L'analyse d'Alexandre Duriez

Une analyse de Alexandre Duriez, Associé, co-responsable des investissements et de la recherche d’Ossiam

Gestion d’actifs: l’habit ne fait pas le moine

Funds Magazine - 5 Février 2020 - Alexandre Duriez

Les ETF Smart Beta doivent-ils se résoudre à être les victimes collatérales de la guerre des prix entre fournisseurs d’ETFs? La question renvoie à la conviction répandue parmi les investisseurs que les frais d’un ETF sont forcément faibles, alors que ceux des fonds actifs sont légitimement élevés. Une idée reçue qui appelle une clarification tant les frontières se sont brouillées depuis plusieurs années entre gestion active et gestion passive.

Dans l’imaginaire collectif, un fonds est considéré comme « actif » lorsqu’il est géré par une personne physique dont les arbitrages sont discrétionnaires. L’expertise du gérant doit permettre de générer des performances plus importantes justifiant des frais souvent conséquents. A contrario, la gestion passive se limiterait à répliquer un indice «benchmark» ou indice de référence, pour un coût logiquement beaucoup moins élevé. L’ETF est considéré comme le véhicule de la gestion passive par excellence. Or, les choses ne sont pas si simples. Pour commencer, investisseurs et autorités de tutelle sont de plus en plus sensibles aux «closet index funds», ces fonds qui se disent actifs mais qui se contentent de répliquer un indice de référence. Mais, surtout, on dénombre désormais une large palette de situations intermédiaires. Aujourd’hui, tout gérant actif s’appuie en effet dans sa prise de décision sur des modèles intégrant une grande variété d’indicateurs. La décision découle alors en bonne partie d’une méthodologie systématique, même si un volant discrétionnaire subsiste. Parallèlement, les fournisseurs d’indices ont développé des indices dit«quantitatifs», «dynamiques» ou «smart beta» en s’appuyant sur les avancées de la modélisation mathématique. Les ETF smart beta, qui suivent ces indices, deviennent alors pour l’investisseur des véhicules de gestion «active» au sens où ils cherchent la surperformance par rapport au «portefeuille moyen» ou «beta» de leur univers de référence.

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