Stratégie

Parole d'expert

"Nous privilégions l’approche dividende et les stratégies «low bêta» pour se protéger de la volatilité et maximiser la performance"

Option Finance - 21 mars 2016 - Communiqué

Jean-Marc Didier, directeur du pôle institutionnels et entreprises, Fidelity International
Fidelity International

Les marchés sont soumis à de fortes turbulences depuis le début de l’année, quel constat tire Fidelity de cette situation ?

Jean-Marc Didier, directeur du pôle institutionnels et entreprises de Fidelity International : Nous sommes dans un environnement de marché totalement administré par les actions des banques centrales. Le relèvement des taux américains de décembre dernier a mis fin, en partie, à cette situation anormale. Au-delà d’un manque de visibilité sur le rythme de croissance de l’économie mondiale, le retour de la volatilité sur les marchés financiers marque la fin de ce paradigme post-crise et remet les investisseurs face à la réalité des marchés : la volatilité en est une composante majeure. Si l’on ajoute les tensions monétaires, géopolitiques et énergétiques de ce début d’année, il n’est pas surprenant de constater des pics de volatilité comme ceux que l’on a connus en janvier. Les marchés actions en sont les premiers touchés car leur santé reflète les anticipations macroéconomiques. Autre point particulier de ce début d’année, la corrélation quasi parfaite entre les indices actions et les cours des matières premières, principalement le pétrole. Une corrélation d’autant plus flagrante que le point bas touché par ces derniers le 11 février dernier coïncide… avec celui du WTI.


En quoi ce nouveau paradigme économique affecte les investisseurs institutionnels et quels éléments de réponse apporte Fidelity ?

Jean-Marc Didier : Dans cet environnement, la volatilité devient une variable permanente qui pollue la tendance de fond sur la stratégie d’investissement globale. Les institutionnels s’interrogent donc sur la forme et les moyens à mettre en œuvre pour en atténuer les effets négatifs. La responsabilité qui est la nôtre est de trouver des solutions pour limiter l’impact de la volatilité sur l’exposition des portefeuilles de nos clients. Pour cela, nous privilégions une première approche par les dividendes. Cela permet de bénéficier du dynamisme des marchés actions tout en limitant l’impact baissier grâce à un risque de perte maximum plus faible. C’est d’ailleurs un indicateur recherché dans des périodes d’instabilité. Une autre stratégie consiste à réduire le niveau d’exposition au marché, une approche qui répond notamment à la demande de la clientèle assureurs. Nous avons ainsi mis en place une stratégie «low bêta» en étant à la fois positionné à l’achat et à la vente de titres. Et ces deux types de gestions sont adaptés même dans des environnements de marchés plus normaux.


Quel est l’intérêt d’une approche de gestion par les dividendes ?


Jean-Marc Didier : L’idée est de maximiser la performance et de limiter la volatilité en se concentrant sur des entreprises internationales qui ont délivré au cours des dix dernières années un dividende pérenne et croissant. A l’image du coupon pour les obligations, les dividendes jouent le rôle «d’amortisseur» en délivrant un rendement lorsque les valorisations ne sont pas au rendez-vous. Ces «dividend aristocrats» ont progressé de 229 % en 10 ans contre 153 % pour le MSCI World et ce avec une volatilité de seulement 11 % contre 16 % pour l’indice de référence. Avec la profondeur de recherche de nos analystes, cette stratégie a été déclinée sur deux zones, l’univers européen ou global, avec succès. De fin 2010 à janvier 2016, le fonds FF European Dividend Fund a progressé de 47 % contre + 44 % pour l’indice MSCI Europe et + 38,5 % au sein de la catégorie Morningstar «actions Europe rendement». Sur l’environnement global, le fond FF Global Dividend Fund, lancé en mai 2012[1], affiche depuis une performance de 70,4 % contre 52,5 % pour son indice de référence, le MSCI World, et de seulement 43,4 % pour la catégorie Morningstar «actions internationales rendement».


Comment votre stratégie de gestion «low bêta» vous permet d’être moins exposés au marché ?

Jean-Marc Didier : Nos gérants mettent en place des positions acheteuses sur la base des fondamentaux et du potentiel intrinsèque d’appréciation des valeurs. En même temps, des positions vendeuses sont initiées sur des sociétés que nos analystes estiment défaillantes, en difficulté passagère ou en phase de transition. Cette stratégie permet de faire varier l’exposition nette du fonds FF Global Alpha Fund entre 10 % et 40 % afin d’amortir les à-coups en termes de volatilité et de réduire l’exposition au bêta du marché tout en recherchant de l’alpha. Dans l’environnement actuel, c’est une gestion de plus en plus recherchée. Ainsi, depuis le début de l’année 2016, ce fonds enregistre une performance de – 2,8 % contre – 6,7 % pour l’indice MSCI World.

Performances arrêtées à fin février 2016