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Le Grand débat Dettes émergentes

L'actualité des participants

Option Finance - 24 juin 2019 - Sandra Sebag

La Caisse des Dépôts investit sur les marchés émergents près de 2 % de ses 154 milliards d’actifs financiers

Pascal Coret, adjoint au directeur du pôle de gestion des portefeuilles au sein de la direction des gestions d’actifs de la Caisse des Dépôts
Caisse des Dépôts

Pascal Coret, 54 ans est diplômé de l’ESCP. Après un début de carrière en banque d’investissement, puis à la direction financière du groupe Louis Dreyfus, Pascal Coret rejoint la filiale allemande de la Caisse des Dépôts à Francfort comme primary dealer sur la dette de l’Etat fédéral. De retour à Paris, il intègre le service de recherche économique de CDC-Marchés avant de rejoindre la gestion taux du compte propre de la Caisse des Dépôts, pour en prendre la tête en 2005. En juillet 2017, il devient responsable de la gestion taux du département des placements financiers.

En cohérence avec le statut d’établissement public français de la Caisse des Dépôts, qui amène l’essentiel de l’allocation à se porter sur des risques et des émetteurs français et européens, les actifs émergents représentent une part restreinte (moins de 2 %) des 154 milliards d’euros d’actifs financiers sous gestion. Néanmoins, cette allocation émergente est considérée comme un vecteur de diversification des revenus valable, avec un couple (rendement, risque) intéressant. Les actions émergentes sont détenues via des OPCVM, tandis que la dette émergente est essentiellement gérée en interne comme la grande majorité (95 %) des actifs sous gestion de la Caisse des Dépôts. La part des actifs obligataires est prépondérante (86 % en obligations, 14 % en actions émergentes), elle est soit à taux fixe en devise dure, soit swapée à taux variable en euro, enfin, ces actifs portent quasi exclusivement sur des risques souverains. Le niveau de risque toléré dans les portefeuilles obligataires exclut une part significative de l’univers de la dette émergente. L’allocation se fait donc, en interne, sur un nombre limité de pays à partir d’analyses macroéconomiques intégrant un score ESG souverain développé par les équipes de gestion.

Edmond de Rothschild AM : un nouveau fonds qui vient compléter l’offre d’actifs émergents

Jean-Jacques Durand, responsable dette emergente total return, Edmond de Rothschild AM
Edmond de Rothschild AM

Jean-Jacques Durand rejoint le groupe Edmond de Rothschild en septembre 2011 en tant que gérant de portefeuille senior spécialisé sur la dette émergente et les devises et occupe actuellement le poste de responsable dette émergente total return. Il débute sa carrière en tant que trader au sein de Cargill France en 1996. En 1997, il rejoint Salomon Brothers à Londres comme trader sur la dette émergente et les dérivés de crédit jusqu’en 2001. Après un an chez ING Barings en tant que directeur du trading de dérivés sur Europe de l’Est et la Turquie, il intègre Crédit Agricole Indosuez comme chargé du développement de la nouvelle plateforme marchés émergents pour la banque de 2002 à 2005. De 2005 à 2007, il occupe le poste de responsable global produits structurés avec un focus marchés émergents et matières premières chez Standard Bank Plc. Avant de rejoindre le groupe Edmond de Rothschild en 2011, Jean-Jacques crée sa propre société d’investissement Macro Commodities, Gecko Capital Partners Ltd. Il est diplômé de l’ESCP (Ecole supérieure de commerce de Paris).

Edmond de Rothschild Asset Management a développé depuis près de 20 ans une expertise sur le segment des marchés émergents. Elle représente aujourd’hui près de 2 milliards d’euros d’encours cumulés, avec une gamme complète couvrant un large éventail de segments de marché. La gamme de dette émergente se décline en plusieurs fonds. EdR Fund Emerging Bonds (382 millions d’euros à fin avril) est le fonds le plus ancien. Il s’agit d’un fonds de conviction qui a la possibilité de se démarquer fortement de son indice de référence, tout en utilisant pleinement le spectre de notation de l’investment grade au high yield, en recherchant notamment les titres à fort potentiel. Le groupe gère également un fonds spécialisé sur la dette d’entreprises des marchés émergents, EdR Fund Emerging Credit. Il compte aujourd’hui environ 500 millions d’euros d’actifs sous gestion. La gamme a par ailleurs été complétée fin 2018 par le lancement de EdR Fund Emerging Sovereign, dont l’objectif est de conserver une philosophie d’investissement similaire à celle de EdR Fund Emerging Bonds, mais avec un profil moins offensif. L’exclusion des obligations notées CCC limite par exemple les risques et aide à mieux mitiger les chocs spécifiques en période de crise, tout en conservant un univers d’investissement suffisamment vaste. L’encours de ce nouveau fonds avoisine aujourd’hui les 160 millions d’euros.

ERAFP - Le premier fonds de pension public français 100% ISR se diversifie sur la dette émergente

Bertrand Billé, responsable obligations crédit,
ERAFP
ERAFP

Bertrand Billé a rejoint l’ERAFP en 2013 en tant que responsable crédit avec en charge la gestion des obligations privées et plus particulièrement la diversification de la poche obligataire vers de nouvelles zones géographiques ou segments de marchés (émergents, high yield…). Auparavant gérant obligataire au Crédit Foncier de France et OBC Gestion, Bertrand Billé est diplômé d’un DESS Marchés financiers de l’Université Paris-Dauphine.

