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IVO Fixed Income

Funds Magazine - 26 avril 2019 - Marianne Di Meo

IVO Fixed Income

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Lancé en avril 2015, le fonds IVO Fixed Income investit principalement dans des obligations d’entreprises internationales à haut rendement, au travers d’une stratégie géographiquement flexible. L’équipe de gestion recherche des émetteurs de qualité qui doivent payer une prime de rendement du fait de l’environnement dans lequel ils évoluent. La stratégie du fonds consiste donc à retenir les obligations dont le niveau élevé de rendement ne s’explique pas par des facteurs internes à l’émetteur (puisqu’il s’agit de sociétés de qualité), mais externes (leur pays de domiciliation ou leur secteur d’activité est sous pression). «L’objectif du fonds est d’apporter aux gérants du portefeuille de la diversification géographique et sectorielle pour leur allocation high yield, tout en améliorant la qualité de crédit, la duration et le rendement», résume Sidney Oury, co-fondateur et associé d’IVO Capital Partners.

Cette stratégie, qui permet à IVO Fixed Income de se démarquer d’une gestion high yield traditionnelle, est couronnée de succès. Le fonds se classe au premier rang sur un an et sur trois ans dans la catégorie Morningstar «Obligations Marchés Emergents Emprunts Privés Dominante EUR», premier sur trois ans dans la catégorie Quantalys «Obligations Monde Secteur Privé» et également premier sur trois ans dans la catégorie Citywire «Bonds – Global». Il s’est par ailleurs vu attribuer cinq étoiles par Morningstar et Quantalys l’année dernière. Enfin, ses deux co-gérants, Roland Vigne et Michael Israel, ont obtenu la plus haute note Citywire, AAA.

Le processus de gestion

Le fonds suit une approche globale et peut donc être investi dans toutes les zones géographiques, mais uniquement sur les obligations libellées en devises dures, euro et dollar principalement, l’exposition à la devise américaine étant couverte en euro. A noter : la société de gestion propose une part en dollar, qui offre un rendement supérieur.

Le fonds, dont la composition s’affranchit de tout benchmark, a un biais marqué sur les pays émergents, et plus particulièrement sur l’Amérique Latine, terrain de jeu privilégié d’IVO Capital Partners (la société de gestion possède un bureau à Mexico et un autre à São Paulo). A l’inverse, il n’est pas du tout investi dans la Chine, où la majorité des émetteurs en devises dures sont liés au secteur immobilier et où la prime de risque est peu élevée au regard du niveau d’endettement des entreprises et des taux de défaut en hausse.
Le cœur du portefeuille est composé d’obligations d’entreprises. Les gérants se réservent toutefois la possibilité d’investir, à la marge, dans des obligations souveraines.
Le fonds présente un risque de taux limité avec une faible duration. Celle-ci est restée dans une fourchette relativement basse – comprise entre 1,9 et 4 – depuis le lancement du fonds, il y a quatre ans, et elle s’établit actuellement à 2,8.
Le processus suit une approche top-down, le choix des émetteurs étant précédé d’une analyse de l’environnement macroéconomique, politique ou sectoriel. Le but est en effet d’identifier des tensions qui pénalisent la perception d’un pays ou d’un secteur et, par effet de cascade, les entreprises de ce pays ou de ce secteur.
Le fonds est bien diversifié, puisqu’il regroupe entre 60 et 70 émetteurs, aucune position n’étant supérieure à 5 % de l’actif.
Le niveau de cash se situe dans une fourchette de 5 à 10 % (5 % actuellement), afin que la gestion reste flexible et puisse saisir les opportunités qui se présentent lorsqu’un pays ou un secteur est chahuté.
Aussi, lorsque les conditions de marché sont moins favorables et que les spreads sont plus resserrés, le fonds peut avoir une approche défensive de portage avec une duration plus courte.


La société de gestion

IVO Capital Partners est une société de gestion française spécialisée dans le marché de la dette cotée et non cotée. Créé en 2012, le groupe compte aujourd’hui 18 personnes et est présent à Paris, à Mexico et à São Paulo. Au 29 mars dernier, IVO Capital Partners gérait plus de 600 millions d’euros de capitaux privés et institutionnels au travers de mandats de gestion, du fonds obligataire Ucits IVO Fixed Income et de véhicules IVO dédiés à des opérations de dette privée.

