Stratégie

Parole d'expert

«Un pilotage actif pour coller aux évolutions des marchés»

Option Finance - 24 avril 2017 - Communiqué

Financière de l'Echiquier

Dans un environnement de marché toujours plus volatil, la mobilité dans l’allocation d’actifs est devenue l’enjeu n° 1 des fonds diversifiés traditionnels. Illustration avec Echiquier ARTY, de La Financière de l’Echiquier, qui séduit les investisseurs depuis près de 10 ans grâce à des performances en ligne avec sa promesse, quelle que soit la configuration des marchés. Plongée dans un fonds de conviction en compagnie de son gérant, Olivier de Berranger.

Olivier de Berranger

La mobilité est le maître mot de votre gestion…
Aujourd’hui, les marchés s’ajustent quasi instantanément aux flux d’informations. Il est donc indispensable de s’adapter très rapidement à leur nouveau profil de risque et de faire preuve d’agilité, tout particulièrement au moment où une remontée des taux se profile. Il y a une véritable prime à la réactivité en termes de performances. Ceci explique l’important taux de rotation du portefeuille qui a atteint 35 % en 2016, aussi bien pour les actions que pour les produits de taux. Pour Echiquier ARTY, la mobilité est double : elle s’exerce à la fois entre classes d’actifs et au sein de chaque poche d’actifs. C’est après avoir déterminé les taux d’exposition respectifs aux actions et aux obligations que commence le travail de sélection. Notre gestion action opportuniste ne privilégie aucun style en particulier (value, croissance, rendement, mid caps…). Notre approche est identique pour la partie obligataire du fonds.

Le fonds cible-t-il une clientèle en particulier ?
Notre mobilité est très appréciée des conseillers en gestion de patrimoine comme des petits investisseurs institutionnels. En souscrivant des parts de notre fonds, ces derniers peuvent bénéficier d’une position adaptée au contexte de marché, sans avoir à passer par un comité d’investissement.

Quels facteurs peuvent vous amener à faire évoluer votre allocation entre les différents types d’actifs ou au sein d’une classe d’actifs ?

La réactivité étant gage de performance, notre gestion discrétionnaire nous laisse une grande latitude pour faire évoluer à tout moment les positions du fonds. Plusieurs critères guident notre mobilité. La valorisation absolue des actifs, tout d’abord : pour chaque action introduite en portefeuille, nous déterminons un cours d’achat et un cours de vente. Nous appliquons le même principe aux obligations, pour lesquelles nous fixons des niveaux de spreads relatifs pour déclencher l’achat ou la vente. Nous étudions ensuite la valorisation relative des actions par rapport aux obligations, ainsi que les perspectives de rendement, ce qui nous permet de décider s’il vaut mieux être actionnaire ou prêteur. Enfin, le troisième critère que nous prenons évidemment en compte est d’ordre macroéconomique.

Par quels ajustements dans la composition du portefeuille cette mobilité se traduit-elle ?
Nous avons récemment réduit la voilure de notre exposition aux actions, dont le poids est passé de 35 % à 25 %. Nous avons engrangé des gains générés par la hausse des marchés et adopté un profil plus défensif en raison des incertitudes liées à l’élection présidentielle française. Depuis près de six mois, nous privilégions les sociétés décotées tournées vers la croissance européenne, qui accélère.
Sur la partie obligataire, nous avons réduit depuis cinq ans les emprunts d’Etat, préférant trouver du risque crédit en nous exposant aux obligations d’entreprises, y compris high yield. Ce segment, dont la part est limitée à 35 % maximum du fonds, en représente actuellement 26 %. Etant donné qu’il nous semble trop risqué d’intervenir à la fois sur le high yield et sur la duration et que nous voulons nous protéger d’une remontée des taux longs, nous préférons acheter le spread plutôt que la duration. Nous avons réduit cette dernière, qui est actuellement inférieure à deux ans, ce qui est très court.

Cette mobilité est-elle un gage de performance ?
Sans être un gage absolu, elle a tenu ses promesses depuis la création du fonds, juste avant la crise de 2008 : la performance annualisée est de 5,3 %, avec une volatilité sur trois ans glissants de 6,6 %.
En 2017, pour tenir nos objectifs en termes de performance et de volatilité contenue, la mobilité restera notre atout essentiel pour capturer cette performance, dont les moteurs vont changer. Il va falloir moduler le poids des actions au fil des mois au gré des événements. Le stock picking, ADN de La Financière de l’Echiquier, sera une nouvelle fois déterminant. Le moteur obligataire sera quant à lui faible, sans être toutefois inexistant. La poche obligataire devrait permettre de contenir la volatilité en dessous de 6 %. Nous attachons une grande importance à cet indicateur, tout comme au maximum drawdown, d’autant que les investisseurs sont de plus en plus averses à la volatilité, la peur de perdre restant plus forte que l’envie de gagner.