L'analyse de Bernard Aybran

Inversion de la courbe des siècles

Option Finance - 8 avril 2019 - Bernard Aybran, Invesco

Le XXIe siècle est vraiment différent du XXe. Dans de nombreux domaines, à commencer par les marchés. Si, par le passé, les investisseurs tendaient à rechercher les obligations pour leur rendement et les actions pour les gains en capitaux, il semble que la situation soit aujourd’hui inversée. Pour la quasi-totalité des marchés occidentaux, les actions offrent des rendements sensiblement supérieurs aux obligations, à l’exception des Etats-Unis, où les deux classes d’actifs se trouvent à quasi-égalité. Alors que près de 20 % des obligations mondiales génèrent des rendements négatifs, la demande semble pourtant insatiable et les fonds obligataires ou monétaires ont connu au premier trimestre des afflux de capitaux records.

Le rendement moyen des obligations mondiales (emprunts d’Etat et entreprises, hors haut rendement) atteint 1,8 %, et seulement 0,5 % en zone euro. Est-ce trop peu ? La réponse à cette question peut être trouvée via de nombreux raisonnements sur l’inflation anticipée, les mouvements de devises ou encore les primes de risque. Quoi qu’il en soit, le rendement actuel des obligations reste proche de la moyenne post-2008, qui se situe à 2,1 %, et il était descendu jusqu’à 1,1 % en 2016. Au final, la demande pour les obligations reste ferme et, les niveaux d’endettement continuant de monter partout dans le monde, l’offre est au rendez-vous. Une offre, une demande, un marché. XXe ou XXIe siècle, certaines choses ne changent pas.