, ou plus lentement selon la confiance des marchés. Dans ce cas, le coupon annuel, à 8 %, devrait à lui seul assurer une performance importante en 2021 si les prix des obligations se stabilisent à ces niveaux. 

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