Stratégie

Parole d’expert - Stéphane Nieres-Tavernier, co‑gérant du fonds Best Business Models chez Montpensier Finance

«Notre méthode a pour objectif de surperformer les indices quel que soit le cycle de marché»

Funds - Mai 2015 - Communiqué

Stéphane Nieres-Tavernier, co‑gérant du fonds Best Business Models chez Montpensier Finance
Montpensier Finance

Quel est votre point de vue sur le marché des actions européennes ?

Stéphane Nieres-Tavernier : Depuis la fin de l’année dernière, nous pensions que les marchés actions de la zone euro, et plus particulièrement les valeurs à dividende et les valeurs impactées par les gestions indicielles, allaient bénéficier de la mise en place par la Banque centrale d’un programme de quantitative easing (QE), ce qui a été le cas. La valorisation des marchés actions est maintenant équivalente à 16 fois les bénéfices sur les 12 prochains mois. Si elle est haute, son niveau ne nous semble pas trop excessif par rapport aux années précédentes, et surtout par rapport à ce qui était en vigueur dans la deuxième moitié des années 1990. De plus, nous considérons que les anticipations des analystes sont trop pessimistes par rapport à l’environnement actuel. Elles n’intègrent pas encore par exemple l’impact de la baisse de l’euro sur les résultats des entreprises. De notre point de vue, la valorisation réelle est plus proche de 15 fois les bénéfices.


Comment sélectionnez-vous les valeurs ?


Stéphane Nieres-Tavernier :
Notre méthode, la méthode Best Business Models, s’applique à plusieurs fonds : un fonds actions européennes (Great European Models), un fonds actions zone euro (Best Business Models), mais aussi un fonds 100 % flexible (BBM V-Flex). Nous sommes une équipe de quatre gérants à la mettre en œuvre. Nous analysons le marché en classant les valeurs en quatre catégories de business models : les business models en croissance rapide et en croissance mature, qui s’apparentent aux valeurs dites de croissance, d’un côté, et les business models en recovery et en transition de l’autre, qui s’apparentent davantage aux valeurs dites «value».


Votre process est-il qualitatif ou quantitatif ?

Stéphane Nieres-Tavernier : Notre modèle est un modèle propriétaire. Dans un premier temps, nous appliquons un filtre quantitatif qui repose sur des bases de données et qui intègre le point de vue des analystes. Nous attribuons à partir de ce modèle une note pour chaque valeur comprise entre 0 et 100, ce qui permet de les classer dans une des quatre catégories de business models. Nous analysons ensuite la valeur par rapport à son environnement, son positionnement, le rôle du management et sa capacité à imprimer une stratégie, etc. Nous établissons ainsi une note finale qui intègre des critères qualitatifs et quantitatifs que nous mettons en parallèle avec son potentiel boursier. Cette méthode nous permet de faire des rapprochements entre des valeurs qui ont le même comportement, mais qui ne se situent pas forcément dans le même secteur. Cela permet aux stock pickers que nous sommes d’avoir une grille de lecture du marché différente. Contrairement à la plupart des autres gestions actions actives, nous n’appréhendons pas le marché uniquement en termes de secteur ou de zone géographique.


Etes-vous présents sur ces quatre catégories en permanence ?

Stéphane Nieres-Tavernier : Les cycles de marché évoluent très rapidement. A titre d’exemple, en début d’année les valeurs de croissance ont surperformé avant de laisser rapidement la place aux valeurs décotées (value). L’intérêt de notre méthode est d’avoir constamment les quatre moteurs issus de nos quatre catégories de business models allumés en permanence. Ensuite, en fonction de nos convictions, nous faisons évoluer les pondérations de façon à capter au mieux les différents cycles de marché.Quelle est la performance depuis le début de l’année des fonds ?Au 13 avril, la performance du fonds Best Business Models était de 23,7 % depuis le début de l’année contre 23,12 % pour son indice de référence l’Eurostoxx DNR. Concernant le fonds Great European Models, elle était sur la même période de 23,97 % contre 21,61 % pour le Stoxx 600 DNR son indice de référence. Nous avons ainsi surperformé depuis le début de l’année nos indices de référence. Cela est également le cas sur le long terme, notre méthode ayant pour objectif de surperformer les indices quel que soit le cycle de marché.