Sélection de fonds

Convertibles

LBPAM ISR Convertibles Europe

Funds Magazine - Octobre 2020 - Pierre Gélis

Dans un environnement impacté par le ralentissement économique généré par le Covid-19, l’élection présidentielle aux Etats-Unis et le risque d’un Brexit dur, les obligations convertibles font preuve d’une forte résilience qui augure bien de l’avenir selon notre analyse.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Leur bonne résistance aux phases de baisse des actions, tout en participant activement à celles de hausse, s’explique par leur caractère hybride, le comportement de la convertible étant plus sensible à l’évolution de l’action sous-jacente quand cette dernière s’apprécie, et au contraire bénéficiant du filet obligataire lorsque le cours de l’action baisse. Dans ces conditions, plus le marché oscille entre phases de baisse et phases de hausse, comme cette année, plus la robustesse de l’obligation convertible en fait un actif qui peut être attrayant selon nous, au regard de son rapport performance/risque.
A cet égard, le fonds LBPAM ISR Convertibles Europe réunit ce que nous jugeons les meilleurs attraits des obligations convertibles, notamment grâce aux exigences de l’équipe de gestion sur la qualité du crédit de l’émetteur. «Sélectionner les crédits les plus liquides et les plus solides permet de préserver la protection qui peut être offerte par le plancher obligataire dans les phases de krach de marché. Ce n’est pas vrai pour l’ensemble des convertibles», souligne Brice Périn, le gérant principal du fonds. A cet égard, la convergence entre analyse crédit et analyse extra-financière depuis plus de deux ans chez LBPAM renforce l’implication de l’équipe de gestion dans le respect des critères ESG du portefeuille bien au-delà des exigences nécessaires à l’obtention du label officiel ISR. Suivie en permanence, l’intensité carbone des investissements en portefeuille était à fin août inférieure de plus de 5 % à celle de l’indice ECI (Exane Convertibles Index Europe). Autre point fort, la politique de gestion de LBPAM ISR Convertibles Europe cherche à maintenir à tout moment la meilleure convexité possible du portefeuille tout en faisant évoluer l’exposition actions selon les régimes de marché : le delta action peut dépasser 50 %, tandis que dans les phases de contraction il pourrait baisser temporairement jusqu’à 10 %. Pour autant, il s’agit là de moyennes, car, n’ayant pas à respecter un benchmark, le fonds est géré selon une approche de sélection de valeurs en fonction des perspectives spécifiques de chacun de ses investissements.


Le processus de gestion

Le critère de la liquidité de la convertible, que ce soit au regard de la taille de l’émission, de la capitalisation du sous-jacent ou de la capacité à échanger des volumes importants sur le marché secondaire, constitue un premier filtre. Les secousses du marché au début de l’année ont confirmé la pertinence de cette approche. Pour le gérant, «acheter un titre que l’on ne pourrait pas vendre – ou à un prix très dégradé – dans des marchés stressés présente un vrai risque». Outre les convertibles insuffisamment liquides, le processus écarte également les titres figurant dans la liste d’exclusions réglementaires, sectorielles, normatives issue du comité d’exclusion LBPAM. Ensuite, l’analyse crédit écarte tout aussi fermement toutes les émissions dont la qualité jugée insuffisante mettrait en péril le plancher obligataire de la convertible. Parallèlement à l’analyse financière classique et à l’attractivité de l’action sous-jacente, l’analyse extra-financière (méthodologie Great pour gouvernance, ressources, transition énergétique et économiques et territoires) vise à mettre en exergue les facteurs de faiblesses et d’opportunités pour l’émetteur et le sous-jacent. Elle permet de déterminer une note pour chaque émission et aussi de les agréger pour déterminer la note ISR du portefeuille, des indices de convertibles et plus largement pour l’ensemble de l’univers d’investissement. Cette première étape franchie, l’étude du prospectus d’émission de la convertible (et des clauses en cas de changement de contrôle notamment) et l’analyse de ses caractéristiques techniques permettent de sélectionner les meilleures opportunités.


