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Grand débat Low Carbon

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Option Finance - 19 Juin 2020 - Sandra Sebag

ESG, Finance verte

DNB Asset Management opte pour la méthodologie des «émissions évitées» pour mesurer l’impact des fonds

Depuis 30 ans, DNB Asset Management (AM) s’attaque au défi du changement climatique, notamment à travers son fonds DNB Renewable Energy. Son approche consiste à investir dans des entreprises fournisseurs de solutions en faveur d’une économie décarbonée. L’efficacité énergétique et de nouvelles techniques réduisant les émissions industrielles de gaz à effet de serre font partie des domaines favorisés par le fonds. Pour quantifier et mesurer l’impact de tels investissements, l’industrie financière s’est longtemps fiée à l’empreinte carbone, qui se concentre généralement sur les émissions des scopes 1 et 2. Toutefois, en raison de la nature complexe de l’estimation des émissions scope 3, l’analyse reste incomplète. C’est pourquoi DNB AM a décidé de lancer le projet de calcul des «émissions évitées» qui consiste à démontrer la quantité d’émissions évitées pour chaque million d’euros investi. Il s’agit des émissions qui auraient été libérées si une action ou une intervention particulière n’avait pas eu lieu et qui peuvent apparaître tout au long de la chaîne de valeur. Le fonds DNB Renewable Energy est un fonds actions monde dont l’objectif principal est de générer une croissance du capital à long terme en investissant dans les énergies renouvelables et la technologie verte. Le fonds s’appuie sur une approche de «positive screening» et une analyse financière rigoureuse pour dénicher les gagnants de ces secteurs. 

Carbone 4 va lancer une nouvelle méthodologie dédiée aux infrastructures et à l’immobilier

Carbone 4 est un groupe composé de deux entités. La première est un cabinet de conseil qui accompagne les entreprises de tous les secteurs et les entités publiques dans la prise en compte du changement climatique, à la fois pour dessiner le chemin de la neutralité carbone, et pour identifier les risques et opportunités liées au changement climatique à travers des analyses par scénarios. La seconde, Carbon4 Finance, fournit des données sur le climat pour le secteur financier, permettant de mesurer l’empreinte carbone, la contribution à la transition énergétique et climatique, le risque de transition et le risque physique des portefeuilles. Carbone 4 s’apprête à lancer au début de l’été la méthodologie 2infrachallenge, qui permet de mesurer l’alignement avec une trajectoire climatique et les risques climat pour les portefeuilles d’infrastructure et immobilier. Cette méthodologie est le fruit de deux ans de travaux et est sponsorisée par l’AFD, la Banque Postale AM, Meridiam, Climate KIC et Generali GI. 

HSBC propose une offre innovante, diversifiée et ambitieuse au service du changement climatique

En tant que signataire des Principes pour un investissement responsable (PRI), la banque s’est engagée, dès 2006, à intégrer l’ESG dans ses décisions d’investissement. Il apparaît de plus en plus que les entreprises les mieux préparées au changement climatique, celles qui engagent une démarche transformationnelle crédible et perçue comme telle par le marché, seront sans aucun doute les plus à même de se valoriser. Cela s’est traduit, chez HSBC, par le développement de solutions thématiques au sein desquelles le critère environnemental prédomine. Fin 2017, la société de gestion HSBC Global Asset Management (GAM) a lancé une solution d’investissement bas carbone qui se décline sur les obligations et les actions internationales. Depuis fin 2018, le fonds HSBC RIF – Europe Equity Green Transition investit dans des entreprises qui favorisent la transformation du modèle énergétique et écologique à long terme. De même, en collaboration avec l’IFC, membre du World Bank Group, HSBC GAM a annoncé le lancement de REGIO, un fonds d’obligations vertes émises par les entreprises non financières des pays émergents, qui a levé 474 millions de dollars pour soutenir des investissements respectueux du climat dans les pays en développement. Enfin, début juin 2020, HSBC GAM a lancé une gamme complète d’ETF visant une triple optimisation : maximisation de la note ESG, réduction de l’intensité carbone et réduction de l’utilisation des réserves de carburants fossiles. 

