Sélection de fonds

Performance absolue

SCR Optimum

Funds Magazine - 2 juillet 2018 - Marianne di Meo

SCR Optimum, fonds long/short equity market neutral d’Actis Asset Management, recherche la réalisation d’une performance décorrélée par rapport aux marchés.

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Les gérants prennent des positions simultanées à l’achat sur des actions et à la vente sur des indices actions de la zone euro afin que le portefeuille proposé réduise le biais directionnel du marché. Au final, l’exposition nette du fonds aux marchés d’actions doit être comprise entre - 10 % et + 10 %. SCR Optimum permet donc d’investir dans les actions avec un budget de risque limité.

Cette stratégie, lancée en mars 2015, a été construite dans une double optique. Il s’agit de proposer un fonds recherchant une décorrélation par rapport aux marchés, dans un contexte où le marché du crédit est difficile et où les valorisations des actions sont élevées. SCR Optimum, dont l’objectif de performance est compris entre 3 et 5 %, a du sens dans cette configuration de marché très spécifique. Le but est également de répondre aux investisseurs soumis aux exigences de Solvabilité 2, pour lesquels il présente un intérêt majeur. Il leur permet en effet d’«économiser» des fonds propres et ainsi de préserver leur marge de solvabilité. «Alors qu’un assureur qui veut investir 100 euros en actions a besoin de 39 % de fonds propres, SCR Optimum permet de ramener ce besoin entre 3 et 5 %», précise David Letellier, directeur de la gestion d’Actis Asset Management.

De manière générale, la formulation juridique du fonds, très prudentielle, est protectrice pour les investisseurs, avec notamment un encadrement strict des risques – pas de risque de contrepartie, de devise – et des contraintes fortes. A titre d’exemple, plus de 90 % du portefeuille peuvent être liquidés en un jour de Bourse. «L’objectif premier de notre gestion est la préservation du capital, résume David Letellier. 

Le processus de gestion

SCR Optimum est un fonds de stock picking pur dont l’univers d’investissement est constitué par les actions de la zone euro.

Pour sélectionner les titres sur lesquels ils ont des positions acheteuses, les trois gérants privilégient des leaders dans leur métier avec une couverture pays diversifiée, des sociétés intervenant sur des marchés avec de fortes barrières à l’entrée des groupes dont les coûts fixes sont faibles… Les gérants, qui rencontrent les équipes dirigeantes des entreprises dans lesquelles ils investissent, privilégient les managements de type entrepreneurial.

Pour mener son analyse fondamentale, l’équipe de gestion se base notamment sur la croissance du chiffre d’affaires et des résultats par action, ainsi que sur le retour à l’actionnaire. «Le niveau d’endettement des entreprises, par rapport à leurs fonds propres et par rapport à leur Ebitda, est au cœur de notre processus de sélection», précise Alexandre Ferci. Ceux-ci utilisent l’analyse technique au moment d’investir dans un titre ou pour travailler leur position au fil du temps, afin d’en améliorer le couple risque/performance.

La composante acheteuse du portefeuille est composée de 40 à 45 lignes équipondérées autour de 2 à 2,5 %. «Cette équipondération est justifiée par notre volonté de maîtriser le risque», explique Alexandre Ferci.

Le portefeuille est systématiquement couvert par la vente de futures sur l’indice Euro Stoxx 50. Cette couverture permet de respecter la réglementation établie par l’EIOPA, de ne pas supporter de risque de contrepartie et d’être parfaitement liquide.

La performance du fonds réside donc dans la capacité de l’équipe de gestion à sélectionner des titres qui vont surperformer l’Euro Stoxx 50 et à gérer les biais induits par la vente de l’indice. L’alpha généré est ainsi extrait sans risque de marché.

La société de gestion

Créée en 2006, Actis Asset Management est une société de gestion entrepreneuriale. A ce jour, Actis Asset Management gère plus de 770 millions d’euros à travers des fonds et des mandats pour le compte d’investisseurs institutionnels et corporate, de family offices… L’établissement porte une attention particulière à la mesure du risque dans le cadre de ses processus de gestion.

Les convictions de l’équipe de gestion

Alexandre Ferci (à gauche)a commencé sa carrière à la Société Générale dans le département financements LBO, puis a été originateur dans le département marché primaire actions et dérivés de Lazard-Natixis. Il a également été assistant gérant dans une société de gestion indépendante. Il a rejoint Actis Asset Management en 2010.

David Letellier (au milieu) a rejoint Actis Asset Management en janvier 2008, après avoir été successivement courtier en salle des marchés de la société de Bourse Ferri (groupe ING), puis sales trader chez Lazard Capital Market et enfin gérant d’OPCVM et FCPE chez Gérer puis chez Palatine Asset Management.

Christophe Gautier (à droite)a tout d’abord exercé en tant que SVT et prop trader à la Caisse des Dépôts et au Crédit Agricole sur le fixed income. Il a ensuite géré des fonds et des mandats sur tous types d’actifs dans différentes sociétés de gestion (Oddo, Républic AM et GSD Gestion). Il a intégré l’équipe d’Actis Asset Management en 2016.

L’évolution actuelle des marchés vous impacte-t-elle ?
Cela n’a pas d’impact véritable sur notre performance, puisque notre fonds, qui a un biais neutre, recherche une décorrélation par rapport aux marchés.

Dans un contexte de marché fébrile, SCR Optimum a du sens pour l’investisseur cherchant de la diversification, de la décorrélation et de la performance. Le fonds a d’ailleurs enregistré une collecte nette de 30 millions d’euros depuis le début de l’année.

SCR Optimum est un fonds de stock picking pur. Pouvez-vous nous donner des exemples de valeurs sur lesquelles vous avez des convictions fortes ?
Le groupe d’électronique Thales répond à tous nos critères d’investissement. Il bénéficie de la visibilité sur les contrats militaires. La croissance attendue de son chiffre d’affaires est de 5 %, et celle de ses marges de 10 %. Il génère d’importants free cash-flows, ce qui lui permet d’avoir une trésorerie positive. Par ailleurs, l’actuel P-DG, Patrice Caine, a su redynamiser l’entreprise et lui donner une vraie vision.

Parmi les plus petites capitalisations boursières, citons Rubis. Il s’agit d’une société entrepreneuriale dotée d’un management de qualité. Elle intervient sur un marché de niche (le stockage et la distribution d’énergie) où la concurrence est limitée. Enfin, le dividende a connu une croissance continue. Nous sommes investis dans le titre depuis le lancement du fonds il y a trois ans, ce qui illustre le faible turnover de notre portefeuille, les valeurs de qualité ayant une inertie élevée.

Votre fonds a-t-il certains biais en matière de pays, de secteurs ou encore de styles ?
En matière de pays, nous sommes surpondérés sur la France, dont le poids est proche de 27 %. Cette surpondération est la résultante de notre accessibilité aux équipes dirigeantes des entreprises dans lesquelles nous sommes susceptibles d’investir.

Bien que SCR Optimum ne soit pas un fonds pur croissance, notre processus de sélection des titres génère un portefeuille avec un biais majoritairement croissance.

Néanmoins, depuis janvier 2017, nous nous sommes attachés à réduire les biais de styles et sectoriels du fonds. Nous ne pouvons par exemple pas avoir de biais sectoriel vendeur supérieur à 5 %. Si besoin est, nous achetons en direct des valeurs du secteur concerné ou bien des futures sectoriels pour revenir à notre poids cible.

Cette stratégie de réduction des biais a contribué de manière significative à la diminution de la volatilité du fonds. Notre objectif est de stabiliser la volatilité annuelle autour de 3 %.

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