Stratégie

Parole d’expert

«Les investisseurs institutionnels européens sont les plus conscients de l’importance de l’investissement durable»

Option Finance - 1er octobre 2018 - Communiqué

Schroders, Développement durable, Investisseur institutionnel

Jessica Ground, responsable mondiale de l’investissement durable, Schroders

Jessica Ground, responsable mondiale de l’investissement durable, Schroders
Schroders

Les résultats de notre enquête 2018* auprès d’un panel de 650 investisseurs institutionnels du monde entier totalisant plus de 27 000 milliards d’euros d’actifs soulignent la prise de conscience des investisseurs européens en matière d’investissement responsable. En effet, ils sont 83 % à estimer que son importance ira croissant au cours des cinq prochaines années, contre une moyenne mondiale de 74 %. Et si l’on compare ces chiffres aux résultats de l’an passé, la progression est également assez nette : les Européens étaient déjà 74 % à prévoir un rôle croissant de l’investissement durable, contre seulement 67 % au niveau mondial.
Cette prise de conscience est également évidente dans les allocations déjà réalisées : un peu moins de la moitié des investisseurs institutionnels interrogés ont augmenté leurs investissements durables au cours des cinq dernières années, tandis que les Européens sont 60 % à l’avoir fait. Le constat est similaire à celui de l’an dernier et l’Europe reste en pointe en la matière alors qu’au niveau mondial, il existe toujours un décalage entre la perception des institutionnels quant à l’importance des facteurs durables et la réalité de leurs investissements.
Ce décalage peut s’expliquer par les défis auxquels font face les institutionnels internationaux lorsqu’ils envisagent ce type d’allocation, avec pour résultante une influence faible – voire nulle – de l’aspect durable d’un investissement sur leurs décisions, pour près du tiers d’entre eux (notamment par rapport à des facteurs tels que l’allocation stratégique, le track record des gérants, la performance attendue et la tolérance au risque).
L’étude révèle néanmoins que les facteurs durables sont plus importants pour les grands investisseurs institutionnels. Par ailleurs, ceux qui mettent davantage l’accent sur l’investissement durable ont tendance à avoir un horizon de plus long terme : 32 % de ceux dont l’horizon d’investissement est de cinq ans ou plus déclarent que l’aspect durable a une influence significative sur leurs décisions. En comparaison, ceux dont l’horizon de placement se situe entre trois et cinq ans ne sont que 23 % à l’affirmer.

Des défis à surmonter pour les investisseurs institutionnels

Plus des trois quarts des institutionnels dans le monde (77 %) estiment qu’investir de manière durable n’est pas évident, soit la même proportion que l’an dernier. En Europe, le pourcentage a même augmenté par rapport à 2017. Les sujets de performance constituent le principal défi, 51 % citant ce sujet comme un obstacle à l’investissement durable, en hausse par rapport à l’an dernier (44 %). Le manque de transparence et la difficulté de mesurer le risque sont les autres principaux défis qui, selon les investisseurs, freinent le développement de l’investissement durable.
Plus d’un tiers des investisseurs (34 %) à l’échelle mondiale déclare que des preuves démontrant que le fait d’investir de façon durable permet d’obtenir de meilleurs rendements accroîtraient leurs allocations envers ces investissements. Ce pourcentage atteint notamment 49 % chez les investisseurs en Amérique du Nord.
Des efforts restent donc à fournir pour faciliter l’essor des investissements durables auprès des institutionnels dans le monde. Au fil du temps, cette étude souligne néanmoins que ce sujet va de plus en plus s’imposer aux côtés des priorités déjà établies des investisseurs.

*Cette étude mondiale a été confiée pour la deuxième année consécutive par Schroders à un organisme de recherche indépendant, CoreData Research, et réalisée auprès d’investisseurs institutionnels de différentes catégories, notamment les fonds de pension, les fondations, les fonds de dotation et les fonds souverains. La recherche a été réalisée par le biais d’une vaste enquête mondiale au cours du mois de juin 2018. Les 650 participants institutionnels sont répartis comme suit : 175 en Amérique du Nord, 250 en Europe, 175 en Asie et 50 en Amérique latine. Les participants provenaient de 15 pays différents. Dans cette étude, l’investissement durable est défini comme une «approche holistique et prospective de l’investissement». Il existe différents styles d’investissement durable, y compris l’intégration complète, l’exclusion et l’approche «best in class».