La société de gestion

La Banque Postale Asset Management est une filiale à 70 % de La Banque Postale. Bénéficiant d’un ancrage historique sur le territoire français, LBPAM a signé en 2015 un partenariat en gestion d’actifs avec Aegon AM intégrant une participation minoritaire de 25 % dans le capital de La Banque Postale Asset Management. Cinquième société française, LBPAM gère un encours de 230 milliards d’euros au 30 juin 2020, dont 210 milliards d’euros pour une clientèle d’investisseurs institutionnels, fondations et grandes entreprises auxquels elle propose des solutions d’investissement spécifiques dédiées, 15 milliards d’euros en fonds proposés aux clients particuliers et patrimoniaux de La Banque Postale et 5 milliards d’euros via des distributeurs externes. Gérant multi-expert, LBPAM est spécialiste de la gestion crédit et des solutions assurantielles. Son savoir-faire est également reconnu sur les classes monétaires, actions européennes et quantitatives et la gestion de fonds de dette.

Les convictions de l’équipe de gestion

Le fonds est cogéré par Brice Périn et Christine Delagrave.

Diplômé de l’ENSAE, Brice Périn commence ses vingt et un ans d’expérience dans les fonds d’obligations convertibles et de volatilité en 1999 chez DWS Investments. Il poursuit sa carrière à La Française AM en 2007 et devient responsable de la gestion convertible chez Generali Investments en 2013. Il rejoint La Banque Postale Asset Management en 2017, en tant que responsable gestion convertibles.

Christine Delagrave a obtenu un DESS finance de l’université Paris II-Assas. Elle a commencé sa carrière chez Schelcher Prince, puis a rejoint CPR Asset Management en 1990 en tant que senior manager dans le domaine des obligations convertibles. En 2008, elle rejoint La Banque Postale Asset Management, où elle est actuellement gérante.


 

Quels facteurs expliquent l’amélioration sensible du ratio d’information de LBPAM ISR Convertibles Europe ?

Notre processus de gestion privilégie la sélectivité sur la qualité de crédit pour l’ensemble de nos portefeuilles, mais LBPAM ISR Convertibles Europe se démarque par une exigence encore accrue dans ce domaine. On s’interdit par exemple d’investir dans des émissions notées B ou en dessous. Ce biais défensif crédit est à notre avis le seul moyen d’offrir une véritable résistance à la baisse en cas de fort décrochage des sous-jacents. A cet égard, 2020 a été un bon test pour notre approche. Si on se réfère aux trois dernières années, il y a eu de nombreux événements de crédit qui ont pu affecter négativement des émetteurs, dont les situations financières compliquées ont généré un climat qui a pesé sur leurs convertibles. Or, l’exigence sur la qualité de crédit de l’émetteur est selon nous l’unique moyen pour bénéficier de la protection offerte par le plancher obligataire de la convertible.

La politique d’exclusion du fonds a-t-elle des conséquences négatives dans vos choix sectoriels ?

Notre parti pris de ne pas investir dans les activités portant à controverse réduit potentiellement les champs d’investissement, mais c’est un choix assumé, et de toute façon la gestion d’un portefeuille d’obligations convertibles est une gestion d’optimisation sous diverses contraintes : le meilleur crédit, la meilleure liquidité, les titres qui ont les meilleurs critères ESG et pour lesquels nous espérons bénéficier du meilleur potentiel action. En outre, l’univers des convertibles est suffisamment vaste pour que les critères ISR ne limitent pas excessivement la diversification du portefeuille.

Pourquoi avoir baissé à 10 % le niveau minimal aux risques actions, alors que le maximum reste inchangé à 60 % ?

Très défensif sur le crédit, notre style de gestion préserve des marges de manœuvre suffisamment larges pour gérer l’exposition à la sensibilité actions en fonction de nos convictions sur les titres et l’environnement de marché. S’imposer une limite maximum en delta trop basse ne nous semble pas optimal quand nous sommes potentiellement confiants sur les actions sous-jacentes. Nous maintenons ainsi à 60 % le niveau maximum d’exposition au risque actions, même si nous ne l’avons atteint que très rarement. En revanche, nous avons baissé le delta minimum à 10 %, car, réciproquement, nous voulons pouvoir réduire l’exposition au marché quand nous sommes très négatifs sur l’évolution à très court terme. Cet été, nous étions revenus sur un niveau standard, proche de 40 %, mais depuis fin août nous avons plutôt réduit l’exposition moyenne.

Rechercher un autre fonds

Autres fonds gérés par cette société