Stratégie

Suresh Hegde, NNIP

NN IP permet d’accéder à la nouvelle fenêtre d’opportunités offerte par le «trade finance»

Option Finance - 31 janvier 2020 - Contenu proposé par NNIP

Entretien avec Suresh Hegde, responsable de la gestion Trade Finance chez NN IP.

Comment définiriez-vous le trade finance ? En quoi celui-ci est-il spécifique par rapport au financement des exportations ?

La stratégie de NN IP donne accès à un portefeuille diversifié à l’échelle mondiale d’actifs de court terme qui offrent une exposition au commerce physique international de biens et de matières premières. Notre stratégie de «trade finance» se concentre sur une combinaison prudente de prêts finançant l’amont et l’aval des exportations, ainsi que de créances commerciales.

Cette stratégie offre des financements de court terme liés aux flux de marchandises récurrents. Le financement des exportations (Export Credit Agency), quant à lui, porte sur des biens manufacturés complexes comme les avions, les bateaux et le financement de projets, dans une optique long terme.

Quelles sont les perspectives de développement du «trade finance» ?

C’est un marché qui pèse plus de 15 000 milliards de dollars et qui était réservé jusqu’à présent aux banques commerciales. La nouvelle réglementation a réduit la capacité des banques à répondre aux demandes de financement du commerce, ouvrant aux investisseurs non bancaires l’opportunité d’entrer sur un marché bien établi. Ce marché présente un taux de défaut historiquement faible, y compris lors de la crise de 2008, et une corrélation limitée avec le crédit traditionnel car des collatéraux physiques ou des garanties par un assureur sont associés à ces prêts. 

Avec un déficit de financement actuel de 1 500 milliards de dollars et une croissance du marché prévue de 50 % selon les chiffres d’ICC, les opportunités sont nombreuses.

Quelles sont les caractéristiques de ces prêts ?

Ces prêts offrent un rendement supérieur à celui d’autres crédits liquides, avec lesquels ils ont une corrélation limitée, et sont très efficaces du point de vue des exigences en capital de la directive Solvabilité 2. Avec ses prêts de court terme et souvent garantis, cette catégorie d’actifs offre une protection contre le risque de défaut, et permet un ajustement rapide lors de retournements de cycle économique.

Les institutionnels en Europe sont-ils présents sur la classe d’actifs ? Comment l’insèrent-ils dans leur allocation d’actifs ?

Dans un contexte de taux d’intérêt bas voire négatif, la demande de fonds de prêts de «trade finance» est croissante car ils présentent un surcroît de rendement, un taux de défaut relativement faible et une corrélation réduite avec les classes d’actifs traditionnelles. Ces actifs apportent une diversification intéressante à une allocation traditionnelle dans le crédit, sous réserve de la prise en compte des risques idiosyncratiques et d’une gestion des risques qui intègre notamment la volatilité des prix des matières premières.

Quelle est la spécificité de votre approche ?

Nous avons choisi de nous focaliser sur des prêts permettant de construire un portefeuille d’une duration moyenne inférieure à un an, d’une notation moyenne comprise entre BBB et BB+, et d’un objectif de rendement brut de US LIBOR + 3 à + 4 %.

Par ailleurs, nous concentrons notre sourcing sur des prêts bancaires syndiqués par des banques de premier rang, des courtiers, ou des club-deals, au lieu de prêts directs, afin de préserver un bon alignement d’intérêts et de partage des risques. 

De plus nous avons développé une méthodologie spécifique pour l’analyse de chaque transaction : une analyse poussée du risque crédit à travers une fiche de notation S&P, et une grille dédiée d’analyse des facteurs ESG. Cela dit, les opportunités sur le trade finance sont très différentes en termes de complexité, et les investisseurs doivent être prudents pour comprendre les véritables facteurs de risque derrière les rendements attractifs. Les experts en Trade Finance de NN IP ont retenu le segment de ce marché le plus attrayant en terme de couple rendement/risque.

Depuis quand avez-vous développé une expertise sur cette thématique et quels sont vos encours ?

Nous disposons d’une plateforme sur la dette privée depuis 1992, et sommes actifs dans le financement des exportations depuis 2009 pour notre compte et pour celui de clients tiers. Notre plateforme de dette privée se compose de 45 personnes, et notre encours sous gestion à fin 2019 est de 42 milliards d’euros, dont 1,5 milliard d’euros cumulé sur les stratégies du financement des exportations.