Stratégie

Timo Pfeiffer, responsable de la recherche chez Solactive

«Nous appuyons notre développement sur la technologie et non sur une marque»

Option Finance - 9 septembre 2019 - Séverine Leboucher

ETF

«Nous recevons de plus en plus de demandes de la part du buy-side : des institutionnels et des acteurs de la gestion active à la recherche d’indices de référence.»

Timo Pfeiffer, responsable de la recherche, Solactive
Solactive

En quoi Solactive se différencie-t-il des fournisseurs d’indices connus, tels que MSCI, S&P ou FTSE ?

Solactive a été créé en 2007 avec pour objectif d’apporter une approche alternative à l’industrie des indices. Le calcul d’un indice n’est pas une activité complexe. Elle nécessite d’avoir une infrastructure informatique solide et une bonne organisation, de sorte à fournir un calcul sans erreur. Une fois ce prérequis rempli, deux approches coexistent sur le marché. La première – celle retenue par la plupart des fournisseurs d’indices historiques – consiste à miser sur une marque. Un gérant d’ETF qui cherche un standard connu de tous opte pour ce type de fournisseur, mais il en paie le prix. Nous avons choisi une seconde approche : nous misons sur notre infrastructure IT pour produire un grand volume d’indices, sans marque connue mais à moindre coût. Or l’argument du prix compte de plus en plus pour nos clients asset managers, qui font face à de fortes pressions sur leurs marges et cherchent donc à réduire le coût des indices qu’ils utilisent. Il faut toutefois noter que nous sommes nous-mêmes soumis à des pressions du même ordre sur nos marges puisque le coût des données de marché entrant dans le calcul de nos indices a beaucoup augmenté ces dernières années. Et je ne pense pas que ce soit un hasard, sachant que beaucoup de nos concurrents sont liés ou appartiennent aux Bourses qui nous vendent justement ces données. Les autorités européennes de la concurrence sont en train de se pencher sur ce sujet

Qui sont vos clients ?

Si les ETF sont la partie la plus visible de notre activité, elle n’est pas celle qui pèse le plus en volume : nos indices sont ainsi utilisés par 400 ETF à travers le monde, mais nous ne calculons pas moins de 9 000 indices. Notre activité est historiquement centrée sur les acteurs du sell-side qui ont besoin d’indices pour construire leurs produits : les émetteurs d’ETF bien sûr, mais aussi les banques d’investissement pour leur département de finance structurée. Ces dernières années, la réglementation a contraint ces départements à dissocier l’émission d’un produit adossé à un indice, du calcul de cet indice, les poussant à externaliser cette tâche. Outre le segment du sell-side, nous recevons de plus en plus de demandes de la part du buy-side : des investisseurs institutionnels et des acteurs de la gestion active à la recherche d’indices de référence (benchmark) pour leur gestion, en particulier celle qui se réfère aux critères ESG. Enfin, nous nous développons à l’international : après avoir installé notre siège social à Francfort et nos équipes technologiques à Berlin, nous avons ouvert il y a quelques mois un bureau à Toronto pour couvrir l’Amérique du Nord et un autre à Hong Kong pour l’Asie.