L’équipe dirigeante

Sidney Oury, Michael Israel et Roland Vigne (de gauche à droite) sont les fondateurs d’IVO Capital Partners.
Auparavant, ils ont tous trois travaillé chez Merrill Lynch sur le marché de la dette d’entreprise: Roland Vigne (co-gérant du fonds) à New York au sein du département Investissement pour compte propre; Michael Israel (co-gérant du fonds) et Sidney Oury (membre du comité d’investissement) à Paris au sein de l’équipe de gestion spécialisée sur le crédit corporate avec un focus spécifique sur les crédits structurés, le marché high yield européen et les marchés émergents.
Les gérants sont épaulés par Romain Lacoste CFA, analyste senior et Maelys Lecrivan, analyste ESG.

Votre fonds a un biais historique sur les pays émergents. Pour quelles raisons ?
La raison principale est que le marché obligataire émergent offre structurellement plus de qualité que les marchés obligataires des pays considérés comme développés. En effet, les émetteurs émergents, qui ne peuvent être mieux notés que leur pays d’appartenance en vertu du principe du «sovereign ceiling» appliqué par les agences de notation, affichent souvent une qualité de crédit meilleure que celle des entreprises américaines ou européennes dont la notation est équivalente, et ils offrent un rendement supérieur à qualité de crédit égale. En outre, ce marché continue à être sous-pondéré dans les indices globaux, alors qu’il dépasse désormais en taille celui du high yield américain et européen et offre donc de nombreuses opportunités d’investissement.
Enfin, depuis près de quinze ans, nous faisons régulièrement face à des mouvements de «fly to quality», qui conduisent souvent les gérants à alléger mécaniquement d’abord leur allocation «émergente», quels que soient les fondamentaux des sous-jacents. Cette dynamique profite à notre stratégie.

Votre fonds bénéficie donc du retour en grâce de cette classe d’actifs…
La dette émergente a souffert l’an dernier et a subi d’importantes sorties de capitaux. Elle bénéficie de plusieurs éléments de soutien depuis le début de l’année : la Fed a abandonné ses velléités d’augmenter ses taux directeurs, le dollar se stabilise, et les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine semblent s’apaiser. Il est également intéressant de noter que beaucoup d’économies émergentes sont en début de cycle économique (contrairement aux marchés développés) et que l’endettement moyen des entreprises dans les marchés émergents est à un plus bas historique depuis 2012.  Ce contexte plus favorable, couplé aux fortes performances individuelles de certaines lignes du portefeuille, permet au fonds d’afficher une performance de 5,5 % en euro depuis le 1er janvier. Ce regain d’intérêt se traduit également dans notre collecte, les encours du fonds étant passés de 191 millions d’euros en début d’année à 280 millions au 12 avril 2019.

Dans quels pays et quels secteurs identifiez-vous actuellement des opportunités d’investissement ?
Le fonds est majoritairement exposé aux entreprises argentines, brésiliennes et mexicaines. Cela marque une nette différence avec les indices globaux high yield, dans lesquels l’Amérique latine est peu représentée. En ce qui concerne l’Argentine (13,1 % du fonds à fin mars), le prêt accordé par le FMI a apporté une bouffée d’oxygène, mais l’économie reste en récession, avec une inflation forte. Les spreads sur nos émetteurs offrent un pick-up intéressant et justifient une exposition sur des maturités courtes ou des secteurs résilients. Nous avons nettement réduit notre exposition au Brésil (de 26 % au plus haut à 12,8 %), car les spreads se sont fortement resserrés. Nous ne conservons que des positions idiosyncratiques offrant encore du potentiel à court terme. Quant au Mexique (10,4 %), le contexte de marché devient plus favorable à notre stratégie dans le sens où, même si les fondamentaux restent solides, les marchés commencent à s’inquiéter du nouveau gouvernement AMLO et de sa politique ancrée à gauche.
En matière de secteurs, le fonds a un biais marqué sur les matières premières, et notamment sur le pétrole et le gaz (27,3 %), car nous y identifions des sociétés de qualité avec des coûts de production peu élevés et qui dégagent des free cash-flows. De plus, beaucoup d’entreprises de ce secteur se sont désendettées depuis la dernière crise pétrolière.

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