Avec plus de 32 milliards d’actifs financiers investis dans leur intégralité suivant une démarche 100 % socialement responsable, l’ERAFP se place au premier rang européen des investisseurs institutionnels ISR. Dès la création du régime en 2005, le conseil d’administration a fait le choix d’optimiser la performance de son portefeuille d’actifs financiers dans le respect des principes ISR. Signataire des principes d’investissement responsable de l’ONU, l’ERAFP a adopté, en mars 2006, une charte ISR, reposant sur les cinq valeurs suivantes : Etat de droit et droits de l’homme ; progrès social ; démocratie sociale ; environnement ; bonne gouvernance et transparence. L’ERAFP est également l’un des plus importants fonds de pension publics au monde en termes d’affiliés avec près de 4,5 millions de bénéficiaires, 42 000 employeurs et près de 2 milliards d’euros à investir chaque année. Depuis ses premiers investissements dans des OAT en 2005, l’ERAFP a sans cesse poursuivi un processus de diversification de son allocation d’actifs. Les premiers investissements hors Europe ont été réalisés dès 2009 à travers un mandat actions internationales-marchés développés et c’est logiquement, pour un investisseur de long terme bénéficiant de flux positifs d’investissement dans un environnement de taux bas, que les perspectives de diversification offertes par les pays émergents ont suscité l’intérêt de l’établissement. Les actifs émergents représentent actuellement près de 1 % de son portefeuille.

Une approche intégrée de la dette émergente chez BNP Paribas AM

Jean-Charles Sambor, responsable adjoint de l’équipe obligations émergentes, BNP Paribas AM
BNP Paribas AM

Depuis son arrivée au sein de BNPP AM en 2016, Jean-Charles Sambor est cogérant des fonds et mandats de dette émergente. Il participe également au développement du processus d’investissement et de la promotion des fonds et mandats. Il était précédemment directeur régional Asie-Pacifique et CEO de l’Institute of International Finance (IIF) APAC Ltd à Singapour. Auparavant, il était senior vice-président chez TCW et responsable de la dette émergente chez Everest Capital. Il bénéficie de plus de 17 ans d’expérience sur les marchés émergents. Il est ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de philosophie, et titulaire d’un master en sciences économiques internationales de l’Université Pierre-Mendès-France ainsi que d’un master de philosophie de la Sorbonne.

BNP Paribas Asset Management a la conviction que la dette émergente est une classe d’actifs qui offre de nombreuses opportunités pour les investisseurs et a ainsi développé son expertise depuis plusieurs années avec une équipe dette émergente internationale constituée d’une vingtaine de spécialistes de 11 nationalités différentes, originaires pour la plupart des pays émergents. Cette équipe gère à fin avril 2019, 4,6 milliards de dollars d’actifs et a la particularité de ne pas être organisée géographiquement, mais d’être spécialisée par classe d’actifs (dette privée, obligations souveraines locales et en devise forte, devises) lui permettant d’appréhender la dette émergente de façon globale. Par ailleurs, elle bénéficie aussi de l’expertise des équipes de gestion locales dans les principaux pays émergents (Argentine, Brésil, Chili, Mexique, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Turquie), qui lui permettent d’avoir une meilleure connaissance des flux des investisseurs locaux. Au-delà de ces éléments, l’équipe dette émergente de BNPP AM intègre également les critères ESG (environnemental, social et gouvernance) à ses portefeuilles. Il ne s’agit pas de respecter une liste d’exclusion sur la base d’une évaluation quantitative et donc statique, mais de mettre en place une évaluation prospective. Le but est d’accompagner le développement et d’influencer les comportements des acteurs économiques publics et privés.

Eurizon Capital, une présence importante dans les marchés émergents au travers de plusieurs filiales de gestion

Yasmine Ravai, gérante senior obligataire globale et dette émergente, Eurizon SLJ Capital (Royaume-Uni)
Eurizon SLJ Capital

Yasmine Ravai collabore comme gérante senior chez Eurizon SLJ Capital depuis février 2017. Elle est spécialisée dans la dette émergente et le change. Elle possède 20 ans d’expérience dans la gestion globale, la dette émergente et le change ainsi que dans la gestion de fonds multiclasses d’actifs et multistratégies. Elle a occupé différents postes à responsabilité au sein de grandes sociétés de gestion internationales en France et au Royaume-Uni. Yasmine a étudié à l’Université Paris-Dauphine où elle a obtenu un master en finance de marché et gestion d’actifs.

La société de gestion Eurizon est intégrée à la division asset management du groupe Intesa Sanpaolo. Si Eurizon est un acteur de premier plan sur son marché domestique, la société a également une dimension très marquée à l’international : au niveau de la gestion avec des équipes basées à Milan, Luxembourg, Londres, et Hong-Kong ; au niveau commercial, avec outre les structures de gestion, une présence en Asie et en Europe, et notamment en France au travers de sa succursale. Les fonds de droit luxembourgeois sont ainsi enregistrés dans 25 pays. Cette approche globale est complétée par une approche spécifique sur l’Europe de l’Est avec des sociétés de gestion dédiées aux marchés domestiques. Le groupe dispose de trois filiales dans ces pays : VUB AM en Slovaquie, CIB IFM en Hongrie et PBZ Invest en Croatie. Eurizon est également présent en Chine avec la société Penghua Fund Management – détenue à 49 % par Eurizon et gérant 88 milliards d’euros à fin mars 2019. En totalité, Eurizon gère 397 milliards d’euros, en intégrant la participation en Chine, dont près de 6 milliards sur les stratégies ESG qui se déclinent sur 25 produits. Eurizon est un précurseur sur ces questions en Italie, avec entre autres le premier fonds green bonds lancé localement.