Stratégie

Parole d'expert

Innover permet de créer des outils directeurs au service des fonds d’investissement

Option Finance - 13 mars 2017 - Communiqué

Société de gestion

"Nous avons choisi de créer des produits d’investissement qui répondent au double objectif de rendement financier, d’une part, et de rendement environnemental et social, d’autre part."

Quelle est la spécialité de Mirova ?

Mirova est une jeune société de gestion indépendante spécialisée dans l’investissement responsable. Créée il y a seulement trois ans, elle a presque doublé ses encours sous gestion, à près de 7 milliards d’euros1, en raison d’une demande croissante de qualité environnementale et sociale et plus seulement de rendement financier des investissements. Pour nous démarquer, nous sommes partis du constat que l’intégration des critères ESG était réalisée dans les gestions avec un niveau de conviction variable car il n’y a aucune norme sur ces sujets, que ce soit sur les critères de sélection, les objectifs, ou encore leur pondération. Il y a ainsi une marge de manœuvre significative et nous avons choisi de créer des produits d’investissement qui répondent au double objectif de rendement financier, d’une part, et de rendement environnemental et social, d’autre part. Pour cela, nous avons développé des pôles de gestion diversifiés par classe d’actifs avec une partie importante consacrée aux infrastructures, dont les énergies renouvelables, un pôle gestion actions thématiques et un autre en gestion obligataire dans lequel nous avons beaucoup développé les green bonds.

Comment adaptez-vous les critères ESG au marché obligataire ?

Les investisseurs ont tendance à reproduire les approches ESG classiques du marché des actions, c’est-à-dire à regarder la qualité environnementale et sociale, à définir des univers d’investissement plus ou moins sélectifs et restrictifs, et ils les appliquent aux émissions obligataires. Mais le principal problème de cette approche est que le marché obligataire est très différent. Appliquer ce type de filtres aux obligations souveraines ne fait pas vraiment sens à notre avis. Nous estimons en revanche qu’il est plus intéressant de demander à chacun des émetteurs d’identifier, dans son périmètre d’activité, quels sont les investissements qui répondent aux enjeux de transition environnementale pour ce qui est des green bonds ou d’impact social pour des obligations sociales. Ainsi, plutôt que d’avoir des filtres par catégories d’émetteurs, il y a un fléchage en fonction des projets financés. Cela nous semble une façon plus efficace d’inciter au développement des investissements à vocation environnementale et sociale qu’une logique uniquement d’exclusion, peu adaptée à la typologie du marché obligataire. 

Quelle est votre approche sur les green bonds ?

Les obligations vertes représentent à la fois un style de gestion et un produit financier innovant en tant que tel. Il y a deux ans, nous avons dédié une stratégie à ce marché et, aujourd’hui, les green bonds représentent plus des deux tiers de nos encours obligataires sous gestion, soit plus d’un milliard d’euros. Notre positionnement se veut exigeant et nous cherchons à renforcer l’intégrité et la qualité du marché, qui sont pour nous les conditions d’une croissance pérenne. Nous sommes ainsi capables de dire, pour chaque obligation verte ou sociale dans laquelle nous investissons, si l’allocation de capital est cohérente par rapport aux enjeux environnementaux et sociaux. Nous sommes heureux de constater que cette exigence a aussi été le credo de l’Etat français, dont la première émission OAT verte constitue un véritable tournant sur le marché des obligations vertes, qui s’ouvre ainsi aux émetteurs souverains.

Comment étendez-vous la question de l’impact environnemental sur les actifs climatiques ?

Nous avons codéveloppé avec Carbone 42 une méthodologie d’analyse de l’empreinte carbone des investissements. Elle permet notamment de quantifier l’impact climatique des investissements sous l’angle des émissions de carbone. Cette méthode prend non seulement en compte les émissions directes, celles liées aux consommations d’énergies et les émissions indirectes, mais elle intègre surtout les émissions évitées issues par exemple des énergies renouvelables ou des projets à efficacité énergétique. Alors que, avec d’anciennes méthodologies, investir dans des cosmétiques ou des éoliennes avait le même bilan carbone, notre outil permet de mieux mesurer les technologies qui apportent des réponses aux enjeux climatiques. Cela permet de regarder ces entreprises sous un angle risque et opportunités vraiment complet. 

1 - Source Mirova, donnée au 30 décembre 2016.

2 - www.carbone4.com