Stratégie

Parole d'expert

«La diversité de l’univers dette émergente impose une approche Total Return»

Option Finance - 12 décembre 2016 - Communiqué

Fidelity

Après plusieurs années difficiles, la dette émergente a vu sa situation grandement s’améliorer ces derniers mois. Si l’inversement de tendance s’explique par des signes de stabilisation économique, il est toutefois essentiellement dû à l’intensification de la quête de meilleurs rendements. Dès lors, quelle approche adopter pour capter ce rendement ? Selon Steve Ellis, gérant dette émergente chez Fidelity, les investisseurs doivent se porter vers une approche «Total Return».

Steve Ellis, gérant dette émergente, Fidelity International
Fidelity International

Dette émergente : le renouveau

La dette des marchés émergents a signé un impressionnant retour sur le devant de la scène en 2016. Depuis le début de l’année, à fin octobre, la dette d’état en devise locale (indice JPM GBI-EM Global Diversified) enregistre une hausse en dollar de plus de 16 % et son équivalente en devise forte (indice JPM EMBI Global Diversified) une progression de plus de 13 %. Ces solides performances sont allées de pair avec d’importants flux, lesquels ont même atteint des niveaux record cet été. Le premier élément qui est à noter est l’amélioration sur le front économique. Si en volume, les exportations des pays émergents sont encore orientées à la baisse, elles semblent s’être stabilisées en valeur grâce, en partie, au rebond des prix des matières premières. De nombreux pays de premier plan sont en effet extrêmement dépendants des matières premières. Le doublement du prix du pétrole depuis son point bas de février (à 26 USD contre 51 USD en octobre) s’est avéré être un facteur particulièrement positif pour plusieurs pays. Cette récente stabilisation est encourageante, mais elle n’est probablement pas le principal déterminant de la solide performance et des importants afflux de capitaux dont la classe d’actifs a été le témoin cette année.

Recherche rendement, désespérément

La récente surperformance des marchés émergents trouve en grande partie son explication dans des événements extérieurs. Même si la Réserve fédérale américaine a bel et bien procédé au premier relèvement tant craint de ses taux d’intérêt fin 2015, les actifs émergents ont globalement fait preuve d’une étonnante résistance depuis cette date. Cela s’explique par la forte révision à la baisse des anticipations du marché à l’égard du calendrier et du rythme des prochains relèvements de taux outre-Atlantique, laquelle a eu pour conséquence une baisse et non une hausse des rendements des emprunts d’état américains. Preuve s’il en est, 26 % des emprunts d’état du monde entier offrent désormais des rendements négatifs ; et même 44 % en zone euro. Le taux sans risque est effectivement orienté à la baisse partout dans le monde et les sources de rendement intéressantes se font de plus en plus rares. Autre élément, la réaction des marchés au résultat du «Brexit». On aurait pu s’attendre à un regain d’aversion au risque et aux répercussions négatives pour la dette émergente, mais compte tenu de la poursuite de la baisse des rendements des actifs refuges, le rendement se fait encore un peu plus rare, pour le plus grand bénéfice de la dette émergente.

Le choix d’une approche «Total Return»

Selon nous l’investissement dans une approche «Total return» associe le meilleur des deux mondes, alpha et beta confondus. Cette approche met en avant un couple rendement / risque cible où la performance est ajustée du risque dans un cadre de volatilité donné. On jugera dès lors la justesse de la gestion dans sa capacité à un jouer un rôle de minimisation du «drawdown». Le gérant doit ainsi être en capacité d’assurer une sélection fine des émetteurs et émissions en portefeuille. C’est pourquoi nous privilégions une approche sans référence à un indice de marché. Notre sentiment est qu’un indice peut être exposé trop sensiblement à des émetteurs ou des pays sur lesquels notre vision de «bond pickers» est en totale contradiction. Il doit également pouvoir manœuvrer avec une flexibilité éprouvée de son allocation afin de minimiser les chocs brutaux de marchés, notamment sur les devises locales.