Stratégie

Arnaud du Plessis, gérant actions thématiques, CPR AM

"La thématique du fonds CPR Invest-Future Cities est une des mégatendances de ces prochaines années"

Funds Magazine - 3 octobre 2019

CPR AM

Les investissements attendus sont de l’ordre de 2 trillions de dollars par an.

Arnaud du Plessis, gérant actions thématiques, CPR AM

Vous annoncez le lancement d’un nouveau fonds baptisé CPR Invest-Future Cities. Quelles sont les tendances qui soutiennent cette thématique ? Que peut-on attendre en termes de croissance ?

La création de ce fonds découle d’une réflexion que nous avons mûrie durant plus d’un an. CPR AM est attentif aux objectifs de développement durable définis par les Nations-Unis. Nous avons porté une attention particulière à l’objectif n°11 qui concerne les villes et les communautés durables. Il est en lien avec l’objectif n°9 concernant l’industrie, l’innovation et les infrastructures mais aussi avec les objectifs 6 (eau propre et assainissement), 7 (énergie propre), 12 (consommation et production responsables) ainsi que le 13 qui se rapporte à la lutte contre le changement climatique.

Aujourd’hui, la moitié de la population vit dans les villes et cette proportion va croître. A l’horizon 2050, on estime qu’il y aura 2 milliards de personnes en plus vivant dans les zones urbaines. Cette perspective va se traduire par des besoins en investissements colossaux dans les infrastructures, la gestion de l’eau et des déchets, etc. Il va falloir gérer à la fois cet afflux de population et le changement des modes de vie. De plus, l’enjeu environnemental va devenir crucial.

Les villes devront être plus grandes, plus intelligentes et plus propres. Les investissements attendus sont de l’ordre de 2 trillions de dollars par an, ce qui fait de cette thématique l’une des mégatendances des prochaines années.


Cette thématique recouvrant plusieurs grandes tendances, comment avez-vous défini l’univers d’investissement ?

Nous avons construit un univers d’investissement lié à l’écosystème urbain. Il repose sur cinq grands compartiments : la construction, les services associés à l’urbanisation, la mobilité au sein de la ville, la connectivité et, enfin, les ressources c’est-à-dire tout ce qui permet à la ville de fonctionner (électricité, énergie, gestion de l’eau…).

Le fonds ne sélectionne que des sociétés compatibles avec le développement durable des villes. Les critères ESG sont intégrés au processus de sélection et l’approche est complétée ensuite par la prise en compte des controverses. A l’image de nos autres fonds thématiques, Education, Climate Action et Food For Generations, nous définirons aussi des mesures d’impacts en lien avec le thème.


Quelle est la taille de l’univers d’investissement de départ ? Combien y-a-t-il de valeurs dans le fonds ? Qu’implique l’application d’un filtre ESG ?

Au départ, nous avons un univers de 500 valeurs auquel nous appliquons un filtre quantitatif reposant sur une méthodologie développée en interne sur des critères financiers (valorisation, bilan…). Cela réduit l’univers de moitié. Puis nous procédons à une analyse fondamentale des 250 valeurs pour aboutir à un portefeuille composé de 70 titres. En ce qui concerne le filtre ESG, il élimine environ 15% de l’univers.

Nous n’avons pas défini un critère unique d’exposition, valable pour tous les secteurs, mais avons veillé à ce que toutes les sociétés aient un lien réel avec la thématique. Pour certains secteurs, à l’image des sociétés de BTP, c’est assez évident. Pour d’autres comme les valeurs technologiques, nous avons conservé celles appartenant aux domaines des télécommunications, de la connectique et de l’électrification par exemple. Dans l’immobilier, nous n’avons retenu que les sociétés dont les actifs sont pleinement intégrés à l’environnement urbain.


Certains compartiments ou secteurs sont-ils plus représentés dans l’univers d’investissement ?


Il y a deux compartiments dominants : ceux liés à la construction et à la connectivité qui représentent la moitié de l’univers d’investissement. Les compartiments des services et des ressources pèsent pour un tiers. La mobilité constitue le reste de l’univers.


L’importance d’un secteur comme la construction confère-t-elle au fonds un biais cyclique ? Existe-t-il également un biais géographique ?

Les secteurs liés à la construction ont certes un profil plus cyclique, notamment les matériaux, mais l’originalité de notre univers d’investissement réside dans le fait qu’il comprend aussi des secteurs plus défensifs à l’image des utilities et de l’immobilier. Cela permet de ne pas être exposé à une seule tendance boursière. Sur le plan géographique, les Etats-Unis représentent la première exposition de cette thématique mais dans une moindre mesure que dans les indices mondiaux. Nous avons aussi une exposition aux pays émergents, mais pas uniquement via des sociétés cotées sur ces marchés. Ainsi, nous avons en portefeuille des sociétés cotées sur les marchés développés mais ayant une part importante de leur activité dans les pays émergents.