Stratégie

Parole d'expert - François Bocqueraz, Amundi Alternative Investments

«Stratégies long/short actions : la diversité et l’adaptabilité au service de la performance absolue»

Option Finance - 18 mai 2015 - Communiqué

François Bocqueraz, responsable de la sélection de fonds et des due diligences, Amundi Alternative Investments
Amundi Alternative Investments

Quel est l’intérêt d’investir dans une stratégie long/short actions ?

Cette stratégie présente de nombreux avantages : simplicité de son approche, liquidité et lisibilité des instruments généralement employés dans sa mise en œuvre, très grande diversité des styles déployés par les gestionnaires du secteur, gestion de conviction entièrement libérée du benchmark, et enfin forte capacité d’adaptation de la stratégie aux différentes phases des marchés actions qui en constituent le terreau. Ses objectifs sont clairement énoncés : d’une part, la captation d’une bonne partie de la performance positive des marchés actions associée à un niveau de risque (volatilité) moins élevé et, d’autre part, une certaine décorrélation des marchés en cas de chute des cours. Conjoncturellement, cette stratégie permet de bénéficier du contexte actuel de marché très porteur pour les actions, tout en se protégeant d’un éventuel retournement de cycle.

Quels sont les risques inhérents à cette stratégie ?

Schématiquement, les fonds long/short présentent les risques communs aux fonds actions traditionnels : paris sectoriels, géographiques, de capitalisation, sélection de valeurs et biais stylistiques sont autant de facteurs créant à la fois les risques et opportunités de la stratégie. Cela dit, ils intègrent une partie «short» et l’effet de levier à la poursuite d’un double objectif : viser à protéger le capital des investisseurs en période de consolidation et créer de la surperformance (alpha), ceci se traduisant aussi le plus souvent par une volatilité maîtrisée des rendements historiques.

Vous intéressez-vous davantage au marché européen ou au marché américain ?

Malgré un renchérissement certain des actions des pays développés dans leur ensemble, nous reconnaissons encore à ces deux marchés un potentiel d’appréciation dans notre politique d’allocation. Sans grande surprise, nous avons depuis quelques trimestres largement privilégié un repositionnement sur les marchés européens. Cependant, tactiquement, les Etats-Unis demeurent intéressants, cela d’autant plus que les mouvements de fusions et acquisitions y sont particulièrement soutenus et que certains indicateurs en termes de croissance des résultats continuent à surprendre positivement. Enfin, notons qu’en termes d’offre, il existe un vivier considérable de produits long/short européens de qualité sous format Ucits. A contrario, il nous semble que la palette disponible de fonds long/short US de type Ucits demeure toujours insuffisante en volume et en qualité. Il y a ici un vide à combler sur lequel Amundi Alternative Investments souhaite se positionner en tant que sponsor et investisseur.

Quels sont les avantages du format Ucits ?

Ce format est usuellement considéré par les investisseurs comme plus protecteur, notamment au regard des exigences accrues en termes d’administration, d’audit indépendant ou de gouvernance. Il introduit aussi des règles strictes en matière de liquidité et de diversification des risques. Il conduit les sociétés de gestion à établir des reportings souvent plus précis et plus exhaustifs. Par ailleurs, il convient de souligner que les fonds Ucits sont éligibles à l’assurance vie contrairement aux hedge funds traditionnels. De ce fait, les épargnants ne se trouvent pas assujettis, grâce à ce format, à une imposition prohibitive. Du côté des investisseurs professionnels, ils apprécient la liquidité apportée par les fonds Ucits, mais aussi le recours à un dépositaire, ce qui introduit un contrôle supplémentaire.

Quelle performance peut-on attendre de cette stratégie en 2015 ?

Les stratégies dites «market neutral» mises à part, les fonds long/short actions affichent une exposition directionnelle typiquement comprise entre + 40 % et + 60 % de leur actif net, cette fourchette évoluant en fonction du cycle de marché. Par ailleurs, au regard du contexte de taux historiquement bas, les attentes en termes de surperformance (alpha) générée par la stratégie se situent raisonnablement en moyenne autour de 2 % à 4 % par an nets de frais. En faisant l’hypothèse que les marchés actions s’apprécieraient de 10 % en 2015, cette stratégie devrait afficher une performance comprise entre 6 % et 8 %.