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Lyxor FTSE Europe Minimum Variance UCITS ETF

Option Finance - 27 juin 2016

L’étape cruciale dans la conception d’un ETF de smart beta est le choix de l’indice. Les équipes de recherche de Lyxor partageaient une vision commune avec FTSE sur la meilleure manière de construire un portefeuille qui réponde aux besoins des investisseurs de réduire le risque sans compromettre la diversification.

François Millet est responsable développement produits ETF et smart beta, Lyxor
Lyxor


François Millet
est responsable développement produits ETF et smart beta de Lyxor. Il exerce son activité dans la gestion indicielle depuis 2004, d’abord chez Société Générale AM puis chez Lyxor.

L’investissement factoriel exige des recherches académiques poussées. Avec quelles universités avez-vous noué des partenariats ?
Menée par Thierry Roncalli, responsable de la recherche et développement chez Lyxor et également professeur associé à l’université, notre équipe de recherche fut pionnière dans la construction de portefeuille par le risque (allocation par budgétisation des risques, puis par facteurs de risque) et ne cesse d’élargir ses programmes. Lyxor a en outre créé avec l’Edhec une chaire de recherche sur le «risk parity».
Dans la gestion passive, Lyxor travaille avec l’université Paris-Dauphine, avec qui elle a créé l’ETF Research Academy, tout en s’associant aux chercheurs de grandes universités mondiales, de Singapour à la Suisse, dans le domaine des ETF.
Elle sollicite aussi les expertises d’autres grandes institutions financières, la Société Générale bien sûr, notamment pour ce qui concerne l’indexation fondamentale comme les stratégies Quality Income, qui visent à générer des revenus élevés et stables dans un environnement de taux bas, ou le partenariat noué en 2015 avec JP Morgan pour le lancement de notre gamme d’ETF sur les facteurs de risque.
Enfin, nous travaillons régulièrement avec les grands fournisseurs mondiaux d’indices qui ont leur propre recherche, tels FTSE Russell ou MSCI. Notre architecture est donc très ouverte.

Le portefeuille de l’ETF FTSE Europe Minimum Variance est fondé sur une stratégie de smart beta. Quel est l’intérêt de telles stratégies ?

La gestion passive dite «beta» – exposition systématique d’un portefeuille à un indice – transforme une mesure de marché, l’indice pondéré par les capitalisations, en outil sous-jacent de la gestion. Le smart beta va au-delà en se décorrélant du marché. Il est né en réaction aux imperfections des indices traditionnels, comme le manque de diversification et l’accumulation de facteurs de risques non rémunérés. Puis il a évolué pour permettre aux investisseurs d’atteindre des objectifs spécifiques, comme réduire la volatilité (Minimum Variance), générer des revenus stables (Quality Income), ou bien surperformer le marché en capturant d’autres primes de risques (d’autres «betas») qui viennent s’ajouter au beta du marché, ce sont les bons «Risk Factors». Nous avons donc créé des ETF qui répondent à ces trois grandes familles de besoins des investisseurs : contrôler leurs risques, générer des flux de revenus stables, et tilter la performance du marché.
Dans le premier cas, ils se porteront sur les ETF Minimum Variance ; dans le deuxième cas, sur les Quality Income pour la recherche de dividendes supérieurs à 4 % et durables, sortes de «substituts obligataires», aux variations de cours moins amples que les actions ; dans le troisième cas, ils utiliseront les ETF mono ou multifacteurs, qui capturent les primes de risques au-delà du marché.

Quel défi majeur s’est posé lors de la création de votre ETF FTSE Europe Minimum Variance ?
Une stratégie «Minimum Variance», qui vise à réduire la volatilité et à limiter le risque de perte, résulte d’une optimisation qui peut entraîner une sélection drastique des titres composant l’indice. Le défi est donc d’atteindre l’objectif tout en maintenant un très haut niveau de diversification.
Les équipes de FTSE ont proposé une solution adaptée au problème de la diversification, qui ne repose pas sur des contraintes discrétionnaires de poids qui reviennent à introduire une «vision» de gestion active.
A partir du coefficient Herfindahl qui mesure la concentration des marchés, également utilisé par nos chercheurs, elles ont défini une allocation dans l’indice qui équilibre les exigences de diversification et de réduction de la volatilité.
Depuis son lancement en juin 2015 à mai 2016, l’ETF a surperformé l’indice FTSE Europe de 8,3 %, tout en aplatissant la volatilité. Sur cinq ans, l’indice Minimum Variance
donne un retour annuel supérieur de 3,4 % à celui de son alter ego de marché et une baisse de 21,6 % de la volatilité.

Pouvez-vous alors nous résumer les cinq avantages de l’indice FTSE Minimum Variance ?
En premier lieu, une réduction du risque, qui est son objectif explicite, comprise entre 20 et 30 %, avec une diversification supérieure et moins de biais que dans les solutions classiques. Ensuite, une surperformance par rapport à l’indice de marché prouvée historiquement et pas seulement obtenue en période de crise. En troisième point, il limite les rotations de portefeuille et permet une allocation plus objective entre les valeurs, en minimisant le rôle des contraintes des poids par action. Enfin, il libère une surperformance par unité de risque supérieure à celle des autres stratégies de basse volatilité.
Ces qualités perdurent. Toutefois, le développement des stratégies smart beta a rendu un peu plus onéreuses les actions qui composent les portefeuilles concentrés de Minimum Variance, d’où l’intérêt d’y accéder avec un indice entre 2 et 4 fois moins concentré que les autres solutions du marché. Cette plus grande diversification explique que les grands investisseurs institutionnels en Europe aient adopté l’indice FTSE Minimum Variance, tels le fonds de réserve des retraites français (FRR) ou le Pension Protection Fund britannique.

D’où vient cette appétence récente des investisseurs institutionnels pour les ETF smart beta ?

Sur les dix dernières années, la croissance annuelle des ETF européens ressort à 24 %. En 2015, les ETF smart beta ont récolté plus de 4,1 milliards d’euros et 3,2 milliards sur les cinq premiers mois de l’année. Aujourd’hui, les allocations d’ETF se répartissent entre 51 % pour les stratégies fondamentales, 33 % pour celles fondées sur le risque et 16 % pour les facteurs.
Cette croissance se fonde sur les qualités intrinsèques des stratégies smart beta qui bénéficient en réalité d’un environnement de marché caractérisé par trois faits majeurs : une forte corrélation entre les places financières, de l’ordre de 80 % (contre 50 % en 2014), des taux d’intérêt très bas, à 0,8 % pour la moyenne des emprunts d’Etat européens, et, enfin, une volatilité historique en hausse, de l’ordre de 17 % depuis la crise chinoise de fin août 2015, contre 11 % auparavant.
Sur chaque point, le smart beta apporte une réponse : les facteurs de risque offrent un nouveau cadre d’allocation moins corrélé, les produits de hauts dividendes d’actions Quality une alternative aux rendements faibles, et les Minimum Variance un moyen de contrôler la volatilité.
Le smart beta a répondu aux besoins des investisseurs institutionnels. Par exemple, les fonds de retraite contraints à des versements réguliers utilisent le Minimum Variance pour limiter la volatilité de leur taux de couverture du passif. Certains vont jusqu’à remettre en cause leurs anciens benchmarks actions et se tournent vers les indices smart beta.
Pour les facteurs de risque, la prise de conscience est venue probablement du fonds de pension public norvégien (750 milliards d’euros sous mandat) dont les dirigeants, inquiets de ses contre-performances en 2008-2009, ont fait analyser la performance dont 99 % était expliquée à partir d’analyses factorielles et pouvait être reconstruite via des facteurs de risques à moindre coût.
Aux Pays-Bas, on peut citer APG et PGGM, qui ont adopté les stratégies smart beta, dont le Minimum Variance, pour plus de la moitié de leurs portefeuilles actions cotées. Et le mouvement s’accroît.
Ces outils sont désormais démocratisés grâce aux ETF. Les exigences des investisseurs en matière de transparence sur la technologie et sur l’analyse des risques constituent pour nous un réservoir de créativité et d’amélioration de nos produits.

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