Près d’un quart des encours Russell Investments dédiés à l’ESG

Russell Investments est un gérant d’actifs d’envergure internationale qui gère plus de 274 milliards d’euros d’encours dans le monde. Russell Investments conçoit, construit et gère des solutions en architecture ouverte pour permettre aux investisseurs d’atteindre leurs objectifs financiers. Présent en France depuis 1994, Russell Investments France dispose du statut de société de gestion française depuis 2012. Russell Investments reconnaît l’importance, depuis de nombreuses années, d’une bonne connaissance des facteurs ESG et de leur intégration dans un processus de gestion rigoureux et systématique. Pour cette raison, la société est signataire de la charte PRI en 2009. En 2019, elle a obtenu la notation A+ sur les 11 catégories qui composent le rapport annuel PRI sous l’égide des Nations Unies. Cela a été possible grâce à l’intégration des critères ESG au processus d’investissement, et notamment dans le processus d’évaluation des gérants, sélectionnés en fonction de leur capacité à créer de la valeur. La société est également signataire du programme de changement climatique Carbon Disclosure Project (CDP) depuis 2010. Par ailleurs, elle a présenté une méthodologie d’empreinte carbone pour un portefeuille IIGCC, aux côtés de deux autres fournisseurs de données ESG. A fin 2019, Russell Investments gérait 55 milliards d’euros (soit près de 25 % de ses encours) en stratégies ESG, au travers de fonds ouverts, de fonds dédiés et de mandats de gestion personnalisés. l

Aviva Investors, un investisseur responsable filiale d’un groupe d’assurance engagé

Aviva Investors est la société de gestion d’actifs du groupe Aviva, l’un des plus importants assureurs mondiaux. Représentée dans 14 pays, Aviva Investors gère 408 milliards d’euros d’actifs à fin décembre 2019. Avec plus de 115 milliards d’euros d’actifs gérés à fin 2019, Aviva Investors France est le pôle d’expertise du groupe sur les classes d’actifs en euro. La société de gestion attache une importance particulière à son identité d’investisseur responsable, les critères ESG s’intégrant au cœur de la gestion. Deux fonds thématiques ont été lancés en 2019 : Aviva Croissance Durable ISR, un fonds multi-actif axé sur la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation des ressources de la planète et l’amélioration des conditions de vie des populations ; et Aviva Investors Climate Transition European Equity, un fonds actions européennes se focalisant sur le thème de la transition climatique. Aviva Investors France se place d’ailleurs parmi les premiers acteurs français en matière de gestion ISR, avec 14 fonds et 13,8 milliards d’euros d’actifs cumulés à fin février 2020 bénéficiant du Label ISR. l

Pour atteindre l’objectif zéro carbone d’ici 2050, la CDC donne une place centrale à la recherche méthodologique

En matière de gestion d’actifs financiers, la politique climat de la CDC consiste à viser l’alignement avec l’Accord de Paris. Concrètement, le groupe s’interdit les investissements dans le charbon thermique, et s’est fixé il y a déjà plusieurs années des objectifs ambitieux de réduction de l’empreinte carbone «scopes 1 et 2» des portefeuilles – avec lesquels il est en ligne. La CDC cherche à atteindre ceux-ci en priorité par le dialogue avec les entreprises : au-delà des mesures statiques d’émissions actuelles, les décisions d’investissement prises par les entreprises sont cruciales pour l’avenir. Avec son adhésion à la Net Zero Asset Owner Alliance, la cible de zéro gaz à effet de serre en 2050 devient la traduction concrète de l’objectif de limitation de réchauffement à 1,5 °C. Pour cela, la CDC a conscience du caractère incomplet des seules mesures scopes 1 et 2. Des progrès sur la prise en compte du «scope 3» sont ainsi nécessaires ; ils devraient être favorisés par la taxonomie européenne. Sur tous ces points, les méthodes sont émergentes et multiples : il faut investir, expérimenter et aussi inciter à la convergence de ces méthodes, et valoriser les efforts des sociétés de gestion en la matière. C’est exactement ce à quoi vise l’initiative «Objectif Climat» organisée avec les investisseurs institutionnels, qui consiste à faire gérer trois fonds d’actions et d’obligations à des sociétés de gestion sélectionnées pour l’excellence et l’innovation de la méthode de prise en compte du réchauffement climatique. Les questions méthodologiques peuvent paraître abstraites, mais en réalité elles forment les bases du dialogue entre les gérants et les entreprises.