Asset Management

Parole d'expert - Henri Jeantet, Syquant Capital

«Les fusions et acquisitions proches d’un niveau record»

Option Finance - 17 novembre 2014 - Communiqué

Henri Jeantet, président de Syquant Capital, en charge de la stratégie d’investissement, qui possède une expérience de plus de 20 ans en matière de trading et de gestion des risques, nous explique la façon dont il optimise le thème des fusions et acquisitions.

Henri Jeantet, président de Syquant Capital
Henri Jeantet, président de Syquant Capital

Quelle est la spécialité de Syquant Capital ?

Henri Jeantet : Nous avons fondé Syquant Capital, Olivier Leymarie et moi, en 2005 après notre départ du groupe Crédit Agricole où nous étions responsables des activités «equity derivatives». Syquant est spécialisée dans la gestion «performance absolue» à travers des fonds Ucits sous la marque Helium. Nos stratégies d’arbitrage se conjuguent autour des thèmes liés aux événements d’entreprises, qu’il s’agisse des fusions et acquisitions, d’augmentations de capital, d’IPO, etc., qui génèrent des «flux techniques» et un impact sur le prix de l’action concernée.

Estimez-vous que le thème des fusions et acquisitions est actuellement porteur ?

Henri Jeantet :  Le timing est actuellement particulièrement bon pour ce thème, le meilleur depuis les années 2004-2006 où les fusions et acquisitions avaient battu des records. Nous sommes de ce fait investis au maximum possible de notre exposition dans cette stratégie, soit 80 %*. Par comparaison, en 2012 lorsque ce thème n’était pas porteur, nous étions en moyenne investis à hauteur de 20 % à 25 % dans cette stratégie. Nous nous voulons en effet très réactifs et adoptons notre allocation d’actifs aux thèmes les plus prometteurs, à certaines périodes, il peut s’agir de stratégies dites «event-driven» orientées sur d’autres événements d’entreprise que les fusions & acquisitions…

En quoi consiste le métier d’arbitragiste sur fusions et acquisitions ?

Henri Jeantet : Nous achetons la valeur après l’annonce d’une fusion ou acquisition si nous estimons que l’opération arrivera à son terme. Nous analysons un grand nombre de paramètres : le contexte économique de l’opération (synergies, etc.), la nature de l’opération (industrielle ou financière), le seuil d’acceptation, la réglementation (politique anti-trust ou encore poids des intérêts stratégiques d’un pays), les conditions suspensives, etc. L’ensemble de ces paramètres nous permettent d’estimer la probabilité d’une opération d’arriver à son terme. Nous sommes en contact pour les analyser avec les relations investisseurs des entreprises concernées, mais aussi avec les régulateurs ; nous prenons également parfois conseil auprès de cabinets d’avocats. Pour minimiser encore les risques, nous investissons régulièrement dans des opérations dont l’annonce est mature, celles-ci ayant alors déjà passé plusieurs étapes. Une bonne vision du succès de l’opération est d’autant plus importante qu’en matière d’OPA (opérations de rachat en «cash»), nous ne prenons qu’une position acheteuse sur la cible (sans couverture). Nous ne mettons en œuvre une stratégie long/short que dans le cas des OPE (opérations de rachat en titres).

Quels sont les risques de cette stratégie et comment les maîtrisez-vous ?

Henri Jeantet : Le principal risque est que l’opération n’arrive pas à son terme. Le contexte juridique du/des pays où se situe la cible contribue au profil de risque. A ce titre, aux Etats-Unis, en raison des nombreuses clauses suspensives, il s’agit davantage d’une «promesse d’achat» que d’un engagement ferme à la différence de l’Europe où l’environnement juridique est plus protecteur. De ce fait, si actuellement en nombre d’opérations nous en avons davantage aux Etats-Unis, nous accordons un poids plus important aux opérations européennes afin d’avoir un portefeuille équilibré entre l’Europe et les Etats-Unis. Enfin, il faut souligner qu’une fois l’opération annoncée, les actions des entreprises qui en font l’objet adoptent un comportement décorrélé de l’ensemble des marchés actions. La valeur des entreprises cibles s’oriente en effet progressivement vers le prix cible et ne subit plus les aléas des marchés.

Quels sont les objectifs de rendement de cette stratégie ?

Henri Jeantet : Nous possédons plusieurs fonds de performance absolue dont deux principaux : Hélium Opportunités et Hélium Performance. Le premier a un objectif de performance compris entre Eonia + 3 % et Eonia + 5 % et un objectif de volatilité faible, celle-ci est comprise entre 1 % et 2,5 %. La performance historique moyenne de ce fonds est Eonia + 4 %.  Le second est un peu plus offensif, les paris sont les mêmes que dans les stratégies arbitrage fusions & acquisitions et event-driven, mais nous augmentons le risque à travers un effet de levier. En complément, ce fonds intègre en plus des stratégies long/short qui diversifient le portefeuille et permettent d’améliorer son profil rendement